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Emprisonnement de Hassan Diab: Amnistie internationale exhorte le Canada à agir

Hassan Diab... (Archives, La Presse Canadienne)

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Hassan Diab

Archives, La Presse Canadienne

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Paul Gaboury
Le Droit

Amnistie internationale estime que le maintien en détention en France depuis deux ans et demi d'Hassan Diab, un ex-professeur à l'Université d'Ottawa qui est toujours en attente d'un procès, constitue une « violation des droits selon les normes internationales ».

Alex Neve, secrétaire général d'Amnistie internationale Canada, soutient que le Canada ne peut pas rester indifférent lorsque les droits d'un citoyen canadien sont violés de façon aussi flagrante et sur une durée qui s'éternise.

« Deux ans et demi, c'est beaucoup trop long quand les droits de quiconque sont violés de façon aussi cavalière. Dans le cas d'un citoyen canadien, le gouvernement du Canada doit agir, et agir maintenant », estime M. Neve.

Le professeur Diab avait été extradé du Canada vers la France par le gouvernement Harper en novembre 2014, en lien avec un attentat à la bombe contre une synagogue survenu à Paris en 1980. À six reprises, les juges d'instruction français ont ordonné que M. Diab soit libéré sous caution puisque des « preuves concordantes » démontrent qu'il n'était pas en France au moment de l'attentat. Chaque fois, le procureur s'est tourné vers la Cour d'appel, qui a rejeté ces ordonnances de libération. Le professeur Diab reste donc toujours incarcéré en France en attente d'un procès. 

Don Bayne, l'avocat canadien d'Hassan Diab, rappelle que « des preuves abondantes démontrent qu'un homme innocent est arbitrairement maintenu en détention depuis trop longtemps ». 

« M. Diab s'est toujours déclaré complètement innocent. Les enquêteurs français reconnaissent désormais que les preuves confirment son innocence. En fait, il est devenu un prisonnier politique de la France traumatisée par le terrorisme et qui ne veut pas paraître laxiste », selon Me Bayne.

« Les violations des droits et libertés civiques de M. Diab nous inquiètent profondément. Aujourd'hui, nous prions instamment le gouvernement du Canada d'intervenir auprès des autorités françaises pour obtenir qu'il soit libéré sous caution. Le gouvernement du Canada a le devoir de protéger les droits de ses citoyens et de faire respecter les droits humains internationalement reconnus », a déclaré pour sa part Chantal Vallerand, au nom de l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université, qui compte 70 000 membres du personnel enseignant et administratif de 120 universités et collèges au Canada. 

En mai dernier, des sympathisants avaient manifesté et sonné à la porte du bureau du premier ministre Justin Trudeau, coin Elgin et Wellington, pour lui demander d'intervenir pour la libération de M. Diab.




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