Cannabis: un ex-officier émet des réserves

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Dave Blackburn consacre ses recherches à la santé mentale des militaires et anciens combattants.

Courtoisie

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Paul Gaboury
Le Droit

La légalisation du cannabis soulève déjà de nombreuses inquiétudes sur la santé mentale des 100 000 militaires canadiens. Après 18 ans, ils devraient eux aussi avoir le droit, comme les autres, de consommer du pot à des fins récréatives à compter de juillet 2018.

Le professeur du département de travail social de l'Université du Québec en Outaouais et ex-officier des Forces armées canadiennes, Dave Blackburn, consacre ses recherches à la santé mentale des militaires et anciens combattants. Avant de quitter volontairement l'armée en 2014, il était gestionnaire du programme de formation et d'éducation en santé mentale au quartier général des Forces armées canadiennes à Ottawa.

« Les militaires font des métiers hors normes, plus stressant que les autres. En Afghanistan, j'étais là. J'ai vu plein de jeunes de 20 ans qui avaient beaucoup de difficulté à s'adapter. Si on ajoute le cannabis, ma crainte est que ça devienne une béquille. À cet âge, le cerveau n'a pas fini de se développer. Il y a des impacts, des risques de psychoses et de schizophrénie. Et ça va s'ajouter aux problèmes de stress opérationnel, de choc post-traumatique, dont le taux de prévalence est déjà élevé dans l'armée. Il faut absolument mettre tout cela dans la balance », a indiqué en entrevue le professeur Blackburn.

Dans un long texte publié dans 45eNord.ca, une revue spécialisé sur les questions militaires, le professeur Blackburn fait état des nombreuses inquiétudes que ce projet de loi soulève sur la santé des militaires, et sur les ressources qui seront nécessaires pour faire face notamment aux cas de militaires qui deviendront dépendants, ou qui pourraient faire usage de drogues plus durs, mais aussi pour les familles qui dépendent des services de santé provinciaux.

Il rappelle que l'alcool prend beaucoup plus de temps que le cannabis à engendrer ses effets. Alors, est-ce qu'un militaire pourrait consommer un joint de cannabis lors du lunch du vendredi ? 

« Selon mon interprétation, la réponse est non, car il en ressentira les effets très rapidement et il aura les capacités affaiblies et conséquemment un impact sur son fonctionnement. Et que fera-t-on lors des déploiements ? » se demande-t-il.

« Il y a de nombreuses questions de fond que ce projet de loi soulève. Et j'estime que la Défense nationale doit amorcé dès maintenant sa réflexion et être "pro-active" pour étudier en profondeur les impacts de ce projet de loi. Il ne faut pas que le ministère attende un an pour réagir car les impacts sur les militaires et leur famille vont être trop importants », estime le professeur Blackburn.

Selon lui, la Défense nationale a les ressources et l'expertise pour amorcer dès maintenant cette réflexion. Pour l'avenir, il faudra nécessairement investir dans les services, les soins de santé et la sensibilisation pour faire face à cet enjeu important.




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