Guerre intestine et «stupidités»

Roger Fleury exhorte M. Carle à justifier certaines... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Roger Fleury exhorte M. Carle à justifier certaines interventions financières de la Confédération des peuples autochtones du Canada (CPAC), dont Guillaume Carle est le grand chef.

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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La hache de guerre est déterrée entre deux militants autochtones, autrefois alliés. Contestés par certains milieux politiques, Guillaume Carle et Roger Fleury étaient bras dessus, bras dessous en 2014, lors de l'occupation de l'ancien site ancestral amérindien de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau. Le temps où les deux hommes occupaient le terrain autour d'un feu sacré, dénonçant la Ville de Gatineau, semble révolu. Roger Fleury attaque aujourd'hui M. Carle devant la Cour supérieure, qui devra faire la part des choses, entre insultes et allégations financières.

Dans une requête déposée au palais de justice de Gatineau, Roger Fleury exhorte M. Carle à justifier certaines interventions financières de la Confédération des peuples autochtones du Canada (CPAC), dont Guillaume Carle est le grand chef.

Jusqu'à tout récemment, Roger Fleury se disait grand chef de la branche provinciale québécoise (CPAQ), chapeautée par la CPAC.

La CPAC dit représenter les autochtones du pays. Des bandes, dont le Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, ont déjà indiqué n'accorder aucune légitimité à ce groupe.

Conflit

Roger Fleury est devenu persona non grata au sein de l'organisation de M. Carle en janvier dernier, après avoir demandé une reddition de comptes. 

Sa demande en Cour supérieure veut forcer M. Carle et la CPAC à «rendre compte de la gestion des affaires financières de la CPAQ (branche québécoise) de la CPAC, pour la période allant du début de décembre 2015 jusqu'à la date de l'audition (de la requête).»

M. Carle s'y oppose, accusant à son tour son ancien allié de vouloir salir sa réputation.

Dans sa requête, M. Fleury se décrit grand chef de la communauté autochtone de Fort-Coulonge depuis «environ 2010», élu à la tête de la CPAQ en décembre 2015. M. Carle nie ces affirmations.

Le conflit tourne autour de la gestion des frais entre les chapitres national et provincial.

Toujours selon M. Fleury, Carle a, «de décembre 2015 (à ce jour), été le seul qui a perçu, utilisé, à sa seule guise, tous les fonds provenant des frais de membership (sic) sans en faire la distribution et sans en rendre compte à qui que ce soit».

«Depuis le 1er novembre 2016, ajoute M. Fleury, Guillaume Carle s'est livré, au nom de la CPAQ et de la CPAC (sous le couvert d'une compagnie appelée Corporation de Développement des Premiers Peuples du Kanada) à des ventes de parts aux membres investisseurs par la remise d'un certificat confirmant leur identité et le montant de leur investissement, le tout sans en rendre compte à qui que ce soit».

Le défendeur a qualifié les reproches de M. Fleury de «stupidités».

«Tous ces règlements ont été adoptés dans le but de ne pas commettre notre CPAC dans une position compromettante similaire à celle que nous étions avec l'Alliance autochtone du Québec en 2005», répond M. Carle, dans sa réponse à la requête judiciaire. Ce dernier rajoute par ailleurs que son nouvel adversaire mène une «campagne de salissage».

L'organisme aurait voté et accepté les comptes, même avec l'approbation de M. Fleury, en décembre 2016.

Durant une assemblée générale annuelle de la CPAC, des membres auraient lancé à M. Fleury: «Toé, on n'a pas besoin de toé. On est tanné d'entendre parler de tes artefacts», en référence au combat mené par M. Fleury pour conserver les artefacts découverts sur le chantier de la rue Jacques-Cartier, là où des artefacts autochtones ont été retrouvés à l'été 2014.

Radié, et identifié comme «personne indésirable», Roger Fleury ne peut plus se présenter à la CPAC.




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