Les Gatinois moins ouverts que les Ottaviens?

La géographe Luisa Veronis... (Martin Roy)

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La géographe Luisa Veronis

Martin Roy

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«Les Gatinois manifestent une moins grande ouverture aux immigrants que les anglophones d'Ottawa.»

Québec bashing, ou réalité?

Selon une recherche de terrain effectuée par des chercheurs de l'Université d'Ottawa, il y aurait un fond de vérité dans cette affirmation, du moins aux yeux des principaux concernés, les immigrants eux-mêmes.

La géographe Luisa Veronis en est arrivée à cette conclusion après avoir interviewé une centaine d'immigrants réunis en groupes de discussion. Les échanges ont souvent été passionnés pour débattre de la frontière sociale entre les deux rives.

Mme Veronis s'est principalement concentrée sur les «Latinos» et les Africains d'expression française, car ils sont répartis plus ou moins équitablement entre le Québec et l'Ontario dans la région de la capitale fédérale.

Dans les relations informelles, - au restaurant ou dans la rue - nombre d'immigrants ont noté que le Québécois francophone est plus chaleureux que l'Ontarien, mais moins «respectueux», notamment au volant.

«Ils ont trouvé que les anglophones sont plus réservés et plus distants, souligne Mme Veronis. Mais à plus long terme, il est plus facile d'établir une amitié profonde.»

Certains participants ont toutefois noté que le «respect» que témoignent les anglophones masque une forme d'«hypocrisie».

Étonnamment, pour les «Africains francophones», la langue est perçue comme le premier facteur de discrimination dans leur relation avec les Québécois. Selon l'étude, il ne serait pas suffisant de partager une langue commune, on attend de l'immigrant qu'il adopte la parlure québécoise, sinon, «on leur fait sentir qu'ils ont un accent», précise Mme Veronis. Les Francos-Ontariens qui habitent du côté québécois de la rivière ne sont pas exempts de jugements semblables.

«Les Francos-Ontariens ont dit avoir eu l'impression que les Gatinois ne comprenaient pas leur identité», dit Mme Veronis.

La chercheuse soutient que l'identité des Gatinois - et plus généralement des Québécois - minoritaires dans l'ensemble canadien, a tendance à se «durcir» pour se «protéger», d'où sa moins grande ouverture à l'Autre.

Une méthode fiable?

Mais quelle est la valeur des témoignages recueillis par les chercheurs? Peut-on espérer tracer des conclusions fiables aux sujets des attitudes vis-à-vis les immigrants des groupes majoritaires à partir d'anecdotes de quelques dizaines de personnes?

Mme Veronis croit que oui.

«On posait des questions ouvertes et on laissait les gens parler. Il est vrai que certains propos ne sont pas généralisables. Néanmoins, si on prend tout ensemble - les Latinos, les Chinois et les Africains francophones - ce qui fait une soixantaine de personnes, ils arrivaient pas mal aux mêmes conclusions. Et depuis, j'ai mené d'autres recherches, et j'entends la même chose.»

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