Guy Turcotte libéré sous conditions

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Guy Turcotte

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L'ex-cardiologue Guy Turcotte, jugé non criminellement responsable du meurtre de ses enfants, Anne-Sophie et Olivier, est libéré sous conditions. C'est ce qu'a décidé le Comité d'examen des troubles mentaux après s'être de nouveau penché sur son cas aujourd'hui.

La responsable des communications de l'Institut Philippe Pinel, Sylvie Audet, n'était pas en mesure ce soir d'expliquer quelles seront les procédures qui mèneront à la sortie de M. Turcotte de l'établissement.

Selon le comité, M. Turcotte représente toujours un risque pour la société, mais un risque «acceptable» s'il poursuit sa psychothérapie et respecte ses conditions de libération. Il devra, entre autres, revenir devant la Commission d'examen des troubles mentaux à tous les ans, poursuivre sa psychothérapie, éviter tout contact avec son ex-conjointe et «garder la paix». La décision de la Commission a été prise à l'unanimité par les trois commissaires, au terme d'une journée d'audience.

Son psychiatre traitant à l'Institut Pinel, le Dr Pierre Rochette, a témoigné en ce sens alors que, l'an dernier, il s'était opposé à la libération de son patient. Il disait que Turcotte était fermé et ne participait pas à sa thérapie. Cela a changé, a-t-il expliqué, notamment parce que l'homme s'est luxé une cheville en mai dernier, ce qui l'a contraint à l'immobilité: «Monsieur s'est retrouvé avec un plâtre pendant six semaines. Il ne pouvait plus dissiper ses émotions par l'activité physique intensive. Il a cessé la fuite en avant et s'est ouvert.»

Cette ouverture est nouvelle et le processus thérapeutique, embryonnaire mais sincère, croit-il.

L'an dernier, le Dr Rochette estimait que le trouble de l'adaptation que Guy Turcotte avait invoqué pour sa défense ne suffisait pas à expliquer son passage à l'acte. L'équipe médicale cherchait le «chaînon manquant» pour comprendre ce qui avait poussé Turcotte à commettre l'irréparable.

Le psychiatre croit maintenant qu'on est en bonne voie de trouver ce chaînon, mais il n'est pas prêt à s'avancer sur sa nature.

Il a aussi mentionné que le fait que TVA ait révélé que Turcotte sortait à vélo chaque jour, en septembre, avait modifié son processus de sortie, car il craignait d'être invectivé, voire agressé, s'il sortait encore en public.

Mais dans son témoignage, Guy Turcotte a dit que ses craintes ne s'étaient pas matérialisées. «Je prends maintenant des bains de foule chaque semaine, souvent seul, et tout va bien», a-t-il dit au sujet des sorties sans escorte dont il bénéficiait depuis quelques mois. Il pouvait parfois sortir cinq jours sur sept.

Il a aussi eu l'occasion de fréquenter les enfants de ses proches. «Quand j'ai eu mon premier contact avec un bébé, ç'a été positif. Mais, après réflexion, ça me faisait revivre des choses. (...) Mais où je suis rendu dans mon deuil, ce n'est plus aussi difficile ou pénible qu'avant de repenser à ça», a-t-il expliqué.

Il jure qu'il n'éprouve plus de colère envers la mère de ses enfants, Isabelle Gaston.

Il prévoit faire du travail de bureau et du bénévolat s'il est libéré. Le Dr Rochette a toutefois indiqué que certains organismes avaient refusé M. Turcotte comme bénévole à cause de son nom.

Isabelle Gaston réagit

Pour sa part, Isabelle Gaston estime que la mort de ses enfants n'est pas considérée dans la décision qui a été prise aujourd'hui. ?

«Personne n'est imputable ou responsable de la mort de mes enfants. J'ai l'impression qu'on fait abstraction qu'Anne-Sophie et Olivier ne sont plus là», a dit Mme Gaston. ?

Selon elle, les commissaires n'avaient pas le choix de libérer Guy Turcotte sous condition, avec les nouveaux témoignages qui ont signalé ses progrès dans sa thérapie. ?

Toutefois, Mme Gaston ne reconnaît toujours pas le jugement qui a été porté sur son ex-mari. ?

«Pour moi, c'est un criminel qui a été remis en liberté», a-t-elle déclaré. ?

Rappelons que la Couronne a interjeté appel du verdict de non-responsabilité criminelle.?

Pour sa part, Isabelle Gaston estime toujours que le processus devant le Comité fait abstraction de la gravité des gestes de son ex-mari. Certes, il n'est pas malade, il ne prend aucun médicament sauf pour freiner la perte des cheveux. «Mais il a tué ses enfants», martèle Mme Gaston.

Elle ne croit toujours pas que Turcotte souffrait d'un trouble mental au moment du crime.

«Apprendre qu'il chemine, qu'il progresse, c'est une bonne nouvelle pour moi, pour la société. Mais je ne crois pas qu'il représentera un jour un risque nul», estime-t-elle.

Elle est persuadée qu'il sera libéré et n'a plus envie de dépenser inutilement son énergie à se battre contre cela.

Rappelons que la Couronne a interjeté appel du verdict de non-responsabilité criminelle.

- Avec La Presse Canadienne

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