J'aime bien quand il s'arrête dans la salle de rédaction pour nous parler de sa famille, de ses mouches à pêche et de son bout de terre à Sainte-Agathe.
Cette semaine, il avait une question bien précise à adresser à notre collègue Janick, photographe-et-vendeux-de-sapin-une-fois-l'hiver-venu.
Il se demandait comment faire d'un sapin un vrai sapin: c'est-à-dire fourni. Qui respire la santé. The sapin de Noël!
C'est que notre président éditeur, en plus de présider et d'éditer, est un véritable homme des bois.
Le secret, lui a expliqué Janick, se trouve dans les petits soins que les producteurs portent à leur sapinière à l'année longue (taille régulière, engrais bio, amour inconditionnel).
C'est là que le grand patron nous a raconté son aventure du week-end précédent: la quête de son sapin de Noël.
Chaque année Louise, qu'il nomme affectueusement sa blonde, et lui, chaussés de leurs raquettes, se rendent dans leur forêt à la recherche du conifère chanceux qui participera, en leur compagnie, aux festivités du temps des Fêtes.
Quand d'un arbre résineux émane le potentiel pour recevoir lumières et guirlandes, ils y apposent un ruban.
Les bouts de tissus se multiplient normalement au fur et à mesure qu'ils arpentent la forêt.
Au moment de choisir, curieusement, ils ont suivi le sentier qui les ramenait à l'orée du bois pour finalement revenir à la maison avec le premier conifère décorable qu'ils avaient croisé.
Pour Louise, ça avait été le coup de foudre. Malgré tout, elle avait décidé de donner une chance aux autres arbres de la famille aux feuilles persistantes. «C'est comme si elle venait de sauver le p'tit chien chétif à la SPA!», nous a lancé l'éditeur en riant.
Je comprends sa blonde. On aime ça nous autres les filles des sapins de Noël avec un petit quelque chose de champêtre. Une petite branche de travers ici. Une petite tête croche. Ça a son côté rustique, campagnard, voire bucolique.
Imaginez si c'est notre chum qui le bûche pour nous.
C'est ça la magie de Noël!
Expérimenté en matière de sapins, Janick avait vu venir la fin du récit du big boss à 100 milles à l'heure.
Le premier choix est toujours le meilleur, qu'il dit.
Convaincu de son affaire, il n'a même pas rougi en racontant ce qu'il fait souvent aux gens qui passent par le kiosque familial du marché Atwater pour acheter leur sapin de Noël.
Il montre un premier sapin. Si le client hésite, il l'amène sillonner les conifères entassés ici et là, lui montrant au passage divers modèles.
Après quelques minutes à les étourdir dans la sapinière improvisée, il lance, avec son ton le plus convaincant: «Suivez-moi, je sais ce qu'il vous faut!»
Et, mine de rien, il ramène le client devant le tout premier sapin en le lui présentant comme si c'était la septième merveille du monde. Chaque fois, la vente se finalise au pied de cet arbre.
L'art de se faire passer un sapin de belle façon, c'est drette ça.
Joyeux Noël à tous chers lecteurs!