Therrien: 58 matchs de trop

Michel Therrien demeure, malgré tout, un des meilleurs... (Bernard Brault, archives La Presse)

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Michel Therrien demeure, malgré tout, un des meilleurs entraîneurs de l'industrie.

Bernard Brault, archives La Presse

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(Granby) CHRONIQUE / En début de semaine, j'écrivais que Michel Therrien vivait sur du temps emprunté derrière le banc du Canadien. Mais j'ai oublié de préciser depuis quand il vivait sur du temps emprunté.

Therrien a dirigé le Canadien pendant 58 matchs de trop. Cinquante-huit, c'est le nombre disputé par le Canadien cette saison.

Therrien en était à sa cinquième saison derrière le banc de l'équipe qui jouit du plus d'attention auprès des partisans et des médias à travers la Ligue nationale, l'endroit le plus difficile où travailler pour un entraîneur parmi les 30 villes du circuit. Autrement dit, il a survécu un sapré bon bout et il peut en être fier. Mais voilà, il avait fait son temps. Parce qu'il ne semblait plus avoir de solution pour sortir son club du trou et parce qu'il ne parvenait plus à soutirer le maximum de plusieurs de ses joueurs.

Marc Bergevin aurait dû agir à la fin de la dernière saison, soit à la suite de cette spectaculaire débandade dont on se souviendra longtemps. Mais parce que le Canadien avait dû faire sans Carey Price, il a donné une chance à Therrien, avec lequel il avait aussi un lien très fort. Il a eu tort, mais la majorité aurait pris la même décision.

Le Canadien a encore connu un fort début de saison. Et ceux qui osaient mettre un bémol en rappelant ce qui était arrivé un an plus tôt se faisaient inévitablement répondre : « C'est pas la même équipe ! Price est là et Bergevin a ajouté Weber et Radulov ! C'est pas la même équipe pantoute ! »

Et pourtant, les amis. Et pourtant...

Depuis la mi-novembre, le Canadien joue à peine pour une moyenne de ,500 et les dernières semaines ont été désastreuses. Perdre, c'est une chose, mais être déclassé par la pire équipe de la ligue (à Denver) et s'incliner de la façon dont le club s'est incliné à Boston, c'en est une autre.

Je le répète, la performance offerte à Boston, dans le contexte actuel, justifiait en soi le congédiement de l'entraîneur.

Et tout d'un coup, la participation du Canadien aux séries n'est même plus garantie. Et les Glorieux ne peuvent d'aucune façon se permettre de rater le tournoi printanier une deuxième saison de suite.

Je ne suis toutefois pas d'accord avec ceux qui prétendent que les joueurs ne voulaient plus jouer pour Therrien et qu'ils n'y mettaient plus d'efforts. Avec l'argent qu'ils gagnent, les athlètes peuvent-ils vraiment tricher de façon aussi honteuse ? Je suis peut-être naïf, remarquez bien...

Claude Julien ? Aucun doute, Marc Bergevin a embauché le meilleur homme disponible. On connaît ses qualités. Mais il a de l'ouvrage : redonner une structure à cette équipe devenue toute croche et ramener plusieurs de ses joueurs (dont Carey Price, le supposé meilleur gardien au monde) dans le droit chemin.

« Je vais rebondir »

Michel Therrien n'a pas encore commenté son congédiement. À des amis, il a toutefois conseillé de ne pas trop s'en faire. « Je vais rebondir », a-t-il dit.

Je n'en doute pas. Qu'importe qu'il n'ait pas mené le Canadien à la terre promise, il demeure un bon entraîneur, un des meilleurs de l'industrie. Et il se trouvera un autre job.

J'ai côtoyé Therrien pendant deux ans alors qu'il dirigeait les Prédateurs de Granby. Et je le connais juste assez pour savoir qu'il doit prendre durement ce qui lui arrive. Mais le bonhomme est un bagarreur. Et après quelques jours difficiles, il va relever la tête. Il demeure un coach de carrière et il n'en a certes pas fini avec son sport à 53 ans.

Je lui souhaite juste que, la prochaine fois, il ne dirige pas 58 matchs de trop.




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