Auger-Aliassime: restons calmes!

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Tout le Québec était fier, dimanche, à la suite du triomphe de Félix Auger-Aliassime au tournoi junior des Internationaux de tennis des États-Unis. Mais disons-le, les Granbyens étaient peut-être un peu plus fiers que les autres puisque c'est ici, en juillet 2015, que l'adolescent s'est mis au monde tennistiquement parlant.

Félix Auger-Aliassime semble véritablement avoir tout pour réussir.... (Sarah-Jäde Champagne) - image 1.0

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Félix Auger-Aliassime semble véritablement avoir tout pour réussir. Comme un diamant brut, il doit toutefois être protégé.

Sarah-Jäde Champagne

Lors de la 20e édition du tournoi de Granby, Auger-Aliassime, alors âgé de 14 ans, était devenu le plus jeune joueur de l'histoire à atteindre les quarts de finale d'un tournoi de type Challenger. Ses performances, on s'en souviendra, avaient fait jaser la planète au grand complet. Depuis - et même s'il a perdu au premier tour chez nous cette année -, les gens d'ici suivent son cheminement de près et le considèrent un peu comme un p'tit gars du coin.

Le talent d'Auger-Aliassime est indéniable, on l'a encore vu à New York. Et j'aime quand j'entends dire que sa carrière junior achève. Car même à 16 ans, il n'a plus rien à apprendre à affronter et à battre des jeunes de sa tranche d'âge: il est mûr pour le circuit professionnel à temps plein, en parallèle avec ses études. Il en va carrément de sa progression.

Oui, on entend de bien belles choses au sujet de Félix présentement. Son entraîneur Guillaume Marx a même confié au confrère Mathias Brunet, de La Presse, qu'il a ce qu'il faut pour développer un jeu complet, un mélange d'Andre Agassi et de Jo-Wilfried Tsonga. C'est pas rien!

En 21 ans à couvrir le Challenger, j'ai vu plusieurs beaux espoirs du tennis passer par Granby. Certains ont fait honneur aux espoirs placés en eux. Comme Andy Murray, Milos Raonic, Vasek Pospisil, Kevin Anderson et Eugenie Bouchard qui, malgré ses contre-performances des deux dernières années, a déjà été classée cinquième au monde. Mais plusieurs autres ont raté leur coup.

Philip Bester a connu une belle carrière junior et on s'attendait à beaucoup de sa part; il n'a jamais monté plus haut que le 225e rang mondial. Filip Peliwo a été rien de moins que le meilleur junior au monde et il n'a ensuite jamais fait mieux que le 223e rang. Ce ne sont que deux exemples.

La ligne est extrêmement mince au tennis entre se hisser parmi les meilleurs et rater son coup. Il y a les qualités athlétiques, les qualités tennistiques, la force mentale du joueur, la discipline qu'il met dans son entraînement, son encadrement et quoi encore. Pourquoi est-ce que certains réussissent et d'autres, non? Tous les éléments ci-haut mentionnés entrent en ligne de compte. Et ce n'est pas parce que ça va bien aujourd'hui que ça ira encore bien demain. Tout ça est très fragile.

Félix Auger-Aliassime semble avoir tout pour réussir. Mais restons tout de même calmes devant ses succès, même s'ils sont impressionnants. Réjouissons-nous, espérons qu'il continuera à progresser de belle façon et restons calmes.

Un diamant brut

Félix Auger-Aliassime est un diamant brut. Et que doit-on faire avec un diamant brut? Il faut le protéger. En ce sens, les gens autour de lui font du bon travail.

En juillet dernier, alors que je préparais le cahier spécial sur le Challenger que La Voix de l'Est publie chaque année depuis 2011, j'ai fait une demande d'entrevue aux responsables des communications de Tennis Canada afin de parler au grand garçon originaire de Québec.

On a refusé poliment ma requête, prétextant que ses parents ne voulaient pas trop l'exposer, question qu'il garde les deux pieds sur terre. «Vous pourrez lui parler après ses matchs», m'a-t-on dit.

Sur le coup, honnêtement, j'étais un peu frustré, d'autant plus que je voulais qu'on fasse la page une du cahier avec Félix. Mais ensuite, j'ai compris.

À 16 ans, Auger-Aliassime n'est encore qu'un ado. Un ado spécial, avec une vie spéciale, mais un ado. Il fallait le voir s'amuser avec ses trucs électroniques entre deux entraînements au Challenger cet été pour bien comprendre.

Il se conduit comme un homme sur le terrain, mais c'est encore un kid dans la vie de tous les jours. Et ça doit continuer ainsi. Vieillir prématurément n'est pas toujours un gage de succès chez les athlètes.

Alors, si de s'amuser avec ses bidules au lieu de parler au journaliste de La Voix de l'Est lui permet de conserver un équilibre nécessaire à son développement, y a pas de problème!

On va continuer à le suivre de près, Félix Auger-Aliassime. Et rassurez-vous, il jouera encore à Granby l'été prochain.

Le danger qui guette les Inouk

Comme Félix Auger-Aliassime, les Inouk semblent avoir tout ce qu'il faut pour aller loin cette saison. Peut-être trop sûrs d'eux, ils n'ont toutefois impressionné personne vendredi soir à l'occasion de leur premier match.

Le plus grand danger qui guette les Inouk est justement celui-là: un surplus de confiance. Les Granbyens ont du talent, ils ont énormément d'expérience, mais l'entraîneur Patrick Gosselin devra rappeler souvent à ses joueurs qu'ils ne gagneront pas grand-chose en se fiant uniquement à ces deux éléments.

Le vétéran Philip Sardinha avait prévenu ses coéquipiers dans La Voix de l'Est. En substance, il avait dit que le talent et l'expérience n'allaient pas suffire. Le message n'a pas été entendu lors du premier match.

Mais encore une fois, comme dans le cas d'Auger-Aliassime, restons calmes. On ne parle que d'un match et il en reste 48. En espérant toutefois que les joueurs des Inouk ont pris des notes.

Comme le spectacle laissait à désirer, ce n'est pas une mauvaise chose qu'il n'y ait eu que 510 spectateurs au centre sportif Léonard-Grondin pour le match d'ouverture. Il faisait beau, je le répète, mais ça reste peu pour une première rencontre.

Les Inouk devront encore faire avec la concurrence des Maroons cette saison. Le club senior de Waterloo a souvent rempli l'aréna Jacques-Chagnon l'hiver et le printemps derniers et il semble que l'intérêt est encore là. Faudra voir.

Strictement au chapitre des assistances, la perte de l'entraîneur David Lapierre va nuire aux Inouk. Lapierre était un gars de la place, tout le monde le connaissait et il avait une tonne d'amis en ville.

Beaucoup se rendaient au centre sportif Léonard-Grondin pour encourager «l'équipe à Dave».

Oui, la saison de hockey est bel et bien commencée. On en a pour un bon huit mois à vous parler de gouret et de tout ce qu'il y a autour.

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