Le départ des Prédateurs fait encore mal

À peine un an après la conquête de... (archives La Voix de l'Est)

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À peine un an après la conquête de la coupe Memorial, les Preds faisaient leurs boîtes et déménageaient au Cap-Breton.

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Avez-vous regardé le documentaire produit par les gens de RDS portant sur le triomphe des Prédateurs de Granby en 1996? Si oui, vous avez assurément été pris par l'émotion comme je l'ai été.

La conquête de la coupe Memorial par les Preds a sans aucun doute été le plus grand moment de l'histoire sportive de Granby. Le 19 mai 1996, Granby a fait la manchette de tout le pays, from coast to coast, parce que son équipe junior était devenue la première en 25 ans à ramener le précieux trophée au Québec. Les joueurs de Michel Therrien ont ensuite été invités partout, ils ont été honorés par le premier ministre, par le Canadien, par les Expos et le buzz a duré jusqu'au début de la saison suivante.

En fin de semaine, on m'a beaucoup parlé des Prédateurs à la suite de la série de textes que j'ai signée dans notre édition de samedi. Ça a rappelé de beaux souvenirs aux gens. Encore aujourd'hui, les Granbyens sont fiers des exploits de leur équipe.

Et 20 ans plus tard, je me pose la question plus que jamais: si les Prédateurs n'avaient pas gagné en 1996, est-ce que les Olympiques de Hull, l'Océanic de Rimouski, les Remparts de Québec et les Cataractes de Shawinigan auraient triomphé à leur tour par la suite? Car les Preds ont tracé le chemin, ils ont ouvert la voie et ils ont fait tomber une grosse barrière en réussissant ce qu'aucune équipe québécoise n'avait réussi en 25 ans.

Mais voilà, les Prédateurs ne sont plus là. C'est la triste réalité. Ils sont installés à Sydney, au Cap-Breton, depuis 1997. Car un an après leur triomphe, ils quittaient Granby.

Honnêtement, je suis incapable de me rappeler de la conquête des Prédateurs sans me souvenir aussi qu'ils ont sacré le camp un an après. J'en suis tout simplement incapable.

Les Inouk ont fini par prendre la place laissée vacante par les Prédateurs à Granby. Mais de nombreux amateurs n'ont jamais remis les pieds à l'aréna depuis le départ des Preds parce que les Inouk, même si c'est bon, ce n'est pas du junior majeur. Et avouons-le, l'intérêt suscité par le hockey junior AAA n'a jamais atteint le même niveau (sur une longue période, du moins) que celui suscité à l'époque par celui de la LHJMQ en ville. Ce qui est tout à fait normal quand on y pense.

Oui, les Prédateurs sont partis et les Granbyens en ont fait leur deuil. Mais à l'exception des Preds, avez-vous déjà vu une équipe déménager à peine un an après avoir remporté la coupe Stanley ou la coupe Memorial? Non. Car après avoir signé ce genre de triomphe, un club surfe généralement sur son succès pendant une couple d'années.

Les frères Morrissette étaient des génies pour bâtir une équipe de hockey. Mais ils l'étaient moins quand venait le temps de vendre leur produit aux amateurs. Le marketing, ce n'était pas leur force. En fait, c'était un mot qu'ils ne connaissaient pas. Pour eux, le seul marketing efficace, c'était celui de la victoire. Il y a 20 ans, ce n'était déjà plus vrai.

La saison suivant la conquête de la coupe Memorial, les foules n'étaient pas énormes à l'aréna. Et les Morrissette, qui avaient fait ce qu'ils avaient à faire en gagnant leur coupe, ont vendu l'équipe. Pas plus compliqué que ça.

Certes, ils vous diront encore aujourd'hui que personne à Granby ne s'est manifesté pour acheter les Prédateurs et les garder ici. C'est vrai. Mais s'ils avaient été Granbyens au lieu de Lavallois, s'ils avaient habité la région au lieu de faire la navette Laval-Granby tous les jours, n'auraient-ils pas été plus patients avant de vendre l'équipe à des gens des Maritimes?

Les Morrissette aimaient leur équipe, c'est clair. Mais ils n'étaient pas attachés à Granby, tout simplement parce que ce n'était pas chez eux. Et c'est pourquoi ils ont vendu le club sans avoir trop de cas de conscience.

Les Morrissette ont donné à Granby une coupe Memorial et on leur en sera toujours reconnaissant. Mais ce sont aussi eux qui ont fait perdre à Granby son équipe de la LHJMQ. Et pour ça, on leur en voudra toujours.

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