Les Braves sont morts

« On a fait les choses à notre goût,... (Catherine Trudeau, archives La Voix de l'Est)

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« On a fait les choses à notre goût, à notre façon, toujours en collégialité avec les joueurs », explique Jean-Charles Lajoie.

Catherine Trudeau, archives La Voix de l'Est

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(Farnham) Jean-Charles Lajoie a appelé chacun des joueurs de ses Braves de Farnham mercredi soir. Pas pour leur parler du camp d'entraînement. Plutôt pour leur dire que les Braves, c'est fini.

« La décision a été réfléchie et je l'assume pleinement, explique le propriétaire de l'équipe de hockey junior AA. Ceci dit, j'ai beaucoup de peine parce que ce fut une aventure extraordinaire. Et je me demande ce que je vais faire de mes week-ends à partir du mois de septembre... »

L'aventure de Lajoie dans le junior AA aura duré cinq ans. Cinq années mouvementées, il faut le dire. Car si son équipe a connu du succès, remportant le championnat provincial en 2014, il y a aussi eu deux déménagements (le National a fait un an à Bromont, le Nordik a fait deux ans à Cowansville et les Braves ont fait deux ans à Farnham) ainsi que quelques bonnes chicanes, parfois avec des adversaires sur la patinoire, parfois avec les autorités.

Après avoir avisé ses joueurs de sa décision, Lajoie a fait de même avec la Ligue junior AA Laurentides-Lanaudière, Hockey­ Laurentides-Lanaudière, Hockey­ Estrie ainsi que la Ville de Farnham­, avec laquelle les Braves avaient encore une entente de location d'un an pour l'aréna Madeleine-Auclair.

« Tout a été fait dans les règles de l'art », a souligné celui qui reprendra bientôt son micro à l'antenne du 91,9 Sports.

Les raisons

Mais voilà, pourquoi Jean-Charles Lajoie a-t-il décidé de mettre un terme à l'aventure des Braves ? Certains diront que ses raisons sont vagues. 

« Nous étions à quatre bons joueurs d'avoir l'équipe pour dominer du jour un de la saison jusqu'au match de la conquête de la Coupe Dodge, souligne-t-il. Mais quand tu ne fais plus confiance aux autorités qui te gouvernent, ça ne marche plus. Pas celles de la Ligue Laurentides-Lanaudière, mais celles de Hockey Laurentides-Lanaudière et celles de Hockey Québec. Cette confiance perdue, la meilleure décision - par respect pour mes joueurs et surtout pour moi-même et mes valeurs - était de mettre un terme à notre programme. »

Lajoie n'a pas voulu aller plus loin. Mais on sait qu'il n'a pas aimé certaines décisions prises par Hockey­ Québec la saison dernière relativement à l'éligibilité de certains joueurs. Et il n'aimait pas non plus l'idée d'être « bâillonné », pour reprendre sa propre expression, après qu'il eut entendu dire que Hockey Laurentides-Lanaudière­ allait dorénavant le surveiller de près à la suite de commentaires qu'il avait émis au cours de la dernière­ campagne.

« Quand la confiance n'est plus là... », répète-t-il en soupirant.

« Du gros fun »

Jean-Charles Lajoie affirme qu'il a néanmoins eu « du gros fun » au cours des cinq dernières années avec son équipe junior AA.

« On a fait les choses à notre goût, à notre façon, toujours en collégialité avec les joueurs. Si les gens savaient le nombre de gars qui m'ont dit n'avoir jamais eu autant de plaisir au hockey que lors de leur passage avec mon club, même après avoir joué dans le midget AAA, le junior AAA et même parfois dans la LHJMQ. De beaux témoignages, j'en ai eu une tonne. Et je vais toujours les conserver dans ma mémoire. »

Sur une note plus personnelle encore, il dira qu'il n'oubliera jamais ces saisons passées avec ses fils Pier-Gabriel et Charles-Olivier. Ce dernier aurait d'ailleurs pu jouer une dernière campagne avec les Braves.

« Gagner la Coupe Dodge avec Pier-Gabriel a été un moment extraordinaire. J'adorais me rendre à l'aréna avec mes gars. »

En faisait son bilan, Lajoie a insisté sur la conquête du championnat provincial, bien sûr, mais aussi sur les huit autres titres remportés par son équipe, que ce soit en saison régulière, en séries éliminatoires ou en tournois. Mais il a tenu à rappeler que 31 de ses joueurs ont poursuivi des études universitaires en évoluant avec son équipe.

« Ça, c'est une très grande fierté. Nos joueurs, on a contribué à en faire des hommes. On les a aidés le plus possible. On a remis plus de 75 000 $ en bourses d'études en cinq ans. »

Après ?

Plusieurs seront surpris en apprenant la mort des Braves. Par contre, peut-on véritablement croire que Jean-Charles Lajoie en a fini pour de bon avec le hockey ?

« Ça fait 17 ans que je cours les arénas. J'ai suivi mes garçons, j'ai coaché ici et là [vous vous souvenez de son association avec les Maroons de Waterloo, aussi dans le junior AA ?], j'ai amené les Inouk à Granby. Y aura-t-il une suite ? À l'heure où on se parle, je ne sais pas... »

Lajoie, on le sait, a un intérêt pour la Ligue nord-américaine. Mais il ne veut toujours rien dire à ce sujet.

« Présentement, j'ai un deuil à faire. Je suis en paix avec ma décision, je le répète, mais j'ai tout de même un deuil à faire », conclut-il.




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