«Moi, je voulais juste jouer au hockey...»

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Danielle Goyette avec sa deuxième médaille d'or olympique, sa troisième et dernière médaille au total. C'était aux Jeux de Turin, en 2006.

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(Granby) Elle a remporté trois médailles olympiques, dont deux d'or. Puis, elle a aidé le Canada à remporter le championnat du monde huit fois. Sans compter qu'en 171 matchs avec l'équipe nationale, elle a amassé 218 points, dont 113 buts. Et pourtant, malgré un palmarès exceptionnel, Danielle Goyette n'en revient toujours pas d'avoir reçu l'appel du Temple de la renommée du hockey !

« Je te jure, 24 heures plus tard, je suis encore sous le choc !, a lancé l'athlète originaire de Saint-Nazaire-d'Acton, mardi après-midi, lorsque joint à Toronto. Le Temple de la renommée, avec tous ces grands noms, avec tous les meilleurs joueurs de l'histoire de la Ligue nationale qui y sont, c'est gros, c'est énorme. Et moi, la petite fille d'un petit village, je vais être là. C'est... inimaginable ! »

Goyette, qui vit à Calgary depuis une vingtaine d'années, était dans la Ville Reine pour des raisons professionnelles lorsque Lanny McDonald­, l'ancien des Maple Leafs et des Flames qui est membre du comité de sélection du panthéon, a communiqué­ avec elle.

« Puisque c'était un numéro de téléphone que je ne connaissais pas, j'ai failli ne pas répondre ! Quand Lanny s'est présenté, je ne comprenais pas trop. Jamais je n'ai pensé que c'était pour m'annoncer une telle nouvelle. Oui, j'ai pleuré... »

Depuis lundi, elle a reçu 1000 appels et 1000 textos. Ça n'a pas arrêté.

« À la fin de la journée de lundi, la pile de mon téléphone était morte, ce qui n'arrive jamais, jamais ! J'ai eu des nouvelles de gens de chez nous dont je n'avais pas entendu parler depuis 20 ans, 30 ans. C'est quelque chose ! »

Première Québécoise

Danielle Goyette, qui est maintenant âgée de 51 ans, devient rien de moins que la première Québécoise de l'histoire à être élue au Temple de la renommée du hockey. Elle sera intronisée le 13 novembre.

« Moi, j'ai toujours été guidée par la passion du hockey, a-t-elle repris. J'ai toujours joué pour gagner, mais les honneurs individuels, les récompenses, je n'ai jamais pensé à ça. Mais là, c'est le Temple de la renommée ! C'est là où Maurice Richard, Jean Béliveau­, Guy Lafleur, Wayne Gretzky et Mario Lemieux sont ! Je te dis, j'ai encore peine à y croire ! »

Elle a été une des meilleures de son sport et une véritable pionnière. Et elle a inspiré une tonne de jeunes filles, qui ont rêvé de suivre ses traces. Son impact a été majeur.

« Ce dont je suis le plus fière, c'est que j'ai aidé à faire progresser le hockey féminin à ma façon. Aujourd'hui, si tu as 8 ou 10 ans et que tu joues au hockey, tu n'as plus l'air d'une énergumène. Je pense que notre sport peut encore progresser, qu'il peut encore progresser pas mal, mais on a fait un bon bout de chemin, c'est clair. »

Goyette, qui a pris sa retraite en 2007, dirige depuis plusieurs années le programme de hockey féminin de l'Université de Calgary­. Et elle adore ce qu'elle fait.

« J'aime enseigner, j'adore enseigner. Et le travail de coach me permet de rester en contact avec la glace. Je me considère privilégiée. »

Elle revient quelques fois par année à Saint-Nazaire-d'Acton, où elle a encore de la famille.

« Je vis en Alberta depuis longtemps, mais le Québec, ça reste chez nous. Quand je suis débarquée à Calgary, ça devait être pour une durée de cinq mois, pour apprendre l'anglais. La vie est drôlement­ faite des fois... »

Mardi, elle était sur le point de quitter pour... la Chine, où elle ira enseigner le hockey aux jeunes filles. C'est sa vie.

« Moi, j'étais juste une petite fille de Saint-Nazaire qui voulait jouer au hockey... Je n'en demandais pas tant. »

Mais c'était son destin. Rien de moins que celui d'une pionnière.




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