Kerber et Wawrinka victorieux à Flushing Meadows

Stan Wawrinka.... (Seth Wenig, Associated Press)

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Stan Wawrinka.

Seth Wenig, Associated Press

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Associated Press
New York

Stan Wawrinka est le premier à reconnaître qu'il n'a pas toujours été le joueur le plus constant ou le plus fort mentalement. C'est pourquoi, lorsqu'il fait la démonstration de ses habiletés durant un match, il aime pointer son index vers sa tempe.

Son geste fétiche a été utilisé à profusion en finale des Internationaux des États-Unis, dimanche, lorsque Wawrinka a surpris Novak Djokovic et battu le champion en titre 6-7 (1), 6-4, 7-5, 6-3 pour remporter son premier titre à Flushing Meadows et son troisième en Grand Chelem.

«Il a été le meilleur joueur. Il a été plus fort mentalement, a déclaré Djokovic. Et j'ai été malchanceux à quelques moments. C'est l'histoire du match.»

Wawrinka, 31 ans, est le plus vieux gagnant du volet masculin depuis Ken Rosewall, qui avait 35 ans, à 1970. Il a amorcé le match de dimanche en ayant passé deux fois plus de temps sur le terrain que Djokovic au cours du tournoi: environ 18 heures comparativement à environ neuf heures.

«J'ai joué beaucoup de tennis au cours des deux dernières semaines. Je suis complètement vidé», a déclaré le troisième joueur mondial, qui a souligné durant la cérémonie de remise des trophées qu'il s'agissait du 15e anniversaire des attentats du 11 septembre.

En brisant le service de Djokovic lors du dernier jeu de la deuxième et de la troisième manche, et en sauvant 14 des 17 balles de bris auxquelles il a fait face, Wawrinka était déjà aux commandes du match quand le Serbe a commencé à souffrir. Djokovic ressentait des douleurs à la jambe gauche et il a grimacé après avoir raté un coup droit au début de la quatrième manche.

Djokovic a eu la chance inhabituelle de recevoir la visite d'un soigneur entre deux jeux au service plutôt que lors d'un changement de côté. Il a retiré ses deux souliers et ses chaussettes pour permettre au soigneur de traiter ses ampoules aux orteils. Wawrinka s'est plaint d'une pause de six minutes et Djokovic s'est retourné pour s'excuser.

Plus tard dans le match, Djokovic s'est mis à boiter et a reçu d'autres traitements.

«Nous avons joué durant presque quatre heures, a déclaré le premier joueur mondial. Je crois que je peux parler au nom de Stan également en disant que nous l'avons ressenti.»

Wawrinka, troisième tête de série, a gagné seulement cinq affrontements sur 24 contre le premier joueur mondial, mais a maintenant eu le dessus sur le champion de 12 titres majeurs à chacun de ses triomphes en tournoi majeur.

Il a défait le Serbe en quarts de finale aux Internationaux d'Australie en 2014 et en finale des Internationaux de France en 2015.

Avant cet affrontement, Djokovic avait dit de Wawrinka qu'il était un joueur «des grands moments», et le Suisse n'a pas déçu. Mais ça n'a pas toujours été comme ça. Jouant dans l'ombre de son compatriote et bon ami Roger Federer, Wawrinka a eu besoin de 35 participations à un majeur, à l'âge de 28 ans, pour atteindre les demi-finales pour la première fois.

Mais regardez-le maintenant. Il a gagné 11 finales de suite. Il montre une fiche de 3-0 en finale de tournoi majeur, et a battu le favori à chaque occasion. Si on ne tient pas compte de ces trois matchs cruciaux, Wawrinka affiche un rendement de 0-19 en carrière contre les favoris.

«Tu es un grand champion, une grande personne. À cause de toi, je suis là où je suis aujourd'hui», a déclaré Wawrinka à propos de Djokovic, quelques instants avant de soulever le trophée.

Angelique Kerber.... (Darron Cummings, Associated Press) - image 2.0

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Angelique Kerber.

Darron Cummings, Associated Press

Kerber commence à trouver que le titre de numéro 1 lui va bien

Alors qu'elle s'apprêtait à disputer une troisième finale en Grand chelem cette année, Angelique Kerber a entendu la partie de l'intro où on l'a présentée comme bientôt numéro 1 du tennis féminin.

«Ça sonne encore un peu étrange», a-t-elle dit quelques heures plus tard, le trophée new-yorkais à ses côtés.

L'Allemande commence toutefois à le réaliser, elle qui a comblé un retard d'un bris au dernier set pour vaincre Karolina Pliskova et enlever un deuxième grand titre en 2016, après Melbourne.

Il y a cinq ans, c'est aussi dans la Grosse pomme que la championne de 28 ans a vécu un point tournant de sa carrière.

Elle arrivait au tournoi 92e, n'ayant jamais franchi la troisième ronde d'un tournoi majeur. Elle avait perdu d'entrée de jeu dans cinq tournois de suite et dans 10 au total, incluant les trois premières étapes du Grand chelem.

«Mon but était juste de gagner quelques matches, ce qui me donnerait une place au tableau principal en Australie», s'est rappelée la jeune femme de Brême.

Elle a atteint les demi-finales, s'y inclinant en trois sets devant celle qui allait tout rafler, Sam Stosur. En chemin, elle s'est acclimatée aux grands stades, aux foules bruyantes, à la notion qu'elle est à sa place quand l'enjeu est gros.

«C'est parti de là et maintenant je suis ici comme championne», dit-elle avec le sourire.

La route n'a pas toujours été favorable, par contre. Elle a accédé à une demi-finale à Wimbledon en 2012, mais depuis, elle n'était pas retournée à cette étape en Grand chelem avant l'Australie, cette année.

Monica Puig l'a battue en finale à Rio et Pliskova l'a vaincue en match ultime à Cincinnati, où une victoire aurait fait d'elle la reine de la WTA. L'honneur s'est concrétisé quand Pliskova a défait Serena Williams en demi-finale, à Flushing Meadows.

La pression évacuée, Kerber a donc pu arriver sur le court fort détendue, samedi.

Après sa victoire, elle s'est remémorée quel était son plus grand talon d'Achille à l'adolescence, quand elle rêvait de grandes victoires.

«Mon niveau de conditionnement était pitoyable», a-t-elle dit en riant.

Elle manquait d'énergie dans les matches de trois sets. Elle redoutait les grandes chaleurs. Elle peinait à se déplacer.

Samedi, personne n'aurait soupçonné ce passé. Kerber courait avec fougue sur toutes les balles, pimpante dans une troisième manche disputée avec beaucoup d'humidité.

«Dix ans plus tard, je n'ai jamais été aussi en forme, a dit Kerber. Je peux me déplacer à l'infini sur le terrain.»

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