Consultation d'Hydro-Québec : loin d'un consensus

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Les citoyens se sont présentés nombreux à la consultation publique tenue par la société d'État, jeudi, pour choisir le tracé qui leur semblait avoir le moins d'impacts en termes de déboisement et de pollution visuelle.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Bromont) L'ajout de nouvelles lignes électriques par Hydro-Québec dans le secteur des chemins de Magog et de Gaspé, à Bromont, est loin de faire consensus. Les citoyens se sont présentés nombreux à la consultation publique tenue par la société d'État, jeudi, pour choisir le tracé qui leur semblait avoir le moins d'impacts en termes de déboisement et de pollution visuelle. Aucun des scénarios proposés n'est satisfaisant, a clamé Jérôme Dussault, qui accuse Hydro-Québec de ne pas avoir exploré toutes les pistes de solution possibles.

Le résidant du chemin de Gaspé s'est fait entendre haut et fort à la première de trois rencontres successives organisées par Hydro-Québec. « On ne tient pas compte de la perte de valeur que peuvent avoir des propriétés sur des routes panoramiques », déplore-t-il. Inquiets de voir la beauté du paysage altérée, ses voisins partagent cet avis.

Ils étaient plusieurs, d'ailleurs, à signer la pétition lancée par Jérôme Dussault au terme de la rencontre. Le Bromontois est clair : en aucun cas, l'une des sept routes panoramiques de la municipalité ne devrait être touchée par la reconfiguration du réseau de distribution d'Hydro-Québec.

Déboisement

Le projet découle de la construction du nouveau poste d'Adamsville, qui permettra une meilleure desserte électrique pour les résidants du secteur. Pour ce faire, la ligne électrique existante doit être remplacée par un nouveau réseau triphasé (trois fils).

Ce qui dérange les citoyens, c'est que ces équipements devront être érigés en bordure de route, selon les nouvelles règles imposées par la Régie d'énergie à Hydro-Québec, entraînant un déboisement. Or, ces routes sont justement prisées pour les tunnels d'arbres centenaires qui les surplombent, et aucun résidant ne désire voir apparaître une série de poteaux devant sa demeure.

« Si vous prenez Magog, vous allez avoir du travail à faire, à passer ça dans la montagne. Je ne vois pas pourquoi on n'irait pas chercher le réseau existant ! » a fait valoir un résidant du chemin de Magog. Pendant plus d'une heure, les citoyens se sont relancés, présentant tantôt l'argumentaire de la ligne existante entraînant moins de coûts, tantôt celui du nombre de résidences desservies sur l'un ou l'autre des chemins.

Atténuer l'impact 

Sur un formulaire d'Hydro-Québec, les citoyens étaient appelés à se prononcer sur l'emplacement de deux tracés convergeant vers un tronçon commun. Entre la route Pierre-Laporte et le tronçon commun, la ligne électrique pourrait être dressée sur le chemin de Magog ou le chemin de Gaspé. Entre le tronçon commun et la rue Frontenac, ce sont les chemins Miltimore ou de Gaspé qui pourraient l'accueillir.

Le plan d'urbanisme élaboré par la conseillère en environnement Jacinthe Gagnon a permis de mesurer l'ampleur du défi environnemental. « On s'est rendus sur place pour évaluer la situation avec des techniciens forestiers, on est rentrés chez vous », a-t-elle mentionné à plusieurs reprises pour rappeler aux citoyens le sérieux de l'exercice. « On n'est pas des enfants, c'est certain qu'il y aura un impact. Après, on va y aller dans la dentelle pour atténuer cet impact. On va prendre poteau par poteau pour s'assurer d'une bonne intégration », a-t-elle précisé. L'objectif est que la végétation renaisse d'elle-même après l'élagage.

Jérôme Dussault ne croit pas en la bonne foi d'Hydro-Québec dans cette histoire. « C'est une belle stratégie de diviser pour régner », accuse-t-il, suggérant que la société d'État se dédouanerait en menant les citoyens à s'opposer.

« Pourquoi on a un choix à faire ? C'est parce que consciemment, ils savent que ce sont deux routes panoramiques et que ces routes panoramiques là vont soulever des indignations au sein de la population », ajoute-t-il. 

Chemin Farr : la solution ? 

Plusieurs, dont Jérôme Dussault, croient que la solution serait d'installer la ligne électrique sur le chemin Farr, qui compte moins de résidences. 

« Pour l'instant, ce n'est pas un chemin public, donc il n'a pas été pris en considération dans l'analyse », fait remarquer Ginette Cantin, conseillère des relations avec le milieu chez Hydro-Québec. 

Pour que ce scénario soit envisagé, la Ville de Bromont devra investir plusieurs centaines de milliers de dollars afin de rendre le chemin Farr carrossable. « Il faut ouvrir la route sur un kilomètre », précise le conseiller municipal du district, Louis Villeneuve, qui se chargera de faire les vérifications nécessaires dans les prochains jours.

La société d'État est ouverte à l'idée. « Dans la mesure où la Ville peut nous offrir des garanties de construire le chemin dans les meilleurs délais. Puis de garantir aussi l'entretien parce que nous, été comme hiver, il faut que nos équipes aient accès à l'équipement », observe Ginette Cantin. La route, dit-elle, devra être large d'au moins 5 mètres pour permettre aux camions d'Hydro-Québec d'y circuler. 

Cette option ne permettrait pas de bonifier l'approvisionnement en électricité des résidants à l'est du tronçon commun, indique toutefois Mme Cantin. « Ces gens-là vont demeurer avec un réseau monophasé non accessible », dit-elle.

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