À 60 ans, Claude Brouillard se laisse guider par la passion

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«J'ai eu mes bonnes années, mais je serais naïf de penser que je peux encore tout gagner», lance Claude Brouillard.

Joe Labrie

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(Granby) Il est le plus vieux et le plus expérimenté de tous les pilotes en modifié. À 60 ans et avec 39 années d'expérience (toutes catégories confondues) derrière la cravate, Claude Brouillard ne rêve plus au championnat. La passion, seulement la passion, le guide.

«J'ai eu mes bonnes années (il a été champion en modifié en 2002 et il a fini deuxième en 2001), mais je serais naïf de penser que je peux encore tout gagner, lance Brouillard. Mais même après toutes ces années, même si je suis aujourd'hui bien content quand je termine la soirée au quatrième ou au cinquième rang, j'ai encore énormément de plaisir à aller aux courses. Très honnêtement, j'ai autant de fun qu'à mes débuts. Je me considère chanceux d'être encore animé par cette grande passion.»

Le pilote de Sorel-Tracy affirme qu'il n'appartient plus à l'élite des pilotes en modifié.

«Les Bernier, Robidoux, Bernard et cie sont jeunes et ils ont du talent. Attention, je ne suis pas en train de me déprécier en disant ça. Eux, on verra s'ils sont encore là à 60 ans!»

La passion dont il parle, les gens de son entourage l'aident à l'entretenir. Sa fille fréquente Martin Pelletier, l'excellent pilote de sportsman, et Michael Richard, un autre pilote de sportsman, est son neveu. Et il y a son épouse qui continue à l'accompagner dans les puits.

«Les courses, c'est une affaire de gang. Y'en a juste un en piste, mais il y a tellement de monde autour. Quand j'ai un bon résultat, ça rend plein de monde heureux. Ça fait partie du plaisir de courir...»

Brouillard court à l'Autodrome Granby, mais aussi au RPM Speedway de Saint-Marcel et à l'Autodrome Drummond. Ses week-ends sont occupés.

«Mais je préfère mes fins de semaine d'été à celles d'hiver! Quand la neige commence à fondre, je deviens fébrile.»

De l'inquiétude

Claude Brouillard court en modifié depuis 1984. Il en a vu passer, des pilotes, et il en a vu passer, des modes. Et il s'inquiète quand il voit la controverse au sujet des fameux moteurs Dodge.

«Les gens de l'Autodrome ont fini par réagir, mais je pense qu'il était déjà trop tard, dit-il. Les performances de Kayle Robidoux (sur moteur Dodge) en fin de saison dernière auraient dû leur mettre la puce à l'oreille. Moi, je sais que Kayle et Steve Bernier (l'autre à rouler sur du Dodge) sont d'excellents pilotes, mais je pense aussi qu'ils sont avantagés présentement. Par contre, on n'a pas les vrais chiffres, selon moi, des tests sur dynamomètre. On entend un paquet de choses, mais on ne sait pas ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas...»

Comme bien d'autres, Brouillard craint que le moteur Dodge devienne la norme chez les équipes riches et que les plus pauvres ne puissent pas suivre.

«Les gens viennent aux courses parce qu'il y a un spectacle. Mais s'il y a seulement sept ou huit équipes qui peuvent se permettre le meilleur moteur, qu'est-ce qui va se passer? Il n'y aura plus de spectacle et il n'y aura plus de spectateurs dans les estrades. Pour l'avenir des courses, il y a des décisions à prendre.»

Mais Brouillard entend continuer. Au minimum une autre année afin de fêter ses 40 ans derrière le volant d'une voiture de course.

«Quarante ans, c'est un beau chiffre et c'est une belle réalisation. Les artistes disent souvent que durer, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Oui, je suis fier d'être encore là!»

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