Tour du lac Brome: une 37e présence à 72 ans

Monique St-Cyr a parcouru la distance de 20 km... (Maxime Massé, La Voix de l'Est)

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Monique St-Cyr a parcouru la distance de 20 km en 2 heures 29 minutes et 17 secondes dimanche lors de la 38e édition du Tour du lac Brome.

Maxime Massé, La Voix de l'Est

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) Monique St-Cyr est ce qu'on appelle un exemple de détermination. Âgée de 72 ans, cette Montréalaise, qui court depuis près de 40 ans, a complété dimanche son 37e Tour du lac Brome.

Mme St-Cyr s'est encore une fois attaquée au parcours du 20 km, son épreuve de prédilection depuis sa première participation à l'événement en 1979. Et elle n'a visiblement rien perdu de sa fougue, elle qui a été la coureuse la plus rapide dans sa catégorie d'âge des 70 à 79 ans.

«J'ai juste manqué la première édition, lance Mme St-Cyr tout sourire. C'est l'année où j'ai commencé à courir plus souvent. Ma famille venait chaque été au camping Vallée bleue et ma mère avait vu dans le journal local les résultats d'une course. Elle m'avait dit "j'ai gardé ça pour toi". J'ai dit, l'année prochaine, je vais venir essayer ça. Depuis ce temps-là, je viens chaque année.»

Et qu'est-ce qui a changé depuis sa première présence? «Il y a une différence de 45 minutes, dit-elle en riant à propos de son temps de course. Mon meilleur chrono ici a été en dessous d'une heure et 42 minutes. Mais maintenant, si je réussis à courir en moins de deux heures et trente, je suis contente. Aujourd'hui (dimanche), j'ai fait 2: 29: 17. Je suis très fière!»

À son âge, l'objectif n'est plus d'augmenter la cadence, mais plutôt de maintenir le rythme. «Mon entraîneur au sein du club de course les Vainqueurs, Jean-Yves Cloutier, dit tout le temps, "après 40 ans, si tu maintiens tes temps, c'est parce que tu performes". Je me dis que si après 70 ans, je maintiens mes temps, c'est parce que je performe encore très bien.»

Bien gérer sa course

Cette année, elle a même réussi l'exploit de gagner du temps dans la seconde moitié du parcours. C'est habituellement le contraire qui se produit étant donné la fatigue qui s'empare du corps à mesure que les kilomètres défilent.

«Quand on court un 20 km et que les kilomètres arrivent tout seuls, c'est parce qu'on court bien. Le problème des gens qui ont de la misère à courir est qu'ils ne gèrent pas leur course. Ils partent trop vite et ils ont de la misère à finir. Il faut contrôler ça surtout sur une longue distance», conseille cette vétéran de la course à pied.

Elle s'est elle-même dite surprise puisqu'elle songe depuis cinq ans à faire le saut au 10 km afin de pouvoir réduire un peu son temps d'entraînement.

«Lorsque j'ai pensé à changer pour le 10 km, ils ont modifié le parcours pour le faire partir à la moitié du 20 km. Moi, c'est la maudite côte dans la deuxième moitié que je ne voulais plus faire. Tant qu'à la faire pour le 10 km, on va la faire pour le 20 km. J'ai donc décidé de continuer...», laisse-t-elle tomber en ricanant.

Mme St-Cyr, qui compte 29 marathons à son actif, a plutôt choisi de réduire le nombre de courses auxquelles elle participe. «Maintenant, c'est plus tranquille. J'en fais quatre par été. Mais dans mes bonnes années, je pouvais faire de 12 à 15 courses par année.»

Mais hors de question de faire une croix sur le Tour du lac Brome tant que son corps continue de collaborer.

«C'est ma course dada! On a toujours une course privilégiée, une qu'on aime faire chaque année, et moi, c'est celle-là. Chaque année, je me dis, est-ce que je la refais l'année prochaine? Ça me tente-tu encore de faire des deux heures d'entraînement? Comme ç'a bien fonctionné cette année, je compte bien être de retour l'an prochain si la santé est là!»

«Notre meilleure édition», estime Jean Joly

Tout comme l'année passée, ce sont près de 3700 coureurs de tous âges qui ont pris part dimanche à la 38e édition du Tour du lac Brome. L'événement est depuis longtemps une des belles traditions au Québec en course à pied. Et l'engouement pour l'épreuve ne semble pas vouloir s'essouffler.

«Techniquement, c'est notre meilleure édition puisque chaque année, on prend plus d'expérience. La température a aussi été de notre côté. On avait même peur qu'il fasse trop chaud. Finalement, ça a très bien été même s'il faisait très chaud pour cette période de l'année», note Jean Joly qui est à la tête du comité organisateur.

L'événement anime le village de Knowlton le temps d'un week-end depuis déjà 38 ans. Dans la mesure où le nombre de courses à pied a littéralement explosé ces dernières années au Québec, M. Joly se dit très satisfait de simplement maintenir ses acquis.

«On est contents parce qu'on s'attendait à une baisse de participation cette année. La plupart des courses au Québec connaissent une baisse de 10 à 25%. On n'espère plus à ce stade-ci d'avoir des hausses de participation, parce qu'il y a trop de concurrence un peu partout dans la province. On travaille surtout à maintenir la participation et jusqu'ici, on a réussi», se réjouit M. Joly.

Selon ce dernier, le cachet naturel des lieux, la beauté du lac et la qualité de l'organisation expliquent pourquoi les coureurs reviennent en grand nombre chaque année.

«Le monde aime venir courir près du lac Brome. Ça les fait sortir un peu de la ville ou du coin où ils habitent. L'événement est aussi très bien coté au Québec à cause de la qualité des bénévoles et de nos chefs d'équipe», indique M. Joly.

Celui qui a pris la relève de l'organisation il y a quelques années précise qu'environ 30% des coureurs proviennent de Montréal, 30% de la Montérégie, 30% de l'Estrie tandis que le reste provient des quatre coins de la province.

Résultats des épreuves

Le Montréalais Mokono Lamech a remporté cette année les grands honneurs du 20 km qu'il a franchi en un peu plus d'une heure (1: 06: 59). Deux Bromontois, Alister Gardner et Mathieu Girard, sont passés bien près de grimper sur le podium, eux qui ont terminé respectivement en 4e et 8e position.

C'est un coureur de Chambly, Philippe Reynolds, qui s'est imposé au Challenge Marathon, une épreuve de 42,2 km répartie sur deux jours. Il a franchi le fil d'arrivée avec un impressionnant chrono de 2: 42: 58.

Il a fini avec plus de 19 minutes d'avance sur sa plus proche poursuivante, l'ancienne championne cycliste Lyne Bessette, qui a terminé au deuxième rang. Deux coureurs locaux ont aussi brillé, soit Jérôme Turgeon d'Eastman et Jean-Luc Grignon de Granby, qui se sont emparés des 9e et 13e rangs.

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