Encourager l'équité sportive

Les filles sont six fois plus à risque... (Tirée du www.fastandfemale.com)

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Les filles sont six fois plus à risque que les garçons d'abandonner le sport avant l'âge de 14 ans, selon la fondatrice de l'organisme Rapides et Radieuses et médaillée d'or olympique, Chandra Crawford.

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

Des recherches menées au Canada au cours des dernières années ont démontré que les jeunes filles sont moins enclines à faire du sport que les garçons du même âge. À l'adolescence, nombre d'entre elles délaissent les activités sportives pour diverses raisons sociales et personnelles.

Certaines filles éprouvent parfois de la gêne à s'entraîner et à performer devant d'autres personnes, d'autres associent le sport à une activité de garçon tandis que plusieurs ne bénéficient tout simplement pas du même support que leurs confrères masculins.

C'est dans l'objectif de changer cette réalité que la médaillée d'or aux Jeux olympiques de Turin en 2006, Chandra Crawford, a créé l'organisme Rapides et Radieuses (Fast and Female), il y a quelques années. La fondeuse albertaine souhaitait ainsi motiver les jeunes filles à se lancer dans le sport et les faire profiter de son expérience.

«Les filles étant six fois plus à risque que les garçons d'abandonner le sport avant l'âge de 14 ans, je souhaitais que Rapides et Radieuses vienne appuyer, inspirer et donner des outils aux jeunes filles, afin qu'elles restent impliquées dans le sport», résume l'athlète de 32 ans qui a pris sa retraite sportive après les Jeux de Sotchi en 2014.

Ce dimanche, l'organisme sera de passage au Centre national cycliste de Bromont (CNCB) pour y tenir son second sommet en sol québécois. Rapides et Radieuses tente en effet de réaliser sa mission en tenant des événements ludiques et non compétitifs à travers l'Amérique du Nord.

Lors de cette activité destinée aux jeunes filles âgées de 8 à 18 ans qui aura lieu de 10 h à 15 h, les participantes prendront notamment part à des ateliers animés par des experts en préparation physique et en nutrition sportive. Elles auront aussi la chance de faire du vélo de montagne et du vélo de piste au vélodrome du CNCB.

Ambassadrices

Enfin, elles pourront échanger avec quelques ambassadrices de Rapides et Radieuses, soit les cyclistes de niveau élite Alizée Brien, Catherine Dessureault, Valérie Meunier et Rébecca Beaumont.

«J'aime vraiment encourager les jeunes filles à faire du sport et des activités traditionnellement masculines. J'étudie moi-même en ingénierie et je fais du vélo de montagne. Il s'agit parfois juste de les mettre en confiance et de les encourager à trouver leur place», note Rébecca Beaumont qui participera au Championnat du monde de vélo de montagne dans trois semaines en République tchèque.

Elle dit comprendre pourquoi certaines filles s'éloignent du sport à mesure qu'elles grandissent. Selon l'athlète originaire d'Alma, celles-ci ne sont tout simplement pas valorisées et encouragées au même titre que les garçons lorsqu'il est question de leurs exploits sportifs.

«Je me suis moi-même souvent fait dire que je devrais arrêter de faire du vélo de montagne, que je ne gagnerais jamais ma vie avec ça et que je devrais me concentrer sur d'autres choses. C'est certain que c'est décourageant lorsque tu entends des choses comme ça», indique-t-elle, précisant que ce manque d'appuis explique sans doute pourquoi beaucoup de filles sont moins portées sur les sports d'équipes.

Disparité

Selon elle, la disparité entre les athlètes masculins et féminins amène aussi certaines filles à délaisser le sport. «Le sport féminin n'est pas autant valorisé que le sport masculin, entre autres au niveau médiatique. Oui, les filles sont peut-être moins fortes physiquement, mais elles mettent autant d'effort que les garçons. Ce serait juste qu'elles soient reconnues de la même façon.»

Ce manque de parité s'applique aussi au niveau financier, rappelle Rébecca Beaumont, dénonçant l'écart important entre les bourses remises aux filles et aux garçons.

«Aux Mardis cyclistes de Lachine par exemple, les gars reçoivent un total de 10 000$ en bourses tandis que les filles ont droit à seulement 1000$. C'est dix fois plus! Pourtant, je dois dépenser autant pour l'inscription, le transport et mon entraînement», souligne-t-elle.

Autrement dit, elle estime qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire avant d'atteindre l'égalité au niveau de la pratique sportive et elle est très fière d'y aller de sa mince contribution en prenant part à des événements comme celui de dimanche.

«Plus la participation des jeunes filles va augmenter, plus le calibre va augmenter et plus les athlètes féminines seront reconnues. Il est important d'encourager les filles à rester dans le sport... pour garder le sport en santé», conclut-elle.

Quelques statistiques

- À partir de l'âge de 11 ans, seulement 46% des filles sont actives physiquement comparativement à 68% des garçons.

- Entre l'âge de 14 et 16 ans, seulement 27% des filles sont actives par rapport à 46% des garçons.

- Au Québec, seulement25% des jeunes filles consacrent plus de 6 heures par semaine à l'activité physique comparativement à 50% des garçons.

- C'est seulement à l'âge adulte, dans la catégorie25-44 ans, que l'écart entre les hommes et les femmes se rétrécit, mais au détriment d'un faible taux de pratique pour les deux sexes (17% femmes contre 21% hommes).

 

Source: www.kino-quebec.qc.ca

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