Lutte olympique: Saint-Césaire est «sur la map»

Dominique Choquette est l'entraîneur du club de lutte... (Fournie)

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Dominique Choquette est l'entraîneur du club de lutte Les Patriotes de Saint-Césaire et l'organisateur du Festival de lutte olympique de l'Est du Canada qui s'y tenait, dimanche.

Fournie

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) L'odeur de fierté se mêlait à celle des patates frites, dimanche, à l'aréna Guy-Nadeau de Saint-Césaire. C'est la troisième fois que le Festival de lutte olympique de l'Est du Canada s'y tenait, la précédente remontant à 2005. Plus de 450 combats ont été disputés au cours de la fin de semaine, qui ralliait des centaines de jeunes de 9 à 14 ans en provenance de l'Ontario, des Maritimes et de partout au Québec. Mais dans la municipalité de la Montérégie, la lutte olympique ne se résume pas à cette importante compétition. Elle porte un nom: celui de Dominique Choquette. La Voix de l'Est l'a rencontré quelques minutes avant la remise des médailles.

«C'est pas mal ma passion», lance celui qui a mis Saint-Césaire «sur la map» dans le monde de la lutte olympique. Dominique Choquette est l'entraîneur du club de lutte Les Patriotes depuis 29 ans. Si le championnat de l'Est du Canada a lieu à Saint-Césaire, c'est grâce à lui. «Ce festival-là donne l'occasion aux jeunes de vivre un gros événement qui va les préparer à aller dans les gros championnats canadiens», dit-il. Ils sont une trentaine à s'entraîner auprès de Dominique Choquette, qui est aussi connu à titre de professeur d'éducation physique à la polyvalente Paul-Germain-Ostiguy. C'est d'ailleurs dans les murs de l'institution scolaire qu'il a lui-même eu la piqûre pour le sport de combat. «J'étais en secondaire 2. Après les Jeux olympiques de Montréal en 1978 (...), les deux enseignants en éducation physique, Conrad Fortin et Réjean Roberge, ont décidé de faire un pas dans l'exploration de la lutte.»

Depuis, Dominique Choquette est fortement impliqué dans le monde de la lutte. Tellement qu'à Saint-Césaire, le club a cessé ses opérations le temps qu'il étudiait à l'université. «De 1984 à 1987», se rappelle-t-il. «Ces trois années-là, y'avait plus rien!» Une fois son diplôme en poche, il a été engagé à la polyvalente et a aussitôt relancé l'activité. En 1990, il avait son premier médaillé national.

Un sport sérieux

Au Club de lutte Les Patriotes, les jeunes commencent à s'entraîner dès l'âge de 4 ans et quelques années plus tard on leur parle de championnats nationaux. «Un jeune qui commence en secondaire 1, par exemple, mon objectif c'est que 4 ans plus tard, il performe», indique Dominique Choquette. Suivant un cycle de 4 ans, certains jeunes s'entraînent actuellement en vue des Jeux du Canada de 2017. Trois fois par semaine, ils se pratiquent dans l'espoir de faire partie de l'équipe qui représentera le Québec. Un espoir réaliste, puisque 29 athlètes ayant suivi le programme de Dominique Choquette sont montés un jour ou l'autre sur le podium au niveau national. Pour en arriver là un jour, les jeunes savent qu'ils doivent travailler fort. «On s'entraîne à l'année, même pendant les vacances de l'été, on n'arrête pas!» poursuit l'entraîneur, qui emmène ses jeunes en tournoi jusqu'à Porto Rico.

Un véritable investissement, comme le souligne la mère de la jeune Camille Dubuc, qui en est à sa première année avec le club. «Je pense que je revis ce que j'ai moi-même fait vivre à ma mère quand j'étais jeune», lance Cynthia Dupont. Pour elle, c'était le baseball. Pour sa fille, c'est la lutte. Cette année, la jeune athlète de 13 ans a participé à trois compétitions, deux en Ontario et une à Montréal. «C'est assez dur pour le coeur!», avoue Cynthia Dupont, qui encourage tout de même sa fille à poursuivre la lutte. «Dominique dit qu'elle a le talent», ajoute-t-elle, remplie de fierté.

Bien au-delà des vertus de faire de l'activité physique, la lutte inculque aussi à ces jeunes des valeurs de respect et de discipline. Carl Rainville s'en souvient. «Quand tu es un adolescent de 13, 14 ans, des fois ta motivation baisse. Si tu veux devenir un bon athlète, il faut maintenir une bonne intensité», dit-il. L'ancien protégé de Dominique Choquette est passé très près d'accéder aux Jeux olympiques en 2004. «Il a fini 10e au monde. Ils prenaient les neuf premiers pour qualifier le pays pour les JO», raconte l'entraîneur étoile. Père de cinq enfants, Carl Rainville évolue maintenant comme entraîneur aux côtés de Dominique. Le champion canadien leur a certainement inculqué sa passion du sport puisque sa fille fait de la gymnastique et ses trois garçons s'intéressent à la lutte. L'aîné a même déménagé à Saint-Césaire pour suivre le programme des Patriotes. Carl Rainville ne manque pas de relever l'engagement qui vient avec «ce sport de grands», comme il l'appelle. «À la lutte, tu luttes. Tu ne t'en vas pas jouer, tu t'en vas lutter. Donc tu n'as pas le choix de prendre le sport au sérieux», affirme-t-il d'un trait.

Un sport sécuritaire

Dominique Choquette ne s'en cache pas, la lutte est un sport à haut risque au niveau des blessures. Mais elles sont minimes, assure-t-il, citant l'entorse comme exemple. «Pas le droit à l'étranglement, les clefs de bras ou de cheville sont interdites», confirme Carl Rainville. Les projections alignées avec les articulations, dit-il, rendent le sport très sécuritaire. Trois physiothérapeutes étaient tout de même sur place pendant toute la durée du Festival.

La lutte n'attire pas les bagarreurs non plus. «Ils n'ont rien à prouver à l'extérieur. C'est sur le tapis qu'ils font leurs preuves», résume l'entraîneur. Les jeunes qui s'inscrivent au club ont souvent développé l'intérêt pour le sport dans les cours d'éducation physique de Dominique Choquette. Il y inclut effectivement une exploration de la lutte.

La lutte va même jusqu'à en motiver certains à poursuivre leurs études. «On a Julien qui s'en va au Collège Vanier avec le Montreal Wrestling Club», dit Carl Rainville. «Mais tu lui aurais demandé il y a trois ans, il ne voulait pas poursuivre ses études.» Même son de cloche chez les plus jeunes, pour qui le sérieux du sport n'est en rien un obstacle au plaisir que la lutte leur procure. «J'adore ça, c'est mon sport préféré!» lance Olivier, qui repart de la compétition avec une médaille d'argent au cou. Avec son ami Émile, ce n'est pas l'ambition qui manque. «Juste si je suis capable de me rendre aux Jeux du Canada déjà, ce serait l'fun!» envoie le garçon avec un réalisme désarmant pour son âge.

À propos de la lutte

Le Festival de lutte olympique de l'Est du Canada est une compétition mixte. Un combat est constitué de deux périodes de deux minutes. Le calibre des athlètes est évalué en fonction de leur âge et de leur poids. Le gagnant est celui qui arrive à réaliser une «tombée», soit coller les deux omoplates de son adversaire au sol pendant une seconde.

La lutte est l'un des premiers sports à avoir fait partie des Olympiques. Le Canada fait partie des puissances internationales chez les femmes. Aux Jeux olympiques de Rio, toutes les catégories de poids féminines seront représentées, ce qui représente plusieurs chances de médaille.

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