«Nous étions condamnés à gagner»

Francis Bouillon lève la précieuse coupe Memorial. Un... (Archives La Voix de l'Est)

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Francis Bouillon lève la précieuse coupe Memorial. Un exploit qu'aucun capitaine d'une équipe québécoise n'avait réussi depuis Guy Lafleur, avec les Remparts de Québec, 25 ans plus tôt.

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(Granby) Il y aura 20 ans, le 19 mai, que les Prédateurs de Granby ont remporté la Coupe Memorial, symbole de suprématie au hockey junior canadien. Les Prédateurs ont depuis quitté Granby, mais leur conquête demeure le plus grand moment de l'histoire sportive de la ville. Retour sur l'exploit réalisé par une très grande équipe.

Francis Bouillon se souvient que la défaite était inacceptable chez les Prédateurs en 1995-96

«Ça fait 20 ans, mais j'ai encore l'impression que c'était hier. Et quand je revois les images de notre triomphe, j'en ai encore des frissons.»

Francis Bouillon était le capitaine des Prédateurs lorsqu'ils ont ramené la coupe Memorial au Québec après une disette de 25 ans. Et même s'il a ensuite disputé 776 matchs dans la Ligue nationale, la conquête du précieux trophée demeure un grand, un très grand moment de sa carrière.

«Honnêtement, cette fameuse saison 1995-96 représente mes plus beaux moments au hockey, explique-t-il en conversation avec l'auteur de ces lignes. J'ai joué pour le Canadien, j'ai vécu de belles choses dans la Ligue nationale, mais il n'y a rien comme gagner, comme tout gagner, et nous l'avons fait cette année-là. Et rappelez-vous que la coupe Memorial est le trophée le plus difficile à remporter dans le monde du hockey.»

Bouillon, alors âgé de 20 ans, arrivait de trois saisons avec le Titan de Laval. Et il a compris dès le jour 1 du camp d'entraînement des Prédateurs que Michel Therrien et les frères Morrissette, qui arrivaient aussi de Laval, n'entendaient pas à rire.

«Michel et les frères Morrissette savaient qu'on avait un gros club. Et leur message était clair: pour les satisfaire, ça prenait le trophée Jean-Rougeau (décerné aux champions du calendrier régulier), la coupe du Président (championnat des séries) et la coupe Memorial. Rien de moins. Et même si le Québec (avec les Remparts de Guy Lafleur) n'avait pas gagné le championnat canadien depuis 25 ans!»

Bouillon savait aussi que les Prédateurs étaient solides. Mais de là à croire qu'ils pouvaient tout gagner...

«Il nous manquait des choses. Mais la base d'une grosse équipe était là. Il fallait faire confiance à Michel et aux frères Morrissette.»

Les Preds, comme on les appelait à Granby, ont remporté 56 victoires en 70 matchs en 1995-96. Mais chacune des rares défaites était vue comme un échec monumental.

«La défaite était inacceptable. À chaque fois, c'était la fin du monde. Il n'y avait que deux mots qui passaient dans le vestiaire: gagner et... victoire!»

En cours de route, les Prédateurs ont ajouté des morceaux importants au casse-tête: Benoit Gratton, Jason Doig et Georges Laraque. L'acquisition de l'homme fort a probablement été la plus importante.

«Georges, c'était le tough le plus craint pas juste au Québec, mais dans tout le Canada. Dès son arrivée, on est tous devenus plus grands et plus gros tellement il commandait le respect. Il est débarqué à Granby et il a planté tous les autres durs de la ligue, y compris le gros Peter Worrell, des Olympiques de Hull, un certain dimanche après-midi chez nous. Georges a été une grosse acquisition.»

En séries éliminatoires, les Prédateurs ont liquidé le Laser de Saint-Hyacinthe, les Saguenéens de Chicoutimi et les Harfangs de Beauport d'Alain Vigneault. Mais la coupe du Président, ce n'était pas encore assez au goût de la troupe granbyenne.

Une heure sans rondelle

«On était contents, c'est sûr, mais on n'a pas célébré si fort, dit encore Bouillon. Ce qu'on voulait, c'était la coupe Memorial. La première séance d'entraînement à la suite de la conquête du championnat des séries, c'était une pratique d'une heure, sans rondelle. Ça démontrait clairement que le travail n'était fini. C'est pas compliqué, nous étions condamnés à gagner.»

Après avoir remporté deux de leurs trois matchs lors du tournoi à la ronde de la coupe Memorial à Peterborough, les Prédateurs ont blanchi les Petes 4-0 en grande finale. C'était le 19 mai 1996. Vous vous souvenez probablement de l'endroit où vous avez regardé le match et avec qui vous étiez ce dimanche après-midi là.

Et une des premières images qui nous revient en tête, quand on pense à ce match, c'est celle de Francis Bouillon qui pleure comme un enfant alors qu'il est clair, avec quelques minutes à faire au match, que les Prédateurs vont triompher.

«On me reparle souvent de cette scène. C'était des pleurs de joie et de fierté. Mais c'était aussi les pleurs de la pression qui tombait. On avait tellement, tellement travaillé fort pour en arriver là...»

Quelques jours plus tard, une foule estimée à 30 000 personnes acclamait ses champions sur la rue Principale lors d'un grand défilé qui fait aussi partie de l'histoire de Granby.

«On me demande parfois si toutes les équipes de la LHJMQ qui ont remporté la Coupe Memorial par la suite l'auraient fait n'eut été de ce que nous avons accompli en 1996. Honnêtement, je ne sais pas. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais une chose est certaine: on a redonné au Québec et à la LHJMQ le respect qu'ils méritaient. Après ça, plus personne n'allait rire de nous.»

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