Bute-Jack: le travail des juges sévèrement critiqué

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Même Bute a senti que la victoire lui avait glissé entre les mains au moment où la cloche finale a retenti.

AFP, David Tulis

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Washington

Le travail des juges était sur toutes les lèvres à la conclusion du combat de championnat du monde des super moyens du World Boxing Council (WBC) entre Lucian Bute et Badou Jack. Leur verdict d'une nulle majoritaire a été sévèrement critiqué.

Omar Mintun et Glen Crocker ont jugé le combat nul (114-114), tandis que Stephen Rados a plutôt estimé que Jack (20-1-2, 12 K.-O.) l'avait emporté 117-111.

«C'est de la m...!, ne s'est pas gêné pour dire Jack immédiatement après le combat. Ce n'est pas la faute de Bute, ce sont les juges, a ajouté Jack. Les gens ont vu que j'ai gagné le combat.»

Au moment de rencontrer les médias quelque 60 minutes plus tard, il a tenu des propos plus nuancés, mais il était toujours persuadé d'avoir gagné le duel.

«C'est assurément un problème [le travail des juges]. Mais particulièrement ce soir: ils ont été horribles», a pour sa part déclaré Leonard Ellerbe, le chef des opérations de Mayweather Promotions, le promoteur de Jack.

Certains ont évoqué le manque d'expérience des juges en fonction. Mais c'est un argument peu convaincant: si Mintum et Rados n'ont officié qu'un peu plus de 100 combats chacun, Crocker en compte pour sa part 760, selon boxrec.com.

«Je ne me plaindrai certainement pas d'un jugement qui va nous avoir favorisé: le contraire est arrivé si souvent, a quant à lui laissé tomber Yvon Michel, le copromoteur de Bute (32-3-1, 25 K.-O.) avec InterBox. Ça va peut-être redonner confiance à tout le monde. Prouver que lorsque tu boxes à l'extérieur, que tu montres ce dont tu es capable de faire, tu seras jugé de la bonne façon.»

«Les rounds qui étaient serrés, je les donnais à Jack, parce que tu essaies de te donner une perspective. Mais les rounds serrés, ils nous les ont donnés. Ça démontre que Lucian appartient à l'élite des 168 livres.»

Même Bute a senti que la victoire lui avait glissé entre les mains au moment où la cloche finale a retenti. Alors que les boxeurs lèvent souvent les bras au ciel et expriment leur satisfaction lorsqu'un combat atteint la limite, le Montréalais d'origine roumaine s'est plutôt retourné vers son coin, les bras pendant de chaque côté de son corps, l'air abattu.»

«J'ai senti que je n'ai pas fait assez pour remporter ce combat-là. Je savais que les rounds étaient serrés, mais je doutais d'avoir gagné ce combat.»

Comme face à DeGale

Un peu comme il l'avait fait en novembre dernier, contre James DeGale, Bute a trop tardé à se mettre en marche.

«Qu'est-ce que je peux dire? Je voulais, j'essayais plus. Après le cinquième round, j'ai laissé mes bras aller. Je regrette de ne pas avoir commencé un peu plus tôt.»

«C'est vrai que Lucian s'est mis en marche trop tard, comme contre DeGale, a aussi admis Michel. J'ai trouvé qu'il avait mis du temps à trouver son rythme. Mais une fois qu'il s'est mis en marche, ça s'est bien passé.»

Mais pour le clan Bute, pas question d'enlever quoi que ce soit à Jack, qui a pu conserver sa ceinture.

«Je pense que ce gars-là, à ses trois derniers combats, il a battu [Anthony] Dirrell, [George] Groves, et soutiré une nulle à Lucian. Dans chacun de ces combats, il a su élever son niveau afin de répondre aux attentes, a indiqué Howard Grant, l'entraîneur de Bute. Peut-être que ce gars est comme Michael Jordan. C'est une affirmation lourde de sens, mais c'est ce qu'il a fait: il a élevé sa boxe dans ses combats les plus importants. Il m'a surpris [samedi]) soir. C'est un bon boxeur.»

Que réserve maintenant l'avenir pour Bute?

«Je vais retourner au gym et j'affronterai le vainqueur du combat d'unification entre DeGale et Jack. Mes deux combats contre ces gars ont été serrés et je mérite d'affronter le gagnant.

«C'était un combat très, très serré à mon avis. C'est encourageant. Même si j'ai 36 ans, j'ai montré à tous que je suis encore dans le top, que je fais partie de l'élite, et ça m'encourage à continuer. Je n'ai pas envie de lâcher et je veux rencontrer le gagnant.»

Mais dans l'immédiat, Bute devra régler son problème de promoteur: son combat contre Jack était le dernier du contrat le liant à InterBox et il est maintenant un joueur autonome.

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