Bute s'est ressourcé avec les frères Grant

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Lucian Bute a été en mesure de remettre sa carrière sur les rails, notamment avec l'aide des frères Howard (à droite) et Otis Grant.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Depuis son combat contre l'Italien Andrea Di Luisa en août 2015, Lucian Bute semble transformé.

Il est vrai que Di Luisa, que Bute a stoppé au quatrième round de son combat prévu pour dix, n'avait ni le talent ni la réputation de ses précédents adversaires. Mais pour la première fois depuis des lunes, les gens qui ont assisté à ce combat ont vu une fraction du Bute des beaux jours, celui qui a été champion du monde des super moyens de l'International Boxing Federation (IBF) d'octobre 2007 jusqu'à ce fatidique soir de mai 2012, à Nottingham, en Angleterre.

Samedi, face à Badou Jack (20-1-1, 12 K.-O.), Bute aura l'occasion de redevenir champion du monde, alors que le titre des super moyens du World Boxing Council (WBC), détenu par le Suédois d'origine gambienne, sera à l'enjeu de la finale du gala présenté au D.C. Armory de Washington.

Ce soir de mai 2012, face au redoutable Carl Froch, Bute a perdu tous ses moyens. Après un bref sursaut contre Denis Gratchev, le Montréalais d'origine roumaine a livré l'une des pires performances de sa carrière face à Jean Pascal, en janvier 2014, peut-être le combat alors le plus attendu de l'histoire de la boxe québécoise.

Entre Pascal et Di Luisa, Bute a été en mesure de remettre sa carrière sur les rails, notamment avec l'aide des frères Howard et Otis Grant, qui ont remplacé Stéphan Larouche comme entraîneur du boxeur de 36 ans.

«C'est sûr qu'après ses mésaventures avec Carl Froch, mais surtout avec Jean Pascal, alors qu'il est allé se battre chez les mi-lourds - sincèrement, il n'avait pas d'affaire là! - et qu'il a très mal paru, ça s'est avéré un gros pas de recul, a expliqué Bernard Barré, vice-président opérations et recrutement de Groupe Yvon Michel (GYM), responsable de la venue de Bute à Montréal. Il a même douté de la suite de sa carrière. Personnellement, j'étais convaincu qu'il allait rebondir.»

«Après cela, il y a eu la séparation, poursuit Barré. Stéphan Larouche est un perfectionniste technique, un des meilleurs. Un gars de détails, au quart de pouce près. Là, d'arriver avec les Grant, qui étaient des boxeurs instinctifs et qui sont aussi des entraîneurs instinctifs - mais également super compétents - ça a apporté une nouvelle dimension à sa boxe. Ce qu'il restait à savoir, c'était s'il allait être capable de prendre toute la technique apprise avec Stéphan Larouche et d'aller chercher le petit côté instinctif des Grant et de faire un «mix» profitable avec tout ça.»

Solide contre DeGale

Le premier test face à Di Luisa s'est avéré positif, mais les amateurs de boxe - et plusieurs experts - n'y croyaient pas encore. Contrairement à Howard Grant.

«Depuis qu'il a commencé à se préparer pour Di Luisa, je savais qu'il était de retour, a rappelé Grant lors d'un entraînement public, la semaine dernière. On ne me croyait pas à ce moment-là, mais après le combat contre (James) DeGale, là, on a commencé à me croire.»

Alors que plusieurs le comptaient pour battu d'avance, Bute (32-3, 25 K.-O.) a alors offert une prestation inspirée, quoique insuffisante pour lui permettre de ravir le titre IBF maintenant propriété de l'Anglais, qui l'a emporté par décision unanime.

«Quand il a changé d'entraîneur, j'étais déçu et je l'avais dit publiquement, a rappelé Barré. Je n'étais pas certain qu'il faisait la bonne affaire. Freddie Roach, j'avais dit que c'était une erreur. J'étais convaincu que ce mariage ne fonctionnerait pas longtemps. Ça n'a tellement pas fonctionné qu'il n'a jamais fait de combat avec lui.»

«Quand il a signé avec les Grant, j'avais hâte de voir ce que ça donnerait. (...) Je suis très confiant pour son combat contre Badou Jack, qui est un boxeur contre qui Lucian peut bien paraître.»

Changer la recette

Si changer d'entraîneur n'est pas automatiquement gage de réussite, cela peut apporter les résultats escomptés.

«Parfois de changer la recette, c'est fructueux, indique Barré. Il y avait aussi de l'usure dans cette relation, autant du côté de Stéphan que de Lucian. C'est donc une nouvelle motivation: changement de gymnase, changement d'entraîneur, tu veux impressionner. Tu changes aussi de méthode d'entraînement. Quand se produisent des choses comme ça, c'est la motivation qui fait la différence. Changer un super entraîneur pour un autre, t'es dans la même ligue. Là, on sent que Lucian a trouvé une nouvelle motivation, qu'il semble renouvelé, ressuscité même. On le voit.»

«Effectivement, le discours peut être le même, mais selon celui qui le livre, il peut avoir un impact différent. C'est un peu comme dans un couple: l'usure entraîne parfois une séparation. C'est toujours délicat, car quand tu as un entraîneur de ce calibre, tu te colles dessus. Stéphan Larouche, c'est un king. Mais on est choyé au Québec, côté entraîneurs. Nous avons la crème de la crème, qu'on parle des Larouche, des Marc Ramsay ou des frères Grant.»

«Nous avons travaillé dur au cours de la dernière année. Ça a payé: une belle chimie s'est installée entre nous et nous nous comprenons bien, a déclaré Bute la semaine dernière. Je suis maintenant plus agressif dans le ring. Je bouge davantage ma tête, je laisse aller mes mains.

«Je suis très confortable avec le chemin parcouru (avec les Grant). Je me sens comme le Lucian Bute des beaux jours.»

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