Jeux équestres mondiaux : de la passion SVP!

Dans deux ans, Bromont va accueillir les Jeux... (Julie Catudal, archives La Voix de l'Est)

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Dans deux ans, Bromont va accueillir les Jeux équestres mondiaux, le plus gros événement dédié uniquement aux compétitions équestres sur la planète.

Julie Catudal, archives La Voix de l'Est

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J'aime les chevaux. En fait, qui n'aime pas les chevaux? Et en tant que journaliste, j'ai toujours du plaisir à couvrir l'International Bromont. Et je connais plein de monde qui aime assister à l'événement à chaque été.

Dans deux ans, Bromont va accueillir les Jeux équestres mondiaux, le plus gros événement dédié uniquement aux compétitions de chevaux sur la planète. Le Super Bowl des chevaux, disent certains.

Le monde aura rendez-vous à Bromont, dans notre région, en août 2018. Ça va être l'fun. Et nous devrions tous être excités.

Pourtant, ce n'est pas le cas. Même que c'est loin d'être le cas.

Depuis qu'on sait que Bromont présentera les JEM, les embûches se sont succédé sur la route des organisateurs. Et on a l'impression que ce n'est pas fini.

Bien sûr, la question du financement est au coeur de tout. On parle d'une enveloppe globale de près de 100 millions$. Le gouvernement du Québec a déjà confirmé qu'il contribuera pour 8,7 millions$ et les organisateurs des Jeux, qui ont rendez-vous lundi avec la ministre fédérale des Sports, Carla Qualtrough, espère que celui d'Ottawa sera aussi généreux.

Rencontre cruciale

La rencontre est cruciale. Même qu'on se demande comment les organisateurs des JEM vont s'en remettre si jamais le fédéral fait la sourde oreille ou si seulement il s'avère moins généreux que Québec.

Les commanditaires, on le sait, ne se bousculent pas aux portes pour encourager les Jeux. Selon le directeur général du comité organisateur, Luc Fournier, tant qu'Ottawa ne se commettra pas, les commanditaires n'embarqueront pas dans l'aventure.

Au collègue Jean-François Guillet, qui est au fait du dossier comme pas un, Fournier a indiqué que son équipe devra vendre son projet à la ministre. On ne voudrait pas irriter celui qui était à la tête des Jeux du Canada de Sherbrooke en 2013, mais son équipe devra faire un meilleur travail de vente auprès de Mme  Qualtrough qu'elle le fait auprès des Bromontois et des gens de la région.

Car une grande partie du problème des JEM est là: les Bromontois et les gens de la région, qui aiment pourtant les sports équestres, n'embarquent pas. Et tous les problèmes rencontrés par l'organisation partent de là.

Manque d'intérêt

À tous les jours, je reçois de nombreux courriels de la part des amateurs de sports et du milieu sportif régional. Mais voilà, je n'en ai encore jamais reçu de courriel au sujet des Jeux. L'intérêt, manifestement, n'est pas là. Ce qui n'est pas normal compte tenu de l'ampleur de l'événement.

Mais voilà, pourquoi n'y a-t-il pas d'intérêt? Parce que lorsqu'on entend parler des JEM, les organisateurs nous parlent de chiffres et d'argent. Ils n'ont encore jamais été capables de transmettre leur passion aux Bromontois et aux gens de la région.

Le sport, qu'on parle de hockey, de baseball ou de sports équestres, c'est une affaire de passion et d'émotion. C'est ce qu'il faut vendre aux gens. Et à cet égard, les organisateurs ont lamentablement échoué jusqu'ici.

Le projet des Jeux n'est pas rassembleur. Il le deviendra lorsque les organisateurs parleront moins d'argent et d'immobilisation, des trucs froids, et plus des merveilleux athlètes et des superbes bêtes qui vont venir chez nous, du haut niveau des compétitions au programme, d'à quel point ça va être tripant comme événement.

Nous sommes à un peu plus de deux ans des JEM. Les plus pessimistes chuchotent qu'ils n'auront jamais lieu. Chose certaine, les organisateurs ont désespérément besoin de bonnes nouvelles. Le résultat de la rencontre avec la ministre Qualtrough, s'il s'avère positif, pourrait donner un nouvel élan à Luc Fournier et à son équipe.

Mme Qualtrough est une ex-athlète. Avant d'accorder des millions de dollars à Bromont, elle voudra qu'on lui parle de chiffres, c'est clair, mais elle risque de se laisser séduire seulement si les organisateurs des Jeux réussissent à lui transmettre leur passion. Les athlètes, on le sait, carburent tous à la passion.

Il y a des Jeux à sauver. L'enjeu est grand.

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