Pour comprendre les bagarreurs

David Godbout, du Lafrenière Tracteurs de Sainte-Anne-de-la-Pérade, se... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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David Godbout, du Lafrenière Tracteurs de Sainte-Anne-de-la-Pérade, se frotte ici à Daniel Guay-Mullin, des Maroons. Il y a la bagarre et il y a ce que les amateurs ne voient pas lorsqu'ils se rendent à l'aréna.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Le reportage publié dans La Voix de l'Est de samedi sur le métier de bagarreur a relancé un vieux débat: pour ou contre les bagarres au hockey?

Les textes se sont promenés joyeusement sur les réseaux sociaux et j'ai reçu plus d'une trentaine de courriels. Si la plupart des gens ont aimé lire sur les dessous du travail de bagarreur, plusieurs n'ont pas apprécié qu'on «glorifie» les durs à cuire et ce qu'ils font.

L'auteur de ces lignes n'a pas cherché à glorifier les bagarreurs. Ce que j'ai voulu faire, c'est tenter de comprendre ce qui motive des hommes à effectuer ce sale boulot. Et j'ai voulu aller au-delà de ce que les amateurs voient quand ils se rendent à l'aréna.

J'ai été chanceux, car David Godbout et Christopher Saurette ont été extrêmement généreux. Ils se sont confiés sans gêne et sans censure, même sur des sujets comme la peur, la douleur ou, sujet délicat s'il en est un, la consommation dans leur milieu. Du coup, ils ont démontré que les bagarreurs ne sont pas des cons, qu'ils ont des choses intéressantes à raconter.

Et ce, qu'on soit d'accord ou non avec ce qu'ils font, qu'on soit d'accord ou non avec ce qu'ils disent. Disons qu'on était loin, en fin de semaine, «du puck qui n'a pas roulé pour nous autres» et autres «on a travaillé fort».

Ce que j'ai compris de mes entrevues avec Godbout et Saurette, c'est qu'ils se battent pour s'exprimer. Comme un marqueur de 50 buts ou comme un artiste. Puisqu'ils n'ont pas le talent pour marquer des buts ou qu'ils ne sont pas des peintres ou des chanteurs, ils se battent.

Saurette a bien expliqué ce qu'il ressent: «Quand je me bats, je ne me sacrifie pas, j'ai du fun. En fait, je me sens tellement, tellement en vie quand je jette les gants. Mon coeur bat à 100 milles à l'heure, j'ai l'adrénaline au plafond. C'est un feeling absolument indescriptible!»

Un marqueur vous dira qu'il ressent la même chose lorsqu'il enregistre un gros but et un chanteur vous dira qu'il ressent aussi la même chose quand il monte sur scène. C'est juste que se battre, ça paraît moins bien. C'est moins subtil comme exercice.

Mais voilà, il y a du monde qui aime voir ça. Beaucoup de monde à part ça. Je ne crois pas qu'il y ait des amateurs qui se rendent aux matchs des Maroons uniquement pour voir des bagarres, mais c'est clair qu'il y en a plusieurs qui n'iraient pas si ça ne se battait pas du tout.

Et voilà pourquoi des gars comme David Godbout et Christopher Saurette sont populaires, plus populaires que de nombreux coéquipiers nettement plus talentueux qu'eux. Les bagarreurs au hockey existent, c'est une réalité. Et c'est pourquoi on en a parlé. Pour comprendre, d'abord et avant tout. Et après être allé faire un tour dans la tête de deux durs à cuire, je comprends déjà mieux.

Pour ou contre?

La question qui tue: est-ce que je suis pour ou contre les bagarres au hockey?

J'ai commencé à regarder le hockey à la télé au milieu des années 70 alors que toutes les équipes de la Ligue nationale avaient une couple de bagarreurs dans leur alignement. J'ai vu les Broad Street Bullies de Philadelphie, les Big Bad Bruins de Boston, j'ai vu Pierre Bouchard être un héros avec le Canadien, j'ai vu Chris Nilan être archipopulaire dans l'uniforme tricolore.

Bref, une bagarre entre deux hommes consentants (le mot consentant est important ici) ne me scandalise pas, loin de là. Ce que je n'aime pas, ce sont les coups vicieux ou les foires, comme on en voit parfois dans le senior. Mais je supporte assez bien une bonne bagarre.

Ceci dit, je n'ai vraiment pas besoin de ça pour apprécier un match de hockey. À preuve, je couvre avec bonheur les activités des Inouk et il y a environ une bagarre par mois dans la Ligue de hockey junior du Québec!

Contrairement à la plupart des autres sports, le hockey se joue avec des variantes d'un circuit à l'autre. Il y a celui qui brasse, comme celui du senior, et il y a celui plus propre, plus clean, celui qu'on voit maintenant un peu partout.

En bout de ligne, aux amateurs de choisir le genre de hockey qu'ils préfèrent. Mais voilà, il y a aussi moyen d'apprécier les deux.

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