Christopher Saurette: se sentir en vie

Christopher Saurette.... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Christopher Saurette.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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(Granby) Christopher Saurette se décrit comme un homme foncièrement pacifique. «Avant de me joindre aux Maroons cette saison, je ne m'étais jamais battu!», dit-il le plus sérieusement du monde.

Contrairement à David Godbout, Saurette a fait ses classes au hockey mineur. Et il tient à préciser qu'il a toujours joué au niveau double lettre, que ce soit avec les Vics, l'Avalanche ou encore avec les défunts Cyclones de Saint-Cyrille, dans le junior AA.

Il ne s'est jamais battu avant les Maroons... mais il voulait le faire. Et il en a parlé avec Samuel Cloutier, qui allait devenir son coéquipier.

«J'ai été invité au camp d'entraînement et je me suis battu trois fois en matchs préparatoires, raconte-t-il. J'ai dû être pas pire parce que Michel Deschamps (le directeur général et entraîneur) m'a fait une place dans l'équipe. J'étais content, très content. Et depuis, je tripe comme un p'tit fou!»

À 175 livres (sur 6'), il concède plus souvent qu'autrement des dizaines de livres à ses adversaires. Chez les Maroons, on vante son courage.

«Je ne sais pas si on peut parler de courage parce que j'aime vraiment ce que je fais. Quand je me bats, je ne me sacrifie pas, j'ai du fun. En fait, je me sens tellement, tellement en vie quand je jette les gants. Mon coeur bat à 100 milles à l'heure, j'ai l'adrénaline au plafond. C'est un feeling absolument indescriptible!»

«Une espèce de vedette»

Christopher Saurette, 25 ans, est un travailleur de la construction. Il affirme que le regard que les gens posent sur lui a changé depuis qu'il joue avec les Maroons.

«Les Maroons, c'est gros. À notre dernier match, il y avait 1200 personnes dans l'aréna, c'était ben plein. Et probablement que la moitié de ces gens-là étaient là pour les batailles, parce que David Godbout avait promis de l'action. Les durs à cuire ont un statut spécial. Plusieurs me voient maintenant comme une espèce de vedette. Ça donne confiance en soi.»

Lors de ce fameux match opposant les Maroons au Groupe Lafrenière Tracteurs, Saurette a jeté les gants devant Godbout. Mais il n'y a pas eu autant d'action que le public l'aurait espéré. Cette semaine, les deux bonshommes se sont revus à La Voix de l'Est pour une séance de photos et la rencontre a été très cordiale.

«Je respecte David, comme je respecte tous les gars qui font ce job-là. On a beau aimer ça, c'est plus dangereux qu'être agent d'assurances, on s'entend. On se bat, mais personne ne veut fracturer le crâne de personne. Après tout, on travaille tous le lundi matin...»

Il affirme être chanceux puisqu'il n'a jamais été véritablement ébranlé jusqu'ici.

«Je n'ai jamais été blessé pour vrai. C'est certain que je commence, je n'ai pas encore une saison au complet dans le corps. Je me prépare en faisant de la visualisation. Et je commence à le faire très tôt dans la semaine. Il faut que je sois prêt parce que c'est ma peau que je joue.»

«Se battre, c'est pur»

Christopher Saurette aime le hockey. Et il déteste ces discussions au sujet de l'abolition des bagarres.

«Les bagarres font partie de la game, mais ça va bien plus loin que ça, souligne-t-il. Deux gars qui se battent, je trouve ça beau parce que c'est pur. Se battre, c'est la base de tout. Moi, je me bats sur la glace, mais d'autres se battent contre la maladie alors que d'autres le font contre le système. Se battre, c'est la vie et nous, les durs à cuire, nous en sommes simplement la représentation en chair et en os.»

Et il entend continuer à le faire longtemps. Très longtemps, espère-t-il.

«Mais il y a une chose: le hockey est un sport d'équipe et il faut que je sente que j'apporte quelque chose à mon club. Des fois, j'intimide un adversaire simplement par un regard. Et ça, ça peut aider un de mes coéquipiers de talent à avoir la paix sur la patinoire. Le jour où je sentirai que je suis uniquement là pour le show, je risque de décrocher...»

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