Baseball féminin : «La discrimination existe encore»

Aujourd'hui, le baseball féminin est bien représenté dans... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Aujourd'hui, le baseball féminin est bien représenté dans pratiquement toutes les régions du Québec et ça, c'est une grosse avancée. On avance, mais il y a encore beaucoup de travail à faire...», explique Lucie Fontaine.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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(Granby) Elle a son sport tatoué sur le coeur. Et elle en a fait beaucoup au cours des cinq années où elle a assuré la présidence du comité de baseball féminin de Baseball Québec. Mais voilà, Lucie Fontaine a l'impression qu'il est temps de passer le flambeau à quelqu'un qui réussira peut-être à amener le sport encore plus loin.

Pendant son séjour à la tête du comité de baseball féminin, la Granbyenne a vu le nombre de filles embrasser le baseball augmenter considérablement. Pour vous donner une idée, elles étaient 1952 en 2014; elles sont aujourd'hui 3010!

«C'est une grande fierté, c'est clair, explique Mme Fontaine. Aujourd'hui, le baseball féminin est bien représenté dans pratiquement toutes les régions du Québec et ça, c'est une grosse avancée. On avance, c'est vrai, mais il y a encore beaucoup de travail à faire...»

Car elle aurait voulu en faire encore plus. En ce sens, elle n'a pas l'impression d'être allée au bout des objectifs qu'elle s'était fixés.

«Il y a encore trop de discrimination, dit-elle. Il y a encore trop de filles qui n'ont pas la chance de jouer dans le A simplement parce qu'elles sont... des filles. Et il y a encore trop de gens qui lèvent le nez sur le baseball féminin. Selon moi, frapper une balle, attraper une balle et courir, ça n'a pas de sexe. Mais ce n'est pas encore l'opinion de tout le monde.»

Mme Fontaine, qui est la mère d'Émilie Laliberté, la meilleure joueuse de balle en ville, a amené de beaux événements de baseball féminin à Granby. Chez elle, dans sa cour, elle a réussi à convaincre bien des gens de la qualité de baseball joué par les filles.

«Mais c'était toujours un gros défi. Il fallait intéresser les médias, puis les commanditaires et ce n'était jamais gagné d'avance.»

Le combat d'une vie

Lucie Fontaine l'avoue: le combat qu'elle a engagé pour le baseball féminin, c'est celui d'une vie.

«On a beau être en 2015, la discrimination, ça existe encore, et l'égalité des chances, c'est un beau principe qui n'est pas toujours appliqué. Encore cet été, j'ai entendu un entraîneur dire devant moi, dans ma face: "Une fille, ça joue dans le B, ça n'a pas d'affaire dans le A! " Moi, je suis dans le baseball, mais je sais que des garçons sont écartés en patinage artistique et en gymnastique. Notre société évolue, mais tout est encore loin d'être parfait...»

Mme Fontaine cède sa place en espérant que la personne qui va lui succéder aura des idées neuves pour faire progresser son sport.

«Je n'ai pas le monopole des bonnes idées. Et il y a assurément une couple d'affaires auxquelles je n'ai pas pensé qui pourraient aider le baseball féminin à avancer.»

Elle l'admet aussi: elle est fatiguée. Se battre, ça épuise.

«Je serai toujours là pour mon sport. Mais l'été prochain, je vais aller au baseball pour le plaisir et quand j'en aurai envie seulement. Et je vais regarder pousser mes fleurs. Oui, j'ai besoin de me reposer un peu...»

Elle reviendra un jour au baseball, n'ayez crainte. Et elle se verrait bien maraine de la première équipe de baseball féminin de Granby... 

«Je me retire, mais j'ai encore plein de rêves pour mon sport», conclut-elle.

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