Où s'en va la LHJQ?

Jacques Laporte, nouveau commissaire de la LHJQ, à... (archives Le Nouvelliste)

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Jacques Laporte, nouveau commissaire de la LHJQ, à l'époque où il dirigeait les Patriotes de l'UQTR.

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À six heures lundi matin, le service des communications de la Ligue de hockey junior du Québec a annoncé que Jacques Laporte avait été nommé commissaire du circuit. Clairement, le comité exécutif a fait un choix judicieux, Laporte étant un bon homme de hockey. Son CV le prouve clairement.

Laporte a longtemps été associé à la LHJQ à titre de propriétaire, directeur général et entraîneur du défunt National de Joliette. Mais il doit surtout sa crédibilité aux succès qu'il a remportés derrière le banc des Patriotes de l'Université du Québec à Trois-Rivières, qu'il a conduits à deux conquêtes du championnat canadien au début des années 2000.

Donc, Laporte est un bon choix. Et on souhaite ardemment qu'il ait envie de s'investir à fond dans son nouvel emploi. Car la somme de travail qui l'attend est tout à fait colossale!

La LHJQ n'a jamais paru aussi vulnérable, aussi fragile. Au point où on peut se demander si elle sera là encore longtemps.

Le circuit fonctionne à 12 équipes cette saison à la suite du départ de Sherbrooke et de Saint-Hyacinthe vers le hockey collégial. Si les Lauréats ne représentent pas une grosse perte, celle des Cougars, une organisation très crédible, fait mal. Sans compter qu'elle isole dans son coin le Titan de Princeville, une équipe qui ne bat déjà pas des records d'assistance.

À la fin de la dernière saison, les Maroons de Lachine ont déménagé à Gatineau et les Condors de Kahnawake, à Chambly. À voir le taux de fréquentation des arénas de Gatineau et de Chambly, il semble que deux canards boiteux ont simplement été remplacés par deux autres canards boiteux. Les plus pessimistes avancent même que les Flames, qui ont un budget d'opération plus important que tout le monde en raison de leur éloignement géographique, vont avoir de la misère à passer à travers l'hiver. Faudra voir.

Remarquez que, de façon générale, on ne se bouscule pas aux guichets des arénas de la LHJQ. Même les Inouk, cette saison, ont de la misère à mettre du monde dans le centre sportif Léonard-Grondin. Valleyfield, longtemps une concession forte du circuit, n'attire plus. Saint-Jérôme a encore des foules décentes, mais ce n'est plus ce que c'était.

Sainte-Agathe, la meilleure équipe de la LHJQ, attire à peine 314 personnes en moyenne par match. C'est vous dire!

Couverture locale

La LHJQ n'a jamais aussi peu intéressé les médias nationaux, ce qui représente un gros problème. Le circuit est couvert localement, uniquement. À Granby, les Inouk ont le très grand privilège d'être couverts par un quotidien, une station de radio et un hebdo. Mais la majorité des équipes sont chanceuses quand l'hebdo local, souvent le seul média sur leur territoire, daigne leur offrir un court texte de temps en temps.

Avec raison, la montée du hockey collégial inquiète les gens de la LHJQ. Le hockey scolaire a la cote et il n'est pas dit que, éventuellement, d'autres équipes n'imiteront pas Sherbrooke et Saint-Hyacinthe. Les propriétaires des Inouk affirment n'avoir aucun intérêt pour le collégial, mais il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée...

La LHJQ offre du hockey de qualité. Encore vendredi, on a eu droit à un excellent match au centre sportif Léonard-Grondin alors que les Inouk ont vaincu les Cobras de Terrebonne en tirs de barrage. Mais sauf dans des villes comme Granby et Saint-Jérôme, très peu d'amateurs sont au courant qu'il se joue du bon hockey dans ce circuit, plongé de plus en plus dans l'anonymat.

Malgré tout, la LHJQ reste la meilleure option pour Granby, du moins à l'heure où on se parle. Oubliez la Ligue de hockey junior majeur du Québec (en partant, le centre sportif Léonard-Grondin est trop petit), oubliez la Ligue nord-américaine (qui représente un énorme risque financier) et oubliez la Ligue midget AAA (où les concessions bougent rarement). Bref, le choix est très restreint.

Tout de même, il faut se poser la question: où s'en va la LHJQ? Car non, ça ne va pas bien. Et il faudrait que ses dirigeants s'en rendent compte avant qu'il ne soit trop tard.

Oui, on dit bienvenue au nouveau commissaire Laporte. Et surtout, on lui souhaite bonne chance. Il en aura besoin.

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