Repousser ses limites, entre ciel et terre

Serge Blouin, un parachutiste de Farnham, participera aux... (Photo Fournie par Serge Blouin)

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Serge Blouin, un parachutiste de Farnham, participera aux compétitions de la Coupe du monde de pilotage de voilure. Sur la photo, il exécute l'épreuve de précision.

Photo Fournie par Serge Blouin

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Farnham) Une compétition hors du commun s'installe à Farnham. Les spectateurs en auront plein les yeux, alors que 80 compétiteurs de 23 pays tenteront de décrocher l'or à la Coupe du monde 2015 de pilotage de voilure.

La compétition commence officiellement demain et se poursuit jusqu'à samedi.

Qu'est-ce que le pilotage de voilure? Ce sont des parachutistes n'ayant pas froid aux yeux qui manoeuvrent leur voilure à l'intérieur de trois épreuves (vitesse, précision et distance). Les pilotes, comme on les appelle, se jettent hors de l'avion à 5000 pieds dans les airs et doivent contrôler leur parachute de haut niveau pour voler à cinq pieds du sol sur une certaine distance.

La vitesse est calculée par des rayons laser positionnés à six pieds du sol. En fait, de l'eau, puisqu'un bassin a été aménagé par l'école de parachutisme Nouvel-Air, qui a été choisie par la Fédération aéronautique internationale (FAI) il y a deux ans pour la tenue de cette compétition mondiale.

«On a dû creuser un étang d'eau qui se trouve à agir comme filet protecteur, explique Daniel Paquette, l'un des propriétaires de l'école. Parce que s'ils manquent leur coup, c'est un filet.» Les pilotes évoluent à une vitesse allant de 110 à 145 kilomètres à l'heure, selon Serge Blouin, de Farnham, instructeur et compétiteur.

La précision est une épreuve où les pilotes doivent toucher certaines cibles, au sol comme avec le pied sur l'eau, et atterrir à des endroits déterminés. Les points attribués varient selon les cibles.

à l'entraînement

Certains participants sont arrivés depuis deux semaines et se pratiquent déjà. Depuis le week-end, ils sont tous là à l'entraînement.

Au gré du vent, les parachutistes seront une vingtaine dans chaque avion et ils sauteront cinq à la fois, si bien que les spectateurs ne connaîtront pas de temps morts. À moins que les vents en décident autrement.

«C'est sûr qu'ils sont importants, affirme M. Paquette. On est assez limités par les vents. C'est sept mètres par seconde les vents maximum tolérés. Sinon ça devient dangereux.»

Qu'ils viennent d'Espagne, d'Italie, d'Ukraine, de Bolivie, de France, de Norvège, de Dubaï, d'Australie ou de l'Amérique du Sud, les pilotes tenteront tous de se surpasser. Ils en profiteront pour voir où ils se classent mondialement en vue du Championnat du monde, plus grosse compétition dans ce sport, qui se tiendra l'an prochain... à Farnham!

«Les gens viennent se mesurer pour voir où ils se classent, ils veulent savoir leur position, ils veulent voir les nouveaux développements. Il y a des pilotes qui arrivent avec des voilures expérimentales. Les gens sont toujours en préparation pour le Championnat du monde. La Coupe du monde est une compétition importante pour l'année prochaine.»

comme la formule 1

«Pour les parachutistes [ce sport est] un peu comme une course de Formule 1, compare M. Paquette. C'est une vitesse extrême, c'est réellement très précis et très pointilleux. On espère qu'il n'y aura pas d'accident, mais ça peut causer des accidents. Une infime erreur peut en causer... comme la course automobile. On joue avec des limites. Chaque pilote connaît bien ses limites, mais souvent en compétition on essaie de les pousser un peu pour en sortir vainqueur.»

L'accès est gratuit pour les spectateurs, qui ne regretteront pas d'y être allés. «C'est une compétition qui, pour les spectateurs, est très le fun, parce qu'on le voit, note-t-il. Ça se passe devant nos yeux et c'est spectaculaire. On les entend, les voilures qui coupent le vent, ça cille! Comme une Formule 1.»

Il leur sera d'ailleurs possible de parler aux pilotes, dont trois Canadiens. Un troisième s'est ajouté à la compétition dernièrement. Serge Blouin fait partie de ce trio et tentera d'obtenir le meilleur pointage chez lui.

blouin à la maison

Celui qui a participé à trois Coupes du monde a été blessé à Dubaï, où il a été hospitalisé. Lors d'une épreuve, il a heurté l'eau avec son tibia. Au bout de 24 h, les muscles sont devenus durs comme de la roche. Il a dû être opéré d'urgence et s'est entraîné tout l'hiver pour retrouver les pleines fonctions de sa jambe.

Il est maintenant en pleine forme.

«Je me pratique ici, je connais la place, mais comme je travaille ici, je dois me concentrer encore plus.» Il doit par exemple refuser de faire des sauts en tandem durant une certaine période pour se concentrer sur la compétition.

Quatre-vingts compétiteurs, leurs accompagnateurs, les juges internationaux, ça en fait du monde. Les retombées seront notables pour la région et celle de Saint-Jean-sur-Richelieu, où ils sont logés.

«Je pense que la faiblesse du dollar canadien a fait en sorte qu'on a eu beaucoup de visiteurs, que beaucoup de personnes de l'étranger qui sont venues accompagnées. Ils trouvent que ce n'est pas cher le Canada, ils sont bien contents, remarque Daniel Paquette. C'est un plus pour nous autres. Jusqu'à date, on n'a que des bons mots.»

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