Défi vision à l'autodrome : conduire à l'aveuglette

La course était excitante et les coureurs ont... (photo Julie Catudal)

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La course était excitante et les coureurs ont pu ressentir une importante montée d'adrénaline, lors du 28e Défi-Vision tenu hier soir à l'Autodrome Granby.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Une ambiance de fête tout à fait spéciale planait à l'Autodrome Granby, hier soir, alors qu'une foule monstre regardait une quarantaine de voitures avancer à un maximum de 35 km/h. La course était excitante et les coureurs et leur copilote ont pu ressentir une importante montée d'adrénaline. Il s'agissait du 28e Défi-Vision, au profit de la Fondation Mira.

L'événement a certainement atteint son objectif de remettre 50 000$ à la Fondation Mira. Avant la course, 48 000$ avaient été amassés et, avec les fonds recueillis dans les gradins pleins à craquer, l'équipe réussit généralement à récolter 5000$.

Le début de la course avait toutes les allures d'une séance d'autos tamponneuses. Le défi pour les non-voyants, derrière le volant et guidés par une personnalité ou un ami, était d'abord de se sortir du peloton de départ.

Les oh! et les ah! étaient nombreux en voyant les prodiges, mais aussi les impacts entre les véhicules. Une voiture avait un petit goût de bonheur, alors qu'un couple de futurs mariés y prenait place. Par contre, leur course s'est arrêtée pour eux avec de la fumée sous le capot avant la fin de l'épreuve.

«J'ai trop aimé ça la première fois!», a raconté la chanteuse Nadja avant de prendre la piste pour une deuxième année de suite. Enthousiaste, elle a même invité des amis à participer, comme Valérie Carpentier. Mais à quelques minutes de l'épreuve, casque en main, elle ressentait une petite frousse. Avec raison puisque la voiture dans laquelle elle prenait place a été violemment percutée par l'arrière par le #36 durant la course.

La discipline était de mise pour arriver à terminer la course. Des pare-chocs parsemaient la piste. Des voitures, déjà récupérées du rebut, y sont retournées en amas de tôle.

Valérie Carpentier en était à sa première expérience. Elle s'est dite nerveuse «parce que je ne sais pas conduire et qu'il faut que je dise à quelqu'un quoi faire. Je suis du genre à dire oui à n'importe quoi. Je suis du genre "let's go les défis"! Habituellement j'ai beaucoup de plaisir et j'ai les mêmes espoirs pour ici. En plus, c'est pour une bonne cause. Au pire, je vais mourir», a-t-elle lâché en éclatant de rire.

Elle venait tout juste de rencontrer un non-voyant tellement ravi de la rencontrer qu'il en était sans mots.

brochette de vedettes

La brochette d'artistes et de politiciens était importante pour l'occasion. Mario Jean, porte-parole de l'événement pour la deuxième année consécutive, avouait avoir eu peur à quelques occasions durant l'épreuve puisque son pilote avait le pied pesant.

«C'est difficile dans le feu de l'action, faut réagir assez vite», a indiqué l'humoriste en entrevue.

«Je lève mon chapeau aux pilotes, a complimenté la comédienne Pascale Montpetit, qui participait à l'événement pour la première fois et qui a appris à conduire seulement à l'âge 35 ans. J'ai su que (mon pilote) a vécu très longtemps avec un chien-guide et qu'il doit s'en trouver un. De savoir qu'il a un besoin précis, ça me touche.»

François Bonnardel, député de Granby, commence pour sa part à avoir de l'expérience au Défi-Vision.

 «Le truc c'est qu'il faut faire ça simple avec le pilote, conseille-t-il. C'est pas pour rien qu'on l'appelle la course la plus folle au monde!»

Parmi les histoires du Défi-Vision, celle de François Fournier est marquante. Le quinquagénaire a perdu la vue il y a cinq ans, alors qu'il était dans le coma. Il avait été brûlé sévèrement sur 95% de son corps. Hier, celui qui était un gars d'adrénaline et un amateur de voitures de sport et de motos, conduisait pour la deuxième fois depuis la perte complète de sa vision.

«Les yeux, c'est une grosse perte. Quatre-vingts pour cent de ce que tu apprends, c'est par les yeux, 80% de ce que tu fais, c'est avec les yeux. Je sais qu'un jour, je vais voir à nouveau. L'espoir, ça fait vivre.» Il a déjà tenté une greffe de cellules souches, mais l'opération n'a pas fonctionné.

Normand Laporte et son copilote, Marc-André Girouard, ont remporté l'épreuve, mais peu importe ce qui arrive, le gagnant, c'est Mira.

 

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