«Une très belle expérience»

«J'aurais aimé revenir avec l'or, mais il n'y... (photo Janick Marois)

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«J'aurais aimé revenir avec l'or, mais il n'y a pas de honte à gagner l'argent, surtout à la suite d'une défaite face aux Russes», lance Patrick Bergeron.

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(Granby) Patrick Bergeron a beau être sur le décalage horaire, il a beau avoir fait un voyage de plus de trente heures en avion afin de regagner le Québec, il a le sourire facile. Normal, direz-vous, puisqu'il vient de remporter la médaille d'argent en compagnie de l'équipe nationale de hockey des sourds et malentendants aux Jeux olympiques pour les sourds, qui étaient disputés en Russie.

Les Deaflympics, comme plusieurs les appellent, sont les plus anciens Jeux paralympiques au monde. La version hivernale rassemble cinq disciplines: le curling, le ski alpin, le ski de fond, le snowboard et, bien sûr, le hockey. Vingt-sept pays ont participé aux derniers Jeux, qui avaient lieu à Khanty-Mansiïsk, en Sibérie. L'événement, qui a lieu tous les quatre ans, s'adresse aux athlètes ayant un déficit auditif de moins de 55 décibels. Les épreuves sont présentées sans aide auditive.

«Je viens de vivre une très belle expérience, a lancé coach Bergeron, de passage à La Voix de l'Est hier après-midi. J'aurais aimé revenir avec l'or, mais il n'y a pas de honte à gagner l'argent, surtout à la suite d'une défaite face aux Russes. Mais il y a tout l'élément culturel aussi: voir la Russie, c'est spécial.»

Et Bergeron a aimé ce qu'il a vu, même si ce n'était pas Moscou, située à trois heures et demie d'avion de Khanty-Mansiïsk.

«Khanty-Mansiïsk est une ville ouvrière, pas particulièrement riche, avec une population qui travaille à l'usine, dans les mines et sur les bateaux. Mais les gens sont chaleureux, très accueillants. Et les Canadiens sont appréciés là-bas. Sauf à l'occasion du match de finale, contre les Russes, nous étions l'équipe favorite des amateurs locaux.»

Bergeron a quand même été témoin d'une situation particulière.

«Malgré leur conflit avec les Russes, les Ukrainiens ont participé aux Jeux. Et on a vu de drôles d'affaires. Comme les athlètes ukrainiens qui tournent le dos à l'hymne national de Russie sur le podium, ou ces mêmes athlètes qui refusent d'être desservis par des Russes à la cafétéria. C'était particulier, mais il n'y a pas eu de violence.»

Mais revenons au hockey. L'équipe de Bergeron et de Donald McKee a remporté ses quatre matchs de la phase préliminaire avant de perdre en finale face aux Russes. La formation canadienne a joué de l'excellent hockey... jusqu'au duel ultime, qu'elle a perdu 6-3.

«Le pire, c'est qu'on avait battu les Russes 2-1 la veille de la finale! Mais nous avions une équipe jeune et, devant plus de 8000 personnes en finale, la commande était grosse. La jeunesse du club fera toutefois qu'on sera bons longtemps.»

Il n'y avait aucun Québécois au sein de l'équipe. Les joueurs du Canada venaient essentiellement des niveaux universitaire, junior A et midget AAA, mais il y avait aussi d'ex-professionnels qui ont fait carrière en Europe.

Entraîneur en chef?

Patrick Bergeron, qui est responsable du programme de hockey à l'école secondaire Massey-Vanier, a appris que le vétéran Donald McKee ne sera pas de retour en tant qu'entraîneur associé de l'équipe nationale. Et l'homme de hockey de Roxton Pond a fait savoir qu'il était intéressé à poursuivre l'aventure et qu'il était prêt à être entraîneur-chef.

«J'ai vécu de très belles expériences jusqu'ici avec l'équipe nationale. J'ai fait le tour de l'Europe avec la formation, j'ai gagné des médailles, j'ai appris beaucoup. Bien sûr, d'être associé au programme national paraît bien dans un curriculum vitae. On verra bien...»

Bergeron, on le sait, a dirigé les Inouk et l'Arctic de Saint-Léonard dans la Ligue de hockey junior du Québec ainsi que le Nordik de Cowansville dans le junior AA. Et il n'attend que l'occasion de rebondir à nouveau.

«Je suis prêt à écouter toutes les offres intéressantes», a-t-il conclu.

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