Éloïse Picard, une fille qui a du punch

C'est à 13 ans qu'Éloïse (à droite) a vraiment... (photo fournie)

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C'est à 13 ans qu'Éloïse (à droite) a vraiment eu la piqûre pour les sports de combat après avoir vu le film Million Dollar Baby.

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Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) L'Alphonsoise vise à faire des débuts professionnels en arts martiaux mixtes en 2015 GRANBY - Surnommée «Nightmare», Éloïse Picard aime faire vivre un véritable cauchemar à ses adversaires lorsqu'elle grimpe dans une arène.

À 7 ans, elle renversait déjà ses premières rivales de judo sur le tatami. Mais c'est à 13 ans qu'elle a vraiment eu la piqûre pour les sports de combat après avoir vu le film Million Dollar Baby mettant en vedette Hilary Swank.

«Après avoir vu le film, je me rappelle être immédiatement allée voir mon père pour lui dire que je voulais faire de la boxe, raconte Éloïse en riant. J'ai su dès ce moment que je voulais devenir une athlète professionnelle.»

Un rêve qu'elle a réalisé en août dernier avec son tout premier combat en boxe professionnelle. L'issue a toutefois été moins idyllique puisqu'elle a perdu son duel de quatre rounds par décision unanime face à la Manitobaine Judit Pereira.

«J'étais sûre que j'avais gagné, mais les juges n'ont pas accordé les points comme je le pensais. J'ai tout de même vraiment aimé ça. J'étais très contente d'atteindre l'objectif que je m'étais fixé», note-t-elle.

Mais l'athlète de 22 ans n'est pas sortie indemne de son affrontement. «J'ai eu à dealer avec plusieurs blessures par la suite. J'ai explosé tous les tissus mous de ma main et ça a pris du temps avant que ça guérisse. J'avais aussi une blessure à la cheville et j'ai donc pris une pause pour me remettre de mes petits bobos», indique Éloïse, qui a recommencé à s'entraîner en novembre dernier.

Il faut dire que la combattante est habituée à repousser les limites de son corps. À l'âge de 17 ans, elle a notamment lutté contre une malformation de sa colonne qui aurait bien pu la garder à l'écart du ring pour toujours.

«J'ai subi une grosse opération et j'ai été un an sans pouvoir pratiquer des sports de combat, mais j'y suis vite revenue. Ça m'a juste confirmé que c'est ça que je voulais faire dans la vie», lance-t-elle.

Place aux combats ultimes

Pour 2015, elle souhaite maintenant effectuer un retour en arts martiaux mixtes. Au niveau amateur, Éloïse avait déjà disputé quelques combats, conservant une fiche de deux victoires et trois défaites.

Elle avait remporté son dernier duel en juin 2013 en poussant son adversaire à l'abandon à la suite d'une pluie de coups. Cette année, elle aimerait faire ses débuts chez les pros dans la catégorie des 125 livres.

«Je suis présentement en négociation pour un premier combat à London en mars. J'ai aussi une autre possibilité de me battre en juin à Québec dans la Ligue d'arts martiaux mixtes du Québec (LAMMQ).»

Éloïse devra cependant apporter quelques ajustements à sa technique puisque les arts martiaux mixtes permettent autant les coups de pied que les projections au sol.

«Je suis plus une fille de striking. Mon point fort, c'est la boxe. Il va donc falloir que je travaille mon combat au sol et que je m'améliore en lutte», a admis Éloïse.

Un aspect sur lequel elle met beaucoup de temps en ce moment à l'école sherbrookoise Nomad de jiu-jitsu brésilien. L'athlète de St-Alphonse s'y entraîne plusieurs fois par semaine alors qu'elle poursuit des études sportives et internationales à l'Université Bishop's.

«J'aimerais bien devenir psychologue sportif. J'ai plusieurs plans pour le futur au cas où il m'arriverait une bad luck au niveau physique. Je n'écarte pas non plus l'idée d'ouvrir un gym un jour», dit-elle.

Et puis, peu importe la discipline de combat, la véritable lutte pour les femmes est souvent de se tailler une place dans ce milieu d'hommes.

«C'est difficile et facile en même temps, nuance Éloïse. C'est difficile de commencer et de faire se place parmi les gars. Mais après ça, vu qu'on n'est pas beaucoup de filles à en faire, quand tu finis par percer et te faire reconnaître, c'est plus facile de s'entourer de bons entraîneurs.»

Mais les filles ne sont pas légion autant en boxe qu'en combat ultime. «Ce n'est pas toujours évident d'avoir des combats puisque les adversaires sont assez rares.»

Les choses sont toutefois en train de changer alors que les combattantes occupent une place de plus en plus importante au sein de l'Ultimate Fighting Championship (UFC), l'équivalent de la LNH pour les arts martiaux mixtes.

Après les poids coqs qui misent sur sa championne bien connue Ronda Rousey, l'UFC a récemment ajouté une nouvelle catégorie féminine, les poids pailles pour les combattantes de 115 libres.

«Ça se développe de plus en plus. C'est vraiment bien de voir ça, mais il manque encore plusieurs catégories de poids par rapport aux gars. Il y a encore du chemin à faire, mais ça s'en vient», croit Éloïse.

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