Jean Béliveau : dans une classe à part

La nouvelle du décès de Jean Béliveau a... (photo Julie Catudal)

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La nouvelle du décès de Jean Béliveau a été accueilli avec tristesse par le couple formé des Granbyens Marcel St-Onge et Marie-Claude Delisle, eux qui ont le privilège de vivre des moments privilégiés en compagnie de l'ancien capitaine de la Sainte-Flanelle.

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Granby) Jean Béliveau laisse dans le deuil des générations d'amateurs, mais aussi de nombreux individus ayant eu le privilège de le côtoyer pour une raison ou une autre. Différents intervenants de la région ont tenté d'illustrer le vaste héritage laissé par la légende du Tricolore.

Si ses performances sur la patinoire lui ont permis de mériter dix bagues de la Coupe Stanley à titre de joueur et d'atteindre le second rang de la colonne des marqueurs du Canadien, plusieurs n'ont pas manqué de souligner la grandeur de l'homme caché derrière ce formidable athlète.

La nouvelle du décès de Jean Béliveau a d'ailleurs été accueillie avec tristesse par les Granbyens Marcel St-Onge et Marie-Claude Delisle. Le couple a pu vivre des moments privilégiés en compagnie de l'ancien capitaine de la Sainte-Flanelle. Une lettre envoyée par M. St-Onge en 2009 a permis le développement d'une correspondance semi-régulière avec «Gros Bill».

Alors que l'enseignant en éducation physique voulait simplement obtenir une photo et quelques autographes, il aura finalement eu l'occasion de se rendre à une dizaine de reprises au domicile de M. Béliveau, dont il vante la grandeur d'âme, l'intégrité et la capacité d'écoute. Durant ces rencontres, les deux hommes ont pu échanger sur une variété de sujets, et ce, bien au-delà du hockey. «C'était vraiment des moments magiques et enrichissants. [...] Je ne l'ai jamais entendu parler en mal de qui ou de quoi que ce soit», affirme l'employé de l'École de la Haute-Ville de Granby.

«Cadeau du ciel»

Après avoir fourni une occasion semblable à son père, M. St-Onge a rencontré Jean Béliveau de nouveau à l'automne 2013, en compagnie de sa femme Marie-Claude cette fois-ci. S'il était visiblement diminué par deux ACV et d'autres ennuis physiques, M. Béliveau a tenu à aborder la question de la maladie avec Mme Delisle, qui a dû combattre un cancer du sein l'ayant tenue à l'écart du travail durant plus d'an. «Pour moi, ça a vraiment été un cadeau du ciel. C'était un honneur de serrer la main d'un si grand homme», raconte la grande amatrice du Tricolore, ayant notamment assisté à la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien en 1979.

Le couple a tenu à faire part de ses condoléances à la famille Béliveau hier. «Je crois qu'on perd un grand ambassadeur sportif et humain», estime Marcel St-Onge.

La classe d'un gentleman

Le bénévole Gilles Rouseau, impliqué dans le sport local depuis plus de 40 ans, garde de bons souvenirs de Jean Béliveau. Son frère Robert «Bobby» Rousseau a évolué pour le Canadien aux côtés du numéro 4 durant dix saisons, soit entre 1960 et 1970. C'est d'ailleurs avec fierté que le Bromontois a constaté la présence régulière de son frère cadet sur les montages récapitulatifs diffusés depuis l'annonce du décès du légendaire numéro 4.

En tant qu'ancien professionnel du golf, Gilles Rousseau a plusieurs fois participé au tournoi-bénéfice qu'organisaient Jean Béliveau et l'icône des Sabres de Buffalo Gilbert Perreault à Victoriaville. Au terme d'une victoire dans le cadre de cet événement-bénéfice, M. Rousseau se rappelle avoir été honoré par le grand ambassadeur du Tricolore, qu'il qualifie de «vrai gentleman».

Il faut dire que l'histoire qui unit les familles Rousseau et Béliveau ne date pas d'hier. À l'automne 1953, Gilles partait pour Québec en compagnie de ses frères Guy et Jean afin de prendre part au camp d'entraînement des Frontenacs, une formation junior de l'ancienne QPJHL. Durant leur passage dans la Vieille Capitale, les frères Rousseau ont notamment séjourné au domicile de la mère d'Élise Couture, qui venait tout juste de marier Jean Béliveau.

M. Rousseau se souviendra de Jean Béliveau comme d'un homme à l'image irréprochable: «Il était très calme, il n'y avait pas de panique avec lui. [...] C'est difficile d'avoir plus de classe que Jean Béliveau».

Un modèle pour tous

L'ex-hockeyeuse Danielle Goyette raconte avoir été «sous le choc et attristée» par la mort d'un homme qu'elle a eu l'occasion de rencontrer lors de différents événements. Maintenant établie en Alberta, la femme native de Saint-Nazaire-d'Acton dit admirer le comportement qu'affichait Jean Béliveau «hors de la glace» tout autant que ses exploits sportifs. «Il essayait toujours d'appeler les gens par leur prénom. [...] Quand il est venu vers moi en disant "bonjour Danielle", c'était vraiment... wow!»

Mme Goyette se souvient plus particulièrement d'une situation survenue dans le cadre d'une soirée promotionnelle tenue pour le compte d'un producteur de bière bien connu, alors que le «Gros Bill» lui avait humblement demandé de dédicacer un chandail aux couleurs de l'équipe canadienne de hockey féminin. «Je lui ai dit que j'acceptais, mais à une condition: qu'il me signe lui aussi des Canadiens!», explique l'ex-porte-couleur du Canada, qui a notamment amassé trois médailles olympiques et participé à neuf championnats du monde.

Aux yeux de Danielle Goyette, Jean Béliveau constitue un modèle pour les jeunes générations de hockeyeurs, garçons et filles.

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