1er Bromont Ultra: courir au-delà de ses limites

En contrepartie aux efforts surhumains qu'il exige de... (photo Maxime Sauvage)

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En contrepartie aux efforts surhumains qu'il exige de ceux qui veulent le vaincre, le Bromont Ultra a offert à ses participants une vue imprenable du décor et des sommets bromontois, arc-en-ciel automnal en prime.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) On les a traités de «fous» et de «crinqués»... Mais ils ont tenu à tenter l'impossible. Samedi et dimanche, près de 800 personnes ont mis leur corps à rude épreuve en courant, jour et nuit, à travers les sentiers montagneux de Bromont. En contrepartie aux efforts surhumains qu'il exige de ceux qui veulent le vaincre, le Bromont Ultra a toutefois offert à ses participants une vue imprenable du décor et des sommets bromontois.

Le Bromontois Alister Gardner, un habitué des courses ultra, a mis trois semaines complètes à concevoir le parcours sinueux, et comprenant des dénivellations totalisant 5000 mètres. Le tout n'a rien à envier aux autres trajets ailleurs dans le monde. «J'ai couru tous les sentiers avec ma montre GPS, explique-t-il. Le but, c'est d'éviter de repasser deux fois au même endroit. Ça va être tough, mais ça va être le fun!»

En réalité, les participants se sont mesurés à environ 6600 m de pente. Ce faisant, à peine une dizaine de coureurs inscrits au 160 km ont pu compléter le parcours, ce qui serait la norme dans ce genre de course selon son instigateur, Gilles Poulin. Le coureur le plus rapide, Joan Roch, de Longueuil, a terminé l'épreuve en 22 heures, soit quatre de plus que ce que les organisateurs anticipaient pour le vainqueur. Parce que le temps leur aurait manqué pour franchir la ligne d'arrivée, plusieurs participants ont également dû être arrêtés avant de terminer leur course.

«Beaucoup de gens ont trouvé ça plus difficile que ce à quoi ils s'attendaient, reconnaît M. Poulin. Mais c'est ça l'ultra: on ne fait pas un 5 km pour se tenir la main.»

Il s'agissait d'une première course ultra pour le Bromontois Éric Paradis, qui souhaitait doubler son record personnel de 90 km en relevant seul le défi du parcours de 160 km. En raison de la difficulté, il aura finalement abandonné au 125e kilomètre.

«La tête était encore là, j'étais prêt à continuer, mais quand c'est rendu que tu as les jambes comme du ciment... Ça laisse un goût amer, car j'aime finir ce que je commence, mais je suis quand même fier d'avoir réussi à dépasser mon record», affirme cet habitué des marathons, qui songeait depuis un moment à participer à une course ultra.

Préparation essentielle

Pour ces adeptes des courses extrêmes, la préparation joue un rôle de premier ordre. En raison des différentes dénivellations et des types de sols qui seront foulés, la préparation doit se faire kilomètre par kilomètre. «Tout est une question de logistique, d'organisation, de dosage du rythme, d'une nutrition adéquate et d'entraînement», précise M. Paradis, qui s'est entraîné assidûment tout l'été.

Certains participants savaient dans quoi ils s'embarquaient en quittant la ligne de départ. C'est le cas notamment du comédien Patrice Godin, qui en était à sa troisième course ultra de l'année - il est allé au Vermont et a escaladé le mont Blanc -, et à sa huitième à vie. «J'ai vu la peur dans les yeux de certains qui feront l'ultra pour la première fois, confie-t-il. L'avantage, quand on en a déjà fait une, c'est qu'on sait davantage gérer la course. La crainte est quand même là, mais je sais comment ça se passe. Je sais qu'on va avoir mal, que ce sera difficile. Quand tu finis, tu es très fatigué, mais tu es vraiment content d'avoir réussi.»

Engouement

Celui qui a amené la course ultra à Bromont jubilait du succès monstre de son initiative. «On pensait s'arrêter à 500 inscriptions, mais le monde a viré fou, on est passés à tout près de 800! On est vraiment contents et ça augure bien pour l'an prochain», lance Gilles Poulin.

Plutôt que de s'attaquer au parcours, il a préféré prendre un peu de recul pour voir son rêve se concrétiser. «Aujourd'hui, je voulais voir le monde se dépasser, confie-t-il. Car qu'on fasse le 6, le 12, le 25, le 80 ou le 160 km, qu'on l'ait fait seul ou en équipe, l'important, c'est de battre son propre record.»

La course était aussi l'occasion d'une collecte de fonds pour six bonnes causes: la Fondation québécoise de la maladie coeliaque, le Corridor Appalachien, un organisme de conservation qui protège la biodiversité et les milieux naturels, Biyoh2o, dont la mission est d'assurer l'approvisionnement en eau aux nomades somaliens, la Société de la sclérose latérale amyotrophique du Québec, ROTH (Reach out to Humanity) puis la Société canadienne de la sclérose en plaques, division du Québec. M. Poulin a confirmé à La Voix de l'Est que plus de 80 000$ ont été amassés. Et ce n'est pas fini, dit-il, confiant d'atteindre 100 000$.

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