Dans une course remplie de rebondissements, Andrew Ranger a remporté une quatrième victoire en carrière à Trois-Rivières, alors que le détenteur de la pôle et chouchou du public, Louis-Philippe Dumoulin, a monté pour la toute première fois de sa carrière sur un podium de Nascar Canadian Tire, étant le deuxième à voir le drapeau à damier.
La dernière épreuve du 43e Grand Prix de Trois-Rivières ne laissait toutefois pas présager un tel dénouement à 15 h 30hier quand un véritable déluge s'est abattu sur la piste trifluvienne, retardant la course, à un point tel, que le report de l'épreuve a effleuré l'esprit des dirigeants de la série. La patience aura toutefois été la meilleure des solutions, les 31 bêtes du Nascar prenant le départ vers les 18 h.
Dès les premiers mètres sous le drapeau vert, Louis-Philippe Dumoulin a vu J.R. Fitzpatrick profiter d'une ligne de course avantageuse pour lui ravir la tête. Alors que les deux luttaient férocement, le pilote de Roxton Pond Andrew Ranger s'est mêlé de la partie et, en quelques virages, est devenu le troisième et dernier meneur de cette épreuve. «Je suis vraiment content. Au départ, j'ai laissé Louis-Philippe et J.R. se battre et je prenais ça un peu plus relax. Quand j'ai vu que la piste s'asséchait et que le vainqueur de l'année passée, Robin Buck, se rapprochait, j'ai poussé et j'ai eu l'occasion de dépasser les deux», racontait Ranger.
Plus la course avançait, plus l'avance de Ranger en tête devenait importante. Il a su profiter des conditions difficiles pour semer ses plus proches poursuivants. «L'ajustement de mes freins était très bon. Je devais jouer beaucoup avec en raison de la pluie, mais j'aime ça dans ces conditions. Comme je freinais bien, j'étais plus rapide que les autres dans le premier virage.»
Alors qu'il roulait aisément vers la victoire, Ranger a vu un drapeau jaune en fin de course menacer sa victoire, lui qui détenait à ce moment plus de neuf secondes d'avance sur Dumoulin. Le premier virage était déterminant pour les deux tours restant à la course lorsque le drapeau vert a été agité. «Avec l'avance que j'avais, retomber à zéro ce n'est pas facile. J'étais seul sur la piste, mais là, je risquais de me faire tasser par les autres et, dans ce cas, ça aurait été une nouvelle course. J'ai été chanceux car j'ai eu de très bons départs», affirmait-il.
Outre les drapeaux jaunes, l'inexpérience de la pilote Isabelle Tremblay, qui a terminé la course au 10e rang, aurait pu lui coûter bien cher. Alors que Ranger tentait de doubler la retardataire au milieu de l'épreuve, Tremblay ne lui a donné aucune chance, le coupant même au virage en épingle. «Isabelle ne savait probablement pas que c'était moi. Si elle ne regarde pas les «flags», c'est son problème. Elle pensait peut-être que c'était un compétiteur. Elle va apprendre. Elle ne fait que deux ou trois courses par année, il faut être patient», soutenait le pilote de Roxton Pond.
Alors que Ranger prenait de l'avance en tête, le Trifluvien, Louis-Philippe Dumoulin, se battait avec J.R. Fitzpatrick et Robin Buck. Après avoir glissé au quatrième rang, Dumoulin a réussi à remonter les positions jusqu'à la deuxième et a vu une véritable porte s'ouvrir lors du dernier drapeau jaune. «J'ai essayé fort, peut-être trop car je me suis fait avoir. Je visais Ranger, mais il était très rapide et ça m'a coûté une position. Quand Fitzpatrick est passé, je me suis dit: faut que je remonte! J'ai réussi et je suis très content. Je continue à apprendre et, un jour, je vais être capable de le battre», lançait le cadet des frères Dumoulin en parlant du vainqueur de l'épreuve.
Scénario de rêve
Un premier podium en Nascar chez lui, quel scénario de rêve pour Louis-Philippe. Il aurait certainement voulu la victoire, mais un problème de frein lui a nui. «C'était l'fun comme course. On s'est battu beaucoup, on a décroché la pôle et on a fini sur le podium. C'est malheureux que j'aie eu des problèmes avec mon répartiteur de freins. Quand tu freines dans ces voitures, le réservoir d'essence descend et le derrière commence à glisser. Il faut que tu freines plus d'en avant, mais je n'étais pas capable de bien le répartir. C'est dommage, mais je suis quand même très heureux.»
Dixième sur la grille de départ, Jean-François Dumoulin a fait une course propre et, au bout de la ligne, ç'a payé. Il a terminé sixième, tout juste derrière le meneur au championnat, D.J. Kennington. «Je suis satisfait. C'est très compétitif et quand un gars qui arrive de nulle part se bat avec des gars qui jouent des places au classement, ce n'est pas facile. J'avais une bonne voiture, mais j'ai roulé sur un débris au quart de la course et ma voiture a commencé à surchauffer. Ça m'a fait perdre de la puissance. J'aurais aussi aimé avoir une meilleure qualification, mais je n'ai pas réussi. C'était très serré», expliquait pour sa part l'aîné des frères trifluviens.
Avec sa deuxième place combinée à la huitième de Ron Beauchamp Jr., Louis-Philippe Dumoulin est de retour au cinquième rang du classement des pilotes du Nascar Canadian Tire, deux points seulement devant Beauchamp Jr. Il reste encore quatre courses au calendrier de la série, dont celle de Montréal dans deux semaines.
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