Bâtir sur ses échecs

La Ville doit continuer d'investir dans ce créneau,... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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La Ville doit continuer d'investir dans ce créneau, pense Mme Quinlan, malgré le fiasco des Jeux équestres mondiaux.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

La perte des Jeux équestres mondiaux n'hypothèque pas l'avenir du site olympique de Bromont, assure Pauline Quinlan. L'endroit demeure un des piliers sur lequel la Ville poursuivra son développement touristique et économique, soutient la mairesse.

On n'est pas habitué à l'échec à Bromont. Quand on le fait remarquer à Mme Quinlan, elle hésite, réfléchit quelques secondes puis répond que ce n'est pas vrai. Le projet de ville branchée s'est soldé par un échec, m'a-t-elle dit. Ça m'a surpris. J'ai toujours cru au contraire que l'ambitieuse idée de déployer un réseau à travers la ville de Bromont pour que les citoyens, commerçants et industriels aient un accès Internet s'était avérée un vif succès au début du siècle, alors que cet outil commençait à susciter de la curiosité. Certes, on peut parler de réussite, m'a-t-elle expliqué en entrevue la semaine dernière, mais le projet a bien failli ne jamais se matérialiser.

À l'époque, Bromont avait vu la candidature de Shawinigan - alors dans la cour du député fédéral et premier ministre Jean Chrétien... - être retenue par Industrie Canada afin de développer un modèle à suivre pour doter le monde municipal d'Internet. La déception était vive à l'hôtel de ville, se rappelle Mme Quinlan. Investir autant de temps et d'efforts pour se retrouver les mains vides, c'est frustrant, dit-elle. Mais pas décourageant, a-t-elle ajouté d'emblée. Le projet était à ce point novateur et bien pensé qu'il ne pouvait être simplement abandonné. Suffisait de trouver une autre avenue.

Le gouvernement québécois commençait à s'intéresser au phénomène de l'Internet. Forte de ses contacts, la mairesse a obtenu un rendez-vous avec Bernard Landry, alors ministre des Finances. Quelques heures après avoir expliqué les objectifs et paramètres de la ville branchée et ses maintes retombées économiques au ministre péquiste, Mme Quinlan a reçu confirmation que l'État investirait dans le projet.

L'important au terme d'un échec, c'est de rebondir, selon Mme Quinlan. Elle utilise l'histoire du projet de ville branchée comme analogie avec la situation dans laquelle se trouve le site équestre olympique. L'idée de faire venir la planète équestre à Bromont en 2018 était bonne, affirme-t-elle. Ça se jasait depuis 2006 dans le milieu bromontois. En 2009, le projet apparaissait dans son programme électoral. «Nous avons tout pour réussir», insiste-t-elle alors qu'elle me faisait faire le tour du vaste parc équestre de la rue de Gaspé. L'International Bromont battait son plein. On y a croisé des gens de la Floride, de la Virginie-Occidentale, de l'État de New York, de l'Ontario. Tous encensaient l'organisation, les installations, le site. «J'adore la Fête du chocolat, mais elle attire une clientèle québécoise. Les compétitions équestres, c'est de l'argent qui arrive d'ailleurs et qui entre dans notre région», souligne-t-elle.

Investir dans ce créneau

La Ville doit continuer d'investir dans ce créneau, pense Mme Quinlan, malgré le fiasco - elle n'aime pas le mot - des JEM 2018. «Ça n'a pas fonctionné. On doit regarder en avant et organiser d'autres événements.»

Que s'est-il passé dans les coulisses du petit monde équestre de Bromont pour que la Ville perde cette prestigieuse compétition? La mairesse tente d'éluder la question. Lorsqu'on insiste, soulignant la tension entre le comité organisateur des JEM et la Société d'agriculture du comté de Shefford, qui gère le site, elle ouvre timidement son jeu. «La relation était difficile. On l'a vu», dit-elle. «Il y a eu des manquements, c'est certain», a-t-elle ajouté sans les nommer.

Bien qu'elle aurait aimé intervenir pour redresser le tout, ce n'était pas son rôle, ni celui du conseil. «Notre travail était d'accompagner les organisateurs pour qu'on obtienne les Jeux. On les a obtenus. On s'est engagés à faire notre part financièrement (2 millions de dollars ont été promis), mais notre responsabilité s'arrêtait là.»

La mairesse refuse de parler de conflit entre les deux organismes. Pas question non plus de jeter le blâme sur quiconque. Elle conteste cependant les critiques, dont les miennes, dirigées vers son conseil pour son suivi des activités de la SACS que la Ville subventionne à coups de 150 000$ par année depuis 2011. Jamais de deniers publics n'ont été versés sans une sérieuse analyse de pièces justificatives, insiste-t-elle.

Jeudi dernier, Mme Quinlan soutenait que la Ville ne romprait pas ses liens avec la SACS. Ses dirigeants ont à coeur le sport équestre et font une belle promotion pour Bromont, a-t-elle expliqué. La situation financière de l'organisme, qui supporte des hypothèques de 2,5 millions de dollars en plus de faire face à des hypothèques légales de 472 000$, ne l'inquiète pas. «Oui, ils ont des dettes. Mais les actifs sont très importants», signale-t-elle, faisant référence aux 8,5 hectares appartenant à la SACS et à ses installations pour les chevaux.

Dans toute cette affaire, Mme Quinlan déplore plus que tout le négativisme des opposants à la tenue des JEM 2018 à Bromont. «Nous sommes capables de grandes choses. Dommage qu'on ait vu seulement les problèmes et pas les solutions. Nous venons de vivre un échec; nous n'aurons pas les jeux. Mais il faut s'en servir comme tremplin et continuer de développer notre site équestre.»

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