OEillères bromontoises

La Ville de Bromont a été une contributrice... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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La Ville de Bromont a été une contributrice de premier plan dans cet échec en abdiquant ses responsabilités de bon gestionnaire de biens publics.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bromont) On retiendra plusieurs choses du rêve avorté de tenir les Jeux équestres mondiaux à Bromont en 2018. Tant de choses ont contribué à transformer le projet en fiasco. Un fiasco annoncé.

D'abord l'absence d'une adhésion de la population pour l'événement. Comme l'écrivait avec justesse le collègue Michel Tassé samedi, le manque d'intérêt de la part des citoyens a compliqué à la puissance 10 le travail des organisateurs. Difficile, dans un tel contexte, de convaincre les commanditaires d'allonger des dollars pour financer ce rendez-vous international.

Des tensions et des rivalités dans le petit monde équestre de la région ont aussi limité la capacité des organisateurs des JEM 2018 à bien faire leur travail. La Société d'agriculture du comté de Shefford (SACS), qui depuis 2005 gère le site équestre olympique où les JEM 2018 devaient se dérouler, n'a pas su (ou voulu) passer à temps le flambeau au Comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM) pour lancer les préparatifs en vue de l'événement en août 2018. Cette relation déjà pénible se complexifiait dès que les discussions portaient sur les rôles de l'un et de l'autre pour la construction du manège intérieur.

Était-ce de la jalousie, une réaction de chasse gardée, un contrôle maladif, de la méfiance, des égos brusqués, une culture du secret? Le fait demeure que le courant n'a jamais passé entre les dirigeants de la SACS et ceux du COJEM. Les premiers s'assoyaient sur la légitimité de leurs années de services à gérer le site, les seconds sur leur mandat d'organiser les Jeux. Ce souque à la corde politique n'est pas passé inaperçu dans le petit univers équestre et les officines gouvernementales. Résultat: le financement public attendu d'Ottawa n'est jamais venu et les grandes compagnies traditionnellement associées aux JEM n'ont pas mis de chèques dans la poste à destination de Bromont.

Il ne faudrait pas oublier le rôle de la Ville de Bromont dans ce cafouillage. Elle a été une contributrice de premier plan à cet échec en abdiquant ses responsabilités de bon gestionnaire de biens publics.

Entre 2006, au moment où la Ville a confié la gestion du site équestre à la SACS, et 2015, le conseil n'a pas cru bon s'intéresser de près aux activités de cet organisme même si 76 % du site appartient à la municipalité. Les élus ont continué de verser chaque année des subventions de dizaines de milliers de dollars à la SACS sans lui demander de reddition de comptes. On sait maintenant que ses finances sont instables et qu'elle supporte de grosses hypothèques.

La lecture des états financiers de la SACS ou des rapports annuels de ses activités aurait permis au conseil de constater une situation financière précaire. Mais la SACS n'a jamais déposé de tels documents à la Ville, même si l'entente de 2006 les liant le stipulait.

Plusieurs municipalités versent des subventions aux organismes communautaires sur leur territoire. Elles exigent souvent en retour de subsides de quelques milliers de dollars des rapports financiers. Dans le cas de la SACS, même si les subventions de Bromont ont totalisé 997 180,74 $ depuis 2006, elle n'a rien eu à produire... C'est là qu'a débuté le déraillement des JEM 2018!

Non seulement le conseil municipal de Bromont s'est dédouané de ses responsabilités en confiant la gestion d'un bien public à une organisation privée sans assurer de suivi, mais il a fait preuve de cette inertie pendant près de 10 ans. Des vérifications de base des états financiers de la SACS auraient pu mener à la mise en place de mesures correctrices en plus d'assurer un minimum de transparence dans la gestion de la SACS.

Un conseil plus vigilant, libéré de ses énormes oeillères, aurait-il mené à la tenue des Jeux équestres mondiaux en 2018 à Bromont? Impossible de le dire. Le projet ne serait cependant pas mort-né.

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