L'enfer, c'est eux autres

Ainsi part un autre chef du Parti québécois. La formation politique change de... (Martin Chamberland, La Presse)

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Martin Chamberland, La Presse

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

Ainsi part un autre chef du Parti québécois. La formation politique change de chef comme le gouvernement libéral change de ministre de l'Éducation. Et chaque fois pour la même raison: l'incompatibilité de la personne avec la tâche qui l'attend. Un collègue me lançait le pari à pareille date l'an dernier que M. Péladeau, à peine élu chef du PQ, ne se rendrait même pas à la prochaine élection générale. Il ne réussirait pas à séduire les Québécois, selon lui.

«Le gars a mis tous ses employés en lock-out quand il était chez Québecor. Là, il se ramasse à la tête d'un parti social-démocrate qui veut faire l'indépendance, qui parle d'équité et de justice sociale. Les gens ne sont pas caves», m'expliquait-il de son bel accent saguenéen.

Pas facile d'arriver dans un parti et de faire rapidement sa place. C'est surtout vrai au PQ où on n'hésite pas à brasser la cabane en critiquant sévèrement et parfois publiquement son chef. Une telle culture, totalement inconnue dans l'univers de M. Péladeau, davantage reconnu pour son style de gestion autoritaire et sans contestation de son entourage, peut en désorienter plus d'un. Même un dur comme M. Péladeau. L'enfer, c'est gérer une patente comme le PQ.

Jamais un homme d'affaires avec une réputation de casseur de syndicats n'aurait pu se faire élire comme chef péquiste dans les années 80 ou 90. Mais quand on a perdu deux référendums sur l'indépendance, on devient soudainement moins difficile devant les choix possibles comme chef. On se rappelle l'article 1 du programme du parti et on évalue qui peut nous amener à la terre promise.

Quand M. Péladeau a été élu chef le 15 mai 2015 avec 57,6 % des appuis au premier tour, plusieurs militants se sont pincé le nez en votant. L'important n'était plus le chemin emprunté, mais bien d'atteindre l'objectif. Personne ne s'est demandé si la population suivrait. Les derniers sondages confirment que les électeurs ne sont pas à la porte du PQ.

Un sondage Léger fait pour Le Devoir et Le Journal de Montréal fin mars concluait que le PQ pouvait battre les libéraux, mais seulement en se coalisant avec Québec Solidaire. Une telle coalition centre-gauche rapporterait 38 % des voix contre 35 % pour le PLQ. Mais comment le PQ peut-il convaincre QS de le joindre dans une alliance avec M. Péladeau comme chef? Il a déjà tendu la main par le passé à une telle éventualité. «Jamais un député solidaire ne s'assoira à côté de Pierre Karl Péladeau du côté des banquettes des députés», avait rétorqué Françoise David.

C'est en effet impensable. Les deux chefs viennent de deux mondes totalement différents. Un autre chef, provenant de l'aile progressiste du parti, pourrait faire mieux.

Il n'existe pas de raccourci pour réaliser un projet de société. Les péquistes l'apprendront-ils ou décideront-ils de jouer à nouveau au Banquier?

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