Éducation et plastique

Bien qu'on puisse les recycler, on retrouve des... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Bien qu'on puisse les recycler, on retrouve des bouteilles de plastique partout: dans les sites d'enfouissement, les fossés, dans les lacs et rivières et dans les océans. Elles représentent l'un des pires fléaux environnemental de notre époque.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

Bannir les sacs de plastique ainsi que l'eau embouteillée, comme prévoit le faire la Ville de Montréal, fait du sens. Les deux contenants, fabriqués à partir de dérivés pétroliers, causent des torts importants, parfois irréparables, à l'environnement. Les éliminer ne brimerait personne, sauf ceux incapables de changer de vilaines habitudes de vie. Des alternatives simples existent: les sacs et les bouteilles réutilisables.

Mais le temps n'est peut-être pas encore opportun de les interdire. Les consommateurs, en faisant des choix plus judicieux, peuvent réduire considérablement leur empreinte écologique sans que l'État ne se lance dans de lourdes structures administratives pour les bannir. Les progrès sont déjà perceptibles. L'utilisation de sacs de plastique est en forte baisse, note-t-on dans les supermarchés. Les clients du Marché Lambert IGA de Bromont ont recours à des sacs réutilisables dans une proportion de 75%, rapportait La Voix de l'Est mardi. Ceux du Métro Plouffe de Granby sont 60% à les avoir sous le bras lorsqu'ils arrivent à l'épicerie. On peut penser que c'est également la tendance dans les autres supermarchés au Québec.

On voit que l'éducation populaire fait son oeuvre, mais des gains restent à faire. Augmenter le coût des sacs de plastique dans les épiceries de 5 à 10¢ pourrait inciter les consommateurs récalcitrants à les laisser tomber au profit de sacs réutilisables.

C'est plus complexe pour l'eau embouteillée. Il s'agit d'une activité commerciale importante au Québec. Ça peut étonner du fait que de l'eau potable est gratuite - et de bonne qualité - au bout des robinets de toutes les municipalités du Québec, mais les Québécois consomment des millions de litres d'eau embouteillée. Au Canada, en 2009, selon Statistique Canada, les embouteilleurs ont produit 2,29 milliards de litres d'eau pour répondre à la demande nationale. Le quart de cette production s'est retrouvé dans des bouteilles de 250 millilitres à 5 litres. Ces contenants, faits en polytéréphtalate d'éthylène, sont souvent jetés dans la nature.

Le problème est que le choix de ces bouteilles est bien ancré dans les habitudes d'achat des gens. Elles sont en vente partout: à l'épicerie, au bureau, au gymnase, dans les écoles, les arénas, les hôtels de ville, les stations de ski. Bien qu'on puisse les recycler, on les retrouve partout: dans les sites d'enfouissement, les fossés, dans les lacs et rivières et dans les océans. Elles représentent l'un des pires fléaux environnementaux de notre époque.

Comment faire en sorte que ces contenants soient recyclés? La consigne apparait comme une bonne piste de solution. Le taux de retour des contenants à remplissage multiple comme ceux utilisés pour la bière était de 98% en 2012, selon Recyc-Québec. Il était de 76% pour les contenants à remplissage unique (boissons gazeuses, bière). Ces deux types de contenants sont consignés.

Certains consommateurs ne rapportent pas leurs contenants consignés à l'épicerie ou au dépanneur du coin. Ils s'en débarrassent parfois dans la nature. Leur valeur monétaire agit cependant comme incitatif pour qu'ils soient ramassés. On le constate avec les bouteilles de bière.

Bien sûr, il est probable que les embouteilleurs d'eau s'opposeraient à l'imposition d'une consigne sur leurs produits. On entendrait aussi les propriétaires de supermarchés et de dépanneurs, là où les consommateurs apporteraient leurs bouteilles d'eau vides, se plaindre. On devrait alors leur rappeler qu'ils ont une responsabilité sociale des impacts que causent leurs produits sur l'environnement.

Cette approche n'est pas nouvelle. Les détaillants d'équipements électroniques sont tenus d'imposer des écofrais sur les produits vendus. L'argent sert à défrayer le coût de recyclage de ces équipements une fois leur cycle de vie terminé.

Remarquez, une solution toute simple existe pour se débarrasser des bouteilles d'eau à remplissage unique: que les gens investissent une dizaine de dollars et se procurent une bonne bouteille réutilisable de 500 ml ou d'un litre. Ils peuvent l'utiliser au travail et la trainer avec eux lors de sorties. C'est plus économique et certainement plus écologique.

Pour faciliter cette transition, les fontaines d'eau dans les lieux publics, au travail, sur les sites touristiques et sportifs devraient être modifiées pour permettre le remplissage de telles bouteilles. Étonnant qu'on voit si peu de fontaines du genre de nos jours...

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