Vol d'idées, perte d'identité

François Legault, accompagné du député de Granby, François... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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François Legault, accompagné du député de Granby, François Bonnardel, dit accepter que les idées de la CAQ soient reprises par les autres partis.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bromont) La propriété intellectuelle n'existe pas en politique. Si tel était le cas, les coffres de la Coalition avenir Québec seraient pleins de dollars provenant du Parti libéral. Mais dans cette sphère, le plagiat n'est pas prohibé. Il est même encouragé. Quand le parti au pouvoir flaire une bonne idée dans la cour de ses adversaires, il ne fait ni un ni deux et se l'accapare.

Rares sont les bonnes idées qui naissent du côté gouvernemental. Elles émergent plutôt dans l'opposition, là où les élus et les militants de leurs partis ont le temps de réfléchir sur ce qui ne tourne pas rond autour d'eux, et qui possèdent les coudées franches pour imaginer des moyens de redresser la situation. Fut une époque où le Parti québécois proposait des idées novatrices à pleine pelle. C'est maintenant la carte de visite de la CAQ d'être un pourvoyeur d'idées. Le PLQ, lui, fidèle à son style, garde l'oeil ouvert pour faire sien tout projet, idée ou suggestion susceptible de l'aider à rester aux commandes.

François Legault dit accepter cette dure réalité. Depuis 2014, le chef de la CAQ a vu les libéraux s'approprier deux des idées maîtresses de sa formation: son plan maritime et sa refonte du système scolaire réduisant le rôle des commissions scolaires en donnant plus de latitude aux écoles et aux parents.

La CAQ lance une nouvelle idée: que Québec investisse 1 milliard par année sur cinq ans pour aider les entreprises manufacturières à moderniser leurs équipements et à améliorer leur productivité. La mesure stimulerait l'économie, créerait des emplois et assurerait des entrées d'argent au gouvernement pour payer les services à la population. Il faut que les Québécois s'enrichissent, soutient M. Legault. Car ils en ont bien besoin, insiste-t-il.

M. Legault, qui se dit «très inquiet de la situation économique» et de l'absence de stratégies du gouvernement libéral pour renverser la vapeur, invite le premier ministre Philippe Couillard à copier son idée. «Je vais l'applaudir», a-t-il lancé lundi aux journalistes, à Bromont, où son caucus est réuni pour préparer la rentrée parlementaire.

Les scribes ont fait peu de cas de sa proposition; ils ne s'intéressaient qu'à ses réactions sur le recours par Québecor - et son ancien PDG, Pierre Karl Péladeau - aux paradis fiscaux. C'était certes la nouvelle politique du jour. Mais M. Legault n'avait pas grand-chose à dire sur le sujet, renvoyant les journalistes au chef péquiste. «C'est à lui de répondre», a-t-il répété à quelques reprises.

C'est toujours la même rengaine pour la CAQ: la formation est incapable de se faire entendre. L'avenir ne s'annonce guère meilleur. D'abord, notre système parlementaire confine les tiers partis à des rôles secondaires. Puis le système électoral les empêche d'avoir une députation proportionnelle aux votes obtenus. Un troisième obstacle nuit à la CAQ: sa tergiversation identitaire.

Le parti croit avoir choisi le bon cheval en réitérant son nationalisme vis-à-vis d'Ottawa. Reste à savoir comment se montrer exigeant envers le gouvernement fédéral quand on exclut l'indépendance. Où est le bâton pour être pris au sérieux? Par la force du nombre, répond M. Legault, en entrevue à La Voix de l'Est. «Le bâton, on va l'avoir quand on va rassembler les nationalistes. Présentement, on est divisés. Ça profite aux gens qui font la promotion du statu quo.»

M. Legault est confiant d'arriver à créer une coalition de nationalistes. «On a réussi dans le passé», a-t-il dit citant l'obtention par le Québec de pouvoirs en matière d'immigration, de formation de la main-d'oeuvre et des commissions scolaires linguistiques.

Rassembler les nationalistes, c'est l'idée du PQ. Au tour de François Legault de jouer au brigand!

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