Far West et promoteurs

Il appartient à la Ville de dresser les... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Il appartient à la Ville de dresser les règles. Pas aux promoteurs. On pensait cette ère de Far West révolue!

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

Les promoteurs des Boisés Martel, un important projet de construction résidentielle au sud de Granby, viennent de réécrire le grand guide du service à la clientèle. Au lieu d'entendre les doléances de leurs clients au sujet du mauvais état de la rue Richard-Frost, un chemin de terre accédant à leur quartier, les promoteurs exigent qu'ils cessent de s'en plaindre à la Ville. À défaut de quoi ils menacent de fermer cet accès.

Ouf! Même le département de service à la clientèle de Bell n'affiche pas un tel mépris envers ses clients...

Dans ses explications à ma collègue Marie-France Létourneau cette semaine, le porte-parole des promoteurs, Daniel Touchette, explique que le chemin emprunté par les résidants pour accéder à la rue Mountain est privé. Il a été aménagé pour permettre aux camions à bennes de circuler. Mais plusieurs résidants du secteur l'utilisent également pour accéder au centre-ville ou encore à l'autoroute 10. Une situation que les promoteurs tolèrent, dit l'homme d'affaires.

Dès qu'une trentaine de terrains auront trouvé preneur dans un autre secteur du nouveau quartier, soutient M. Touchette, des travaux pour prolonger les réseaux d'aqueduc et d'égout seront entrepris sur la rue Richard-Frost, dont la pose de bitume. La rue sera ensuite cédée à la municipalité, comme le prévoit l'entente entre les parties. D'ici là, les résidants sont invités à se la fermer, si on lit bien entre les lignes de la lettre envoyée récemment aux résidants de la part des Boisés Martel.

Au-delà du ton inapproprié de la part des promoteurs envers leurs clients, leur attitude nous rappelle que la soif des profits de certains ne connaît guère de limites.

L'un des principaux attraits de ce secteur est sa proximité à un accès direct au centre-ville et un autre vers l'autoroute 10. Les promoteurs ont d'ailleurs recours à cet argument pour vendre leurs terrains. Comment expliquer autrement l'immense panneau aux couleurs des Boisés Martel (avec numéro de téléphone et adresse internet) érigé justement à l'entrée de la rue Richard-Frost? Cette intersection est tellement fréquentée que trois panneaux annoncent aussi des visites libres des maisons bâties par des partenaires des Boisés Martel. Il est clair qu'on les invite à emprunter le chemin de terre... Voyez l'ironie!

Les promoteurs sont-ils vraiment sérieux dans leur menace de fermer ce bout de chemin? Aucunement. Leur message à leurs clients est d'autant plus pernicieux.

C'est le statut de leurs clients qui pose problème. Les promoteurs se permettent-ils de leur lancer un tel ultimatum parce qu'ils ont déjà payé leur terrain et maison? Fort probablement. Et que disent-ils aux clients potentiels, ceux qui reluquent un terrain ou une maison dans le quartier en développement, qui posent des questions sur les accès routiers au quartier? Ils répondent assurément qu'il n'y a aucun problème. Ça frise la fausse représentation!

On notera dans cette affaire que la Ville s'en lave les mains. Que fait-on à l'hôtel de ville des dangers pour les résidants du secteur advenant que les promoteurs décident de fermer l'accès à la rue Richard-Frost? Avec un seul accès au quartier, comment les ambulanciers, pompiers et policiers pourront-ils y accéder si par malheur la seule artère encore disponible est, peu importe la raison, bloquée? Et ne voit-on aucun problème au fait que tous les automobilistes du quartier circuleraient sur une seule rue pour en sortir, une rue qui ne compte aucun trottoir?

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