Problème de transition (2)

Une analyse de la direction générale de la... (Archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Une analyse de la direction générale de la Ville souligne que les conseillers gagnent de 4000 $ à 5000 $ de moins que dans villes de tailles similaires, a dit lundi le maire Bonin.

Archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Belle tentative lundi du conseil municipal de Granby d'enterrer la controverse autour des allocations de transition des conseillers. Tentative vouée à l'échec. Parce que les élus ont tout faux dans ce débat.

La seule question à se poser est celle-ci: est-ce normal qu'un conseiller travaillant à temps partiel empoche une allocation de transition lorsqu'il ne se représente pas à son poste, qu'il est défait ou qu'il quitte avant la fin de son mandat?

Non.

Dire, comme le maire Pascal Bonin l'a fait cette semaine, que le conseil étudierait dans quelles circonstances une allocation de transition devait être versée, est une habile façon de créer une diversion pour éviter de vider la question. Peu importe dans quel sens on analyse le tout, une seule conclusion s'impose: l'allocation de transition pour les conseillers n'a pas sa raison d'être.

Qu'un conseiller quitte son poste en plein mandat sans raison, que son départ s'explique pour cause de maladie ou d'autres raisons personnelles, ça ne change rien. Il occupe en théorie un emploi à temps plein ailleurs. Et si ce n'est pas le cas, il savait au moment de se lancer en politique que le job était à temps partiel. Et un emploi à temps partiel ne vient pas avec tous les avantages d'un poste à temps plein.

Soyons clair: les conseillers municipaux ne sont pas des députés. Ces derniers occupent leur fonction à temps plein. Aussi, quand ils quittent, ils ont droit à une allocation de transition, soit un montant d'argent pour les aider dans la période où ils «transiteront» vers un autre emploi, une période qui peut prendre plusieurs semaines, sinon des mois.

Verse ou verse pas, même au niveau des députés une telle allocation est contestée. L'Assemblée nationale vient de baliser le tout en empêchant les députés qui quittent sans raison valable (maladie, drame personnel, etc.) de toucher leur allocation de transition.

J'ai eu de bons échanges la semaine dernière avec trois élus du conseil municipal de Granby. Ils m'ont tous affirmé travailler fort, consacrer plusieurs heures par semaines à répondre aux questions de leurs concitoyens, à répondre à leurs besoins, à assister à plusieurs rencontres. Bref, qu'ils méritaient leur salaire. Un meilleur salaire, m'ont dit deux d'entre eux.

Personne ne doute des efforts consentis à bien faire leur travail. Ils méritent nos félicitations et notre gratitude. Leurs commentaires sur le salaire obtenu sont toutefois très révélateurs de leur mécontentement. Une analyse de la direction générale de la Ville souligne que les conseillers gagnent de 4000 $ à 5000 $ de moins que dans villes de tailles similaires, a dit lundi le maire Bonin.

Si tel est le cas, peut-on s'entendre que les allocations de transition accordées par la Ville de Granby sont donc une forme de salaire caché? C'est ce qu'on conclut à entendre les élus faire un lien entre leur salaire et la nécessité de conserver l'allocation de transition. Les deux ensembles font que leurs émoluments sont plus raisonnables, disent-ils entre les lignes.

Si les salaires que touchent les conseillers sont insuffisants, que le conseil les augmente. C'est une voie parsemée de critiques, bien entendu, mais c'est celle de la transparence.

Affirmer que d'autres municipalités offrent des allocations de transition à leurs élus n'est pas un argument sérieux. C'est aux membres du conseil de justifier à la population leur augmentation de salaire. En refusant de parler sans détour le sujet comme des gens responsables, ils font la démonstration de leurs limites à aborder des sujets délicats. Ils contribuent à épaissir la couche de tabou qui recouvre toute discussion en lien avec leur salaire.

Peut-être évitent-ils de discuter publiquement de la chose de peur de créer des expectatives de la part des employés salariés de la Ville. Au jeu des comparaisons de salaires, que font les membres du conseil, nos policiers, cols bleus et blancs ramènent-ils à la maison autant que des collègues dans des villes de tailles similaires?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer