Microbrasseries québécoises : croître, un buveur à la fois

Il se brasse de grosses, mais surtout de bonnes affaires dans l'industrie... (photo archives La Presse)

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

Il se brasse de grosses, mais surtout de bonnes affaires dans l'industrie brassicole québécoise. Comme en fait foi le dossier que nous publions aujourd'hui dans nos pages, les brasseurs, des plus petits aux plus grands, travaillent d'arrache-pied afin d'offrir des produits qui sauront plaire aux papilles des buveurs.

À l'instar des producteurs de fromage du Québec, qui ont gagné leurs lettres de noblesse depuis longtemps, les microbrasseurs québécois proposent des produits innovateurs qui méritent d'être dégustés.

Mais le succès commercial n'est pas toujours au rendez-vous.

Car malgré l'essor fulgurant qu'ont connu certaines petites brasseries québécoises et le nombre de micros qui a crû de façon exponentielle au cours des dernières années, leurs parts de marché ne progressent pas au même rythme: 2 % de croissance depuis deux ans, alors que le nombre de microbrasseries et de brasseurs artisans a quadruplé au cours des douze dernières années, selon les chiffres de l'Association des brasseurs du Québec.

C'est donc dire que, malgré la variété et la qualité des brassins des petits producteurs québécois, ceux-ci ne trouvent pas leur chemin jusqu'aux frigos et glacières des consommateurs.

Peu d'espace en tablette

Mais comment l'expliquer? Sûrement pas par un manque d'intérêt de la part des consommateurs. La preuve: les festivals brassicoles poussent comme des champignons au Québec et les plus anciens et plus réputés, pensons ici au Mondial de la bière de Montréal ou à la Fête bières et saveurs de Chambly, attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs assoiffés.

Le manque d'espace tablette mis à la disposition des plus petits joueurs pourrait en partie expliquer le phénomène. Les grosses brasseries telles que Labatt, Molson et Sleeman/Unibroue, propriété de la Japonaise Sapporo, accaparent l'espace tablette des grandes chaînes, notamment grâce à leur important réseau de distribution, à la constance de leur production et à leurs stratégies agressives de mise en marché.

Les plus petits joueurs, dont le budget marketing est presque inexistant, les installations, modestes, et le réseau de distribution, parcellaire, n'arrivent tout simplement pas à s'imposer face aux géants.

Dans ces conditions, le consommateur moyen, qui a adoré la Saison du Pinacle de Brasserie Dunham ou la 64 de Farnham Ale and Lager goûtées lors d'une dégustation, risque de repartir bredouille de l'épicerie du coin.

Qualité et éducation

Mais tout n'est pas sombre. De plus en plus de marchés d'alimentation ouvrent leurs frigos aux brassins locaux et, un peu partout, des marchés font de la vente de bière québécoise leur spécialité. Et plus les gens demanderont ces produits en succursales, plus les commerçants seront enclins à les offrir.

«On mise sur l'éducation et sur la qualité de nos produits, résume Sébastien Gagnon de la Brasserie Dunham, qui entrevoit que, d'ici quelques années, les bières artisanales accapareront 12 % des parts de marché.

«Et on répète que de consommer des bières d'ici, ça fait travailler des gens d'ici et que l'argent reste ici.»

Comme quoi il y a plus d'un avantage à boire local!

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