Réflexions sur le système de justice

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

Lundi marquera le 10e anniversaire de l'arrestation de Werner Kyling, présumée tête dirigeante du fameux «Cartel de Bedford», et de ceux qui ont été identifiés comme étant ses acolytes.

Dix ans écoulés et M. Kyling et sa bande sont toujours devant les tribunaux.

Notre journaliste Pascal Faucher relate dans son dossier publié aujourd'hui même la série de rendez-vous manqués entre le Cartel de Bedford et la justice. Après avoir épuisé tous les recours possibles, M. Kyling a été condamné avant de voir sa sentence et sa peine annulées. Il entreprendra cet automne un nouveau procès pour répondre des gestes qui lui sont reprochés. Des gestes posés il y a, rappelons-le, plus de 10 ans et pour lesquels il a passé 30 mois en prison et d'innombrables heures dans une salle de cour.

Ce que notre journaliste met en lumière dans son reportage, ce sont deux des plus grandes failles de notre système de justice: sa lourdeur et sa complexité.

 Peu importe la solidité et la quantité de la preuve, aucun dossier n'est à l'abri du déraillement. La moindre anicroche, la plus petite technicalité juridique peut faire s'effondrer tout le travail d'enquête et de collection d'informations ayant mené à une arrestation. Et les nombreux délais entre les différentes étapes d'un procès, justifiés ou non, viennent étirer de façon indue toute l'angoisse et les tracas causés par les procédures judiciaires chez les gens qui y sont impliqués, victimes et accusés y compris.

Trop lente, la justice?

Le cas Kyling, et combien d'autres encore, nous conduit à nous interroger sur les délais qui plombent notre système de justice.

La lenteur du processus judiciaire est l'un des facteurs qui contribuent le plus à la baisse de la confiance des gens envers la justice.

Il y aurait lieu d'accélérer les choses, mais cela ne se ferait pas sans coût.

De trop nombreux procès doivent constamment être remis à des dates ultérieures faute de disponibilité de salles, mais surtout de magistrats afin de les présider. Ce problème est particulièrement criant dans la grande région montréalaise, ou des procès ne seront pas entendus avant plusieurs mois, mais le district de Bedford n'y échappe pas. Il y a quelques années à peine, l'absence d'un seul juge de la Cour supérieure avait considérablement retardé de nombreuses causes.

La nomination de davantage de juges viendrait sans doute pallier ce problème, mais commanderait bien entendu un investissement important.

Chose certaine, il n'y a pas lieu de faire les choses à moitié en ce qui concerne la justice. Afin d'éviter que des innocents soient condamnés à tort et que des criminels arrivent à se soustraire à elle, il faut que tous les rouages du système aient les ressources humaines, financières et matérielles, afin de le maintenir à flot.

La justice est l'un des fondements, l'un des piliers de notre société. Il est plus qu'essentiel de lui accorder toute son importance.

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