Centre aquatique: rien ne sert de se précipiter

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

Ce qui avait tout l'air d'un plan B, d'une «roue de secours», semble en voie de devenir l'option privilégiée par la Ville de Granby.En raison de la contamination du sol sous le bâtiment de l'entreprise Cresswell, site jusque-là considéré pour la construction du futur centre aquatique, Granby envisage de déplacer son projet de l'autre côté de la rue Léon-Harmel, en plein coeur du parc Dubuc.

L'ultime décision serait annoncée lors de la séance du conseil du 1er juin prochain.

Choisir si rapidement de modifier un projet d'une telle envergure semble hâtif, voire hasardeux. Pour le projet sur le site de la Cresswell, le maire Pascal Bonin et les employés municipaux ont fait un excellent travail d'information et de relations publiques. Ils ont pris le temps d'expliquer leur choix, de montrer des plans et des esquisses, de détailler le montage financier.

S'ils adoptent l'avenue du parc Dubuc, ils doivent reprendre le même exercice avant d'arrêter leur choix de façon définitive, montrer à la population à quel point ce plan est aussi bien ficelé.

Vraiment moins cher?

Les apôtres de la saine gestion pourraient être séduits par la possibilité d'aménager la piscine publique dans le parc Dubuc. Dans ce cas, le projet coûterait au bas mot 3,4 millions de dollars de moins, la somme prévue pour l'achat de la Cresswell et la réhabilitation du terrain, puisque l'emplacement appartient déjà au trésor public.

Mais il ne faut pas croire qu'il s'agirait d'une économie nette. À court terme, on ne paierait pas pour l'achat de l'usine et de son site, mais on aurait à relocaliser plusieurs terrains de soccer avec les coûts et tout le casse-tête que cela implique.

Le feu vert ayant été donné à la démolition de l'usine, il semble acquis que la Cresswell disparaîtra du paysage, et ce, peu importe la décision prise par le conseil. Mais serait-il bien sage de permettre que ce terrain laissé vacant soit mis en vente libre sur le marché?

 Il est de la responsabilité de la Ville de favoriser le déplacement des industries des quartiers à vocation résidentielle, là où elles détonnent et dérangent, vers les grappes industrielles. Granby devra s'assurer qu'aucune autre industrie, ou même qu'un commerce incompatible, ne s'installe en plein coeur de ce qui deviendrait le «quartier sportif» de la ville. Mais ce faisant, elle limiterait le nombre d'acheteurs potentiels du terrain, nuisant ainsi aux chances d'Industries Cresswell de s'en départir. Et un terrain qui demeure vacant pendant des années, ce n'est pas une grande source de taxes foncières.

Convaincre avant de choisir

À la lumière de ce que nous savons en ce moment, le projet initial doit toujours être privilégié. D'autant plus que la Ville n'a qu'à assumer 500 000$ de la facture totale de décontamination du site -une bien petite part de l'enveloppe globale du projet de quelque 30 millions-, le reste étant à la charge des Industries Cresswell.

Si, pour quelque raison que ce soit, il fallait vraiment aller du côté du parc Dubuc, il faudra en convaincre la population. Et pour l'en convaincre, il faudra un peu plus que les quelques jours qui nous séparent de la prochaine séance du conseil. Mieux vaut prendre le temps qu'il faut à bien lancer ce projet avant qu'il ne débute que de faire face à des imprévus coûteux et de l'opposition au cours de sa réalisation.

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