Le bruit des enfants qui jouent

La quête de quiétude et de sérénité dans son milieu de vie est tout à fait... (photo Alain Dion)

Agrandir

photo Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Gendron
La Voix de l'Est

La quête de quiétude et de sérénité dans son milieu de vie est tout à fait légitime. Le droit à la «jouissance paisible» de sa propriété est même enchâssé dans la Charte québécoise des droits et libertés.

Différentes luttes ont été menées sur ce front au fil des années, qu'on pense à celle des résidants de demeures attenantes aux aéroports de Dorval et de Saint-Hubert qui se sont maintes fois plaints du bruit constant des aéronefs qui vont et viennent au-dessus de leurs têtes ou, plus près de nous, à celle des voisins du Club de tir de Granby qui dénoncent l'augmentation du bruit découlant des activités du centre ou encore celle de voisins de l'Autodrome de Granby.

Sans prendre position sur le bien-fondé des plaintes et la valeur juridique de ces cas précis, on peut s'entendre sur une chose: la source de la «pollution sonore» - les moteurs des avions et des voitures de course ainsi que la détonation des armes à feu dans l'autre - ne se retrouve pas à tous les coins de rue.

Mais la notion de «bruit» peut parfois être drôlement interprétée.

Un propriétaire immobilier de Saint-Pie-de-Bagot a porté plainte pour le bruit excessif causé par, tenez-vous bien, des enfants d'âge préscolaire. Entendons-nous encore une fois: contrairement aux avions, aux pistes de course et aux pistolets, des enfants, on en retrouve un peu partout.

Le propriétaire en question, M. Marcel Marquis, est en lutte contre son voisin, le centre de la petite enfance Les P'tites Pies, depuis 2007, alléguant que le son des enfants qui s'amusent dans la cour extérieure du CPE dérangeait ses locataires et que l'implantation de la garderie à côté de son immeuble en avait fait diminuer la valeur marchande.

Intolérance

Sur les réseaux sociaux, deux réactions suscitées par le texte de notre journaliste Isabel Authier relatant cette histoire se démarquent: on y voit le symptôme d'une intolérance grandissante envers les enfants et on s'inquiète de l'issue possible du litige.

Au moment d'écrire ces lignes, tous les commentaires des internautes, publiés sur la page Facebook de La Voix de l'Est, venaient appuyer la direction du CPE et dénoncer la position du voisin.

«Ça va être quoi après? On va empêcher les enfants d'être des enfants?», demande même un homme dans son commentaire.

Sa question est légitime. On ne cesse de répéter que les enfants doivent bouger davantage, qu'ils doivent sortir dehors plutôt que de demeurer collés aux écrans de télé, de tablettes ou d'ordinateurs. Les saines habitudes de vie, ça se développe dès le plus jeune âge. Les entendre rire, crier, ce n'est pas si cher payé pour les voir s'amuser en toute sécurité.

D'autant plus que, comme l'a souligné la directrice générale du CPE, Mme Chantal Béland, tous les efforts ont été faits pour accommoder les voisins. Et les enfants ne sont dehors que pour une courte période le matin et l'après-midi, et ce, en semaine seulement.

Devant les tribunaux

Le litige se retrouvera cette semaine devant les tribunaux. Il en reviendra donc à un juge d'évaluer si M. Marquis subit bel et bien un préjudice, comme il le prétend.

Mais peu importe la décision du magistrat, le centre de la petite enfance et les enfants dont il a la responsabilité ont déjà subi les contrecoups de cette chicane de clôture en ayant déjà engagé plus de 10 000$ en frais d'avocats depuis 2007.

En cette période d'austérité où les ressources financières sont de plus en plus limitées pour les directions de CPE, cette somme aurait pu être dépensée à bien meilleur escient. 

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer