Parents et enfants pris en otage

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que des milliers d'enfants du Québec profiteront de la semaine de relâche, début mars 2016, pour recharger leurs batteries et lâcher leur fou, ceux de Saint-Paul-d'Abbotsford, Saint-Césaire, Rougemont, Marieville et de l'ensemble de la Commission scolaire des Hautes-Rivières devront rester sagement en classe.

Pourquoi?

Tout simplement parce que le syndicat de leurs enseignants s'est servi du calendrier scolaire comme levier dans le cadre de négociations avec son employeur.

Le syndicat a joué avec le feu et il s'est brulé. Et le plus triste, c'est que ce sont tous les professeurs, employés de soutien, membres de la direction et surtout, les quelque 18 000 élèves de la commission scolaire qui font les frais de cette tactique.

Les négociations entre un patron et le syndicat représentant ses employés sont rarement simples. Pour tenter d'obtenir gain de cause, lorsque les échanges piétinent, il arrive parfois que l'une des deux parties tente une attaque audacieuse. Dans ce cas-ci, le syndicat a brandi la possibilité de retarder la rentrée scolaire d'une semaine et d'annuler la semaine de relâche. Cette mesure jamais vue avait toutes les chances de secouer l'adversaire patronal et de l'amener à réviser sa position.

Mais ce ne fut pas le cas, l'employeur n'a pas cédé. Le calendrier proposé par le syndicat a été adopté tel quel, mardi soir, sans semaine de relâche prévue pour mars 2016.

Où est l'intérêt des enfants?

Qu'on ne tente pas de nous faire croire que les deux parties ont agi dans l'intérêt des enfants.

A-t-on pensé un seul instant à l'impact que ce changement d'horaire aurait sur tous ces enfants, sur tous ces parents?

La commission scolaire a indiqué que les différents services de garde seraient ouverts pour accueillir les enfants. La belle affaire! Le service ne sera probablement pas gratuit et, à terme, ces enfants auront passé une semaine de plus à l'école que tous les autres enfants de la province.

La formule a maintes fois été utilisée, et ce, dans divers contextes, mais cette fois, elle prend tout son sens: on a pris les enfants et leurs parents en otage.

Un otage, c'est quelqu'un que l'on prive de sa liberté et dont le sort dépend d'une négociation avec une tierce partie.

Dans ce cas-ci, on prive l'ensemble des enfants et leurs parents d'une partie de leur liberté, simplement parce que des négociations syndicales achoppent.

Un congé essentiel

Posez la question à n'importe quel professionnel de l'enseignement et sa réponse sera la même: la semaine de relâche, c'est un congé essentiel, tant pour les enseignants que pour leurs élèves.

Le congé scolaire du début mars arrive toujours à point: quand l'hiver qui n'en finit plus, que la fatigue physique et mentale s'accumule et que la concentration, déjà difficile à maintenir dans certains cas, disparaît presque complètement.

Pour les jeunes, c'est l'occasion de se changer les idées, de s'amuser un peu et de se reposer.

Pour les enseignants, c'est le moment de rattraper un peu de retard et de laisser sortir le stress accumulé.

Étonnant, donc, que les enseignants membres du Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu aient avalisé ce moyen de pression.

Même si la présidente de la commission scolaire, Andrée Bouchard, a indiqué que le calendrier scolaire ne serait plus modifié, espérons que les deux parties révisent leurs positions et ramènent la semaine de relâche.

Il n'est jamais trop tard pour bien agir.

Tous les détails dans notre édition de samedi

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