Investir pour sauver des vies

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Gendron
La Voix de l'Est

André Fillion peut remercier le ciel d'avoir joué au hockey dans un centre sportif doté d'un défibrillateur. Victime d'un arrêt cardiaque entre deux périodes, il a été littéralement ramené à la vie grâce à l'appareil accroché au mur du centre sportif Léonard-Grondin.

Le cas de M. Fillion, rapporté par notre journaliste Marie-France Létourneau dans notre édition de jeudi dernier, n'est que le plus récent exemple de l'efficacité de ces petites merveilles de technologie. Il illustre bien la nécessité d'agrandir le parc d'appareils disponibles.

Déjà, depuis quelques années, les municipalités et autres organismes publics acquièrent des appareils afin de les rendre disponibles en cas de besoin. Mais il y aurait tout lieu d'accélérer le rythme d'implantation.

À preuve: depuis bientôt trois ans, les auto-patrouilles du service de police de Granby sont munies de défibrillateurs. L'opération, qui a commandé une dépense de 40 000$, a permis de sauver au moins quatre vies au cours des 18 premiers mois de l'implantation de ces appareils dans les voitures, selon ce qu'a fait savoir le service de police. Et depuis janvier 2014, les défibrillateurs de la police ont été utilisés à 23 reprises, la dernière utilisation datant d'à peine hier! À la lumière de ces données, la démonstration du bien-fondé de cette décision n'est plus à faire.

Une formation essentielle

Mais un appareil seul, aussi sophistiqué soit-il, ne sauve pas de vies.

Sans les soins et le sang-froid des deux policiers qui sont intervenus, André Fillion n'aurait sans doute pas survécu. Ce qui a fait la différence, c'est que ces deux hommes ont été non seulement formés au secourisme, mais aussi à l'utilisation des défibrillateurs.

Pour sauver des gens, il faut d'autres gens. D'autres gens qui savent ce qu'ils ont à faire.

Il serait plus que temps qu'une formation élémentaire de secourisme soit offerte dans le cursus secondaire. Le programme Héros en trente, de la Fondation des maladies du coeur, pourrait sans doute servir d'inspiration et être appliqué auprès d'une clientèle adolescente. En aussi peu que 30 minutes, les formateurs de ce programme enseignent le b.a.-ba de la méthode Heimlich servant à dégager les voies respiratoires, la réanimation cardio-respiratoire (RCR) avec les mains ainsi que l'utilisation d'un défibrillateur externe automatisé (DEA).

D'ailleurs, si des jeunes ont envie d'en apprendre davantage, pourquoi ne pas offrir des cours plus approfondis en option? Et, à terme, ne serait-il pas souhaitable que chaque finissant ait assisté à une telle formation et démontré qu'il détient des connaissances de base en secourisme afin d'obtenir son diplôme d'études secondaires?

Les premières secondes peuvent faire toute la différence lors d'une intervention d'urgence. Croyez-vous que, si pratiquement tout le monde était à même de pratiquer le RCR, plus de vies pourraient être sauvées? Poser la question, c'est y répondre.

Courage politique

Un défibrillateur coûte environ 2000$ à l'achat et son entretien, soit le remplacement des piles et des électrodes, coûte au plus une centaine de dollars par deux ans.

Dans les budgets serrés des organismes publics, il peut parfois être difficile d'intégrer une telle dépense tout comme, dans le contexte d'austérité et de coupes actuel, il pourrait être complexe d'exiger du ministère de l'Éducation qu'il modifie la teneur des cours offerts au secondaire.

Pour mener à bien ces changements, il faudra une bonne dose de courage politique, et ce, à tous les niveaux décisionnels.

Mais les élus pourront se féliciter si ce courage parvient à sauver ne serait-ce qu'une seule vie.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer