Une menace bien réelle

Les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa ont ouvert les yeux à bien... (photo Associated Press)

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

Les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa ont ouvert les yeux à bien des gens d'ici sur la menace terroriste qui pèse sur le monde occidental. Ceux du Charlie Hebdo, la chasse à l'homme qui s'ensuivit ainsi que la prise d'otage de l'Hyper Casher, laissent maintenant entrevoir l'entrée de l'Occident dans une ère où la terreur peut frapper à tout moment.

On savait déjà que les mouvements terroristes, qu'il s'agisse d'Al-Qaida ou du groupe État islamique, avaient lancé des appels aux actes de violence en sols européen et nord-américain.

Mais cette menace un peu floue n'était alimentée que par des nouvelles ponctuelles d'attentats déjoués par les services secrets.

Cette fois, la menace a été mise à exécution, menant à une escalade de violence inouïe. L'assassinat des artisans du rire et de l'information de Charlie Hebdo et les affrontements sanglants qui ont suivi constituent une attaque grave non seulement contre des êtres humains, mais également contre certaines des valeurs fondamentales de la démocratie que sont la liberté de presse et la liberté d'expression.

Ni loups solitaires ni illuminés

Ce qui frappe l'imaginaire avec les récents événements, c'est que tout porte à croire que ces gestes violents ont été perpétrés par des gens qui sont liés, qui avaient préparé et coordonné leurs opérations. Il ne s'agirait pas simplement du coup d'éclat d'un esprit malade et torturé, cherchant à attirer l'attention du monde sur sa douleur en entraînant avec lui un maximum de victimes ni d'un geste de violence posé dans un excès de colère.

Non, l'attaque a plutôt les apparences d'une opération réglée au quart de tour, exécutée avec une minutie et un flegme militaires.

Il semble bien que, cette fois, ce soit l'oeuvre de véritables terroristes. Des terroristes nés et élevés en France, là même où ils ont frappé. Des terroristes qui ont mis du temps à préparer leur attaque, qui se sont entraînés, ont appris à tuer. Des terroristes qui étaient équipés d'armes beaucoup plus meurtrières qu'un fusil de chasse.

Le danger lorsqu'un loup solitaire frappe, c'est qu'il incite d'autres esprits troublés, déjà au bord du précipice, à frapper aussi. Le danger, dans ce cas-ci, c'est qu'on ne sait pas si d'autres éléments radicalisés liés aux frères Kouachi attendent, tapis dans l'ombre, d'agir à leur tour.

Des signaux d'alarme

Cette menace, bien réelle, a tout pour précipiter la France et par ricochet, bon nombre de pays occidentaux, dans un climat de peur. Une peur provoquée par cette impression que les organisations terroristes sont maintenant installées en plein coeur de pays démocratiques.

Et ce qui n'a rien pour rassurer, c'est que, toujours selon des médias français, les deux frères étaient connus des policiers et avaient été interdits de vol au-dessus des États-Unis. Les services secrets américains savaient même que Saïd, l'aîné des frères Kouachi, avait séjourné au Yémen, probablement pour y être entraîné par Al-Qaida.

Tous les signaux d'alarme ont retenti autour de ces individus et pourtant, ils ont pu commettre leur dessein meurtrier. Cet événement, qu'on le veuille ou non, forcera l'occident à revoir sa propre définition de la sécurité et surtout, ses moyens de l'assurer.

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