Une sage décision

En refusant de majorer leur salaire afin d'atteindre un niveau comparable à... (photo archives La Voix de l'Est)

Agrandir

photo archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Gendron
La Voix de l'Est

En refusant de majorer leur salaire afin d'atteindre un niveau comparable à celui d'élus de villes de taille semblable, les élus de Granby ont pris une sage décision.

Une décision qui, en ces temps d'austérité économique, doit être applaudie.

Pourtant, les chiffres de l'étude maison menée par la direction générale de la Ville démontraient clairement que les élus granbyens sont moins bien payés que la moyenne de leurs homologues de villes aussi proches que Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu et Drummondville à raison de 16% pour les conseillers et 5% pour le maire. La logique pure leur donnerait tout à fait le droit de faire gonfler leurs émoluments.

En revanche, ils n'ont pas cédé à l'appât du gain.

Déterminer par avis de motion que, chaque année, les élus verront leur rétribution financière augmenter de 2,5% ou de l'équivalent de l'Indice des prix à la consommation selon que ce pourcentage soit plus élevé était la bonne chose à faire.

Le maire Pascal Bonin est celui qui a mis le sujet des augmentations salariales sur la table alors même qu'il était celui qui avait le moins à y gagner. Il a toutefois bien agi en écoutant son conseil et en reculant sur ce point. L'écart demeure, mais les moyens ont été pris afin de le réduire sans avoir à subir les foudres de l'opinion publique en majorant les salaires d'un coup de 5%, 10% ou même 15%.

Sujet sensible

La question du salaire des élus, qu'ils siègent au palier fédéral, provincial, municipal ou sur tout autre comité ou conseil électif, demeure toujours sensible.

Combien de fois entend-on des critiques de la part de citoyens, de membres de nos propres familles, à propos du salaire d'un élu.

«J'peux pas croire qu'il gagne 30 000$ par année pour un p'tit conseil par mois pis deux ou trois réunions», peut-on entendre.

Quand le conseiller Jocelyn Dupuis a confié à notre journaliste Marie-France Létourneau que les «citoyens ne voient pas tout l'ouvrage qu'on fait», il a visé en plein dans le mille.

Représenter une population, surtout dans un milieu où les travaux du conseil municipal sont aussi médiatisés, c'est effectivement un «job» à temps plein.

Outre les séances préparatoires, les assemblées publiques et autres événements mondains où ils ont à représenter la Ville, être un élu, c'est un chapeau que l'on porte 24h sur 24.

C'est encore plus vrai dans le cas d'un maire, d'un député ou d'un ministre qui vit constamment dans l'oeil du public.

Quand Pascal Bonin va faire son marché, il est le maire de Granby.

Quand il va faire changer les pneus sur sa voiture, il est le maire de Granby.

Quand il sue à grosses gouttes au centre d'entraînement, il est le maire de Granby.

Quand il soupe à la table familiale, entouré de sa conjointe et de ses enfants, il est encore le maire de Granby.

Même lorsqu'il est en vacances, il demeure le maire de Granby.

Et qu'est-ce que ça veut dire dans les faits? Ça veut dire qu'un citoyen peut l'apostropher pour un problème de refoulement d'égouts entre le comptoir des viandes froides et l'allée des céréales. Qu'un autre peut l'entretenir sur ses problèmes de voisinage pendant qu'il essaie de lire une revue à potins dans la salle d'attente d'un garage. Qu'un autre peut critiquer ses positions pendant qu'il s'époumone sur un tapis roulant. Qu'il peut être appelé à quitter sa demeure à tout moment en cas d'imprévu. Qu'il prend du temps pendant ses rares moments d'évasion pour consulter ses messages, voir ce qui se passe dans sa ville.

Le citoyen gardera toujours le droit de critiquer le travail de celui qu'il a mandaté pour le représenter. Chaque élu sait ce à quoi il s'expose quand il embrasse une carrière dédiée au service du public.

Mais mettre sa propre vie ainsi que celle de ses proches sur la glace pendant toutes les années que durera sa carrière politique, c'est un sacrifice qui doit être dignement salué. Voilà pourquoi les élus, enfin tous ceux qui s'acquittent de leur tâche avec honnêteté et dévouement, méritent chaque sou qu'ils gagnent.

Et lorsque l'économie reprendra de la vigueur, il sera toujours temps de réviser les salaires des élus granbyens sans que cela heurte les sensibilités.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

 

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer