Loi 10: priorité à l'usager

Les membres de la haute direction du CSSS de la Haute-Yamaska ont dû avaler... (photo Janick Marois)

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Marc Gendron
La Voix de l'Est

Les membres de la haute direction du CSSS de la Haute-Yamaska ont dû avaler leur café de travers, cette semaine, en passant en revue les amendements apportés au projet de Loi 10 du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Si leur proposition de scinder le territoire de la Montérégie en deux Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) a été accueillie par le ministre, leur souhait de demeurer en Montérégie, lui, n'a pas été entendu.

Il semble maintenant acquis que les CSSS de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska passeront à l'Est. Dans Brome-Missisquoi, on applaudit à cette nouvelle alors qu'à Granby, sagement, on s'y résigne.

Que cela plaise ou non, tous les efforts devront maintenant être consacrés à faire de cette décision administrative un succès sur le terrain.

Déjà, les organismes communautaires de la grande région de Granby ont manifesté leurs inquiétudes, craignant de voir l'accessibilité aux soins de santé diminuer. Appréhension normale, dans les circonstances. La Pommeraie et la Haute-Yamaska devront tisser de nouveaux liens avec le CHUS, faire leur place au sein d'un organisme naissant composé d'autres CSSS qui ont l'habitude de travailler ensemble, entre lesquels les canaux de communication sont déjà établis, où les rôles et influences de chacun sont clairs et connus.

Les directeurs généraux de nos deux CSSS devront user d'énormément de flair politique, et fort probablement collaborer, afin de faire valoir les intérêts des populations qu'ils desservent.

Plus que des intentions

Les hautes instances de la santé en Estrie ont voulu se faire rassurantes. Selon les dirigeants avec qui La Voix de l'Est s'est entretenue cette semaine, La Pommeraie et la Haute-Yamaska ressortiront gagnants de cette fusion. On prétend même qu'à terme, on oublierait les frontières des différents territoires.

Mais pour y arriver, il faudra abattre énormément de travail.

Il importe d'abord que le ministre Barrette clarifie les rôles et pouvoirs des CISSS, cette nouvelle créature abstraite appelée à naître des cendres des actuelles agences de la santé.

Il faudra ensuite donner les moyens à ces CISSS de remplir leur mission. Définir comment les enveloppes budgétaires seront distribuées. Préciser comment seront établies les priorités. Assurer que les doléances des conseils d'administration locaux soient entendues par les directeurs généraux de ces CISSS.

Il ne faudra surtout échapper personne. Le plus grand danger que l'on court lorsqu'on opère un tel changement structurel, c'est de laisser des gens en plan. Il y a parfois des cas inclassables. Des gens qui sont à cheval sur deux territoires, dont le profil sort du cadre établi par les fonctionnaires, dont les afflictions ne correspondent pas aux normes d'usage.

 Ces cas, ce sont autant de personnes parmi les plus vulnérables de notre société, autant de personnes qui dépendent de services de proximité. Le système devra s'adapter à eux et non l'inverse. Hors de question que ces personnes fassent les frais de cette réforme administrative.

Si le ministre Barrette et ses CISSS parviennent à maintenir l'usager en tête de liste des priorités, si les prestations de services se font sans interruption malgré les changements bureaucratiques et administratifs, si personne ne tombe dans les «craques» du système, ils pourraient alors atteindre un objectif qui semble depuis longtemps hors d'atteinte: rétablir la confiance des citoyens en leur système de santé.

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