Une mobilisation exemplaire

Le mouvement de protestation contre l'envoi de 175 élèves de niveau primaire de... (photo archives La Voix de l'Est)

Agrandir

photo archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Gendron
La Voix de l'Est

Le mouvement de protestation contre l'envoi de 175 élèves de niveau primaire de Saint-Césaire vers Ange-Gardien a tout d'un «success story» en matière de mobilisation citoyenne.

En moins d'une semaine, les parents, enfants et autres Césairois sensibles à cette cause ont réussi à faire pencher la balance en leur faveur, convainquant tant la Commission scolaire des Hautes-Rivières d'agrandir l'école Saint-Vincent que l'administration municipale de Saint-Césaire de procéder à l'expropriation des résidants des résidences qui jouxtent l'école.

Pourquoi ont-ils eu autant de succès? Leur message était clair, leurs exigences précises et ils étaient ouverts à toute solution permettant à leurs enfants de poursuivre leur cursus à Saint-Césaire. Surtout, ils se sont mobilisés sachant très bien qu'advenant qu'ils obtiennent gain de cause, une bonne part de la facture, soit les quelque 3 à 4 millions de dollars que la Ville devra allonger pour acquitter les frais liés aux expropriations, devrait leur être refilée via leur compte de taxes municipales.

Bien entendu, ce projet, qui comprend également l'agrandissement de l'école primaire de la localité voisine d'Ange-Gardien, devra trouver son chemin au travers des dédales administratifs du ministère de l'Éducation et du Conseil du Trésor, mais il a à tout le moins obtenu l'aval des décideurs locaux, une étape essentielle à leur réalisation.

Et la négociation en vue des expropriations ne se fera pas sans heurts. Les élus municipaux devront faire preuve de grande empathie afin de mener ce dossier à bien.

Un modèle

Saint-Césaire devrait servir d'exemple aux divers groupes communautaires, aux syndicats et autres associations qui protestent ces jours-ci contre les mesures de réduction des dépenses du gouvernement Couillard.

À l'instar des Césairois, ceux-ci devraient comprendre que les services, les structures et infrastructures, viennent avec un coût. Qu'il est normal d'exiger des services adaptés, mais qu'il faut pouvoir en assumer la facture.

La mode est aux économies, aux coupes, à la rationalisation, à l'austérité. Qu'on le veuille ou non, le gouvernement actuel est aux prises avec une situation financière peu enviable où de toute évidence, les dépenses dépassent largement les revenus.

L'inévitable coup de barre ne se fera pas sans secouer la population, sans gruger dans quelques-uns de nos précieux acquis. Normal, donc, que leaders d'opinion et groupes de pression protestent.

Mais manifester pour dire simplement «Non à l'austérité», c'est un peu vide comme message.

Chaque groupe de pression devrait arriver avec ses propres solutions, ses propres propositions d'économies, ses propres suggestions d'augmentation de tarifs. Bien souvent, les gens qui offrent les services de première ligne sont les meilleurs pour identifier les réels besoins, les réels moyens des populations qu'ils desservent.

Les réformes échafaudées à partir d'un bureau de Québec sont parfois déconnectées de la réalité. Enfin, c'est ce que chacun des porte-parole d'organisme protestataire répète lorsqu'on l'interroge sur les changements qui leur sont imposés.

Notre responsabilité à tous

Les groupes de pression, plutôt que de chercher à justifier leur existence, auraient tout intérêt à faire partie du projet d'assainissement des finances publiques, à jouer un rôle actif dans sa réalisation, à choisir où et comment réduire les dépenses de l'État, où et comment augmenter la contribution financière des citoyens.

Quant à lui, le gouvernement devra faire preuve d'écoute, d'ouverture, de créativité et surtout de rigueur. Les ballons d'essai qu'il lance depuis son accession au pouvoir avant de les rattraper au vol (abolition ou non des commissions scolaires, augmentation des frais de garde, fusion de centres régionaux de santé et services sociaux, etc.), n'ont rien pour rassurer la population sur sa compétence à mener les réformes qui s'avèrent nécessaires. Ces ballons n'arrivent en fait qu'à déchaîner les passions de groupes de pression.

Il est de la responsabilité de chacun d'entre nous de voir à la santé financière de l'État, dans la mesure de ses moyens, bien sûr. Il faut surtout mettre un terme au discours du «eux» contre «nous». Car, quoi qu'on en dise, l'austérité économique est bien installée et nous en ferons tous les frais.

À nous tous de trouver le juste équilibre entre nos besoins et les moyens que l'on a pour les combler.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer