Pont Patrick-Hackett: des millions ou... la patience

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François Beaudoin
La Voix de l'Est

Armez-vous de patience, automobilistes, ce n'est pas demain la veille que l'on va franchir le pont Patrick-Hackett sans bouchons de circulation à l'heure de pointe du matin et du soir.

On aura beau multiplier les études (et elles s'accumulent à bon rythme sur les tablettes de l'Hôtel de Ville de Granby), c'est une simple question de mathématique: pour désengorger le pont, ça en prend... un nouveau.

Oui, mais ce pont est tout neuf, il vient d'être reconstruit en 2008 et ça a coûté 7 M$ (dont 5 M$ aux Granbyens), vous entends-je protester. Vous avez raison. Et imaginez un instant si l'ancien maire Richard Goulet n'avait pas tenu son bout et exigé une reconstruction du pont à quatre voies au lieu des trois qui étaient projetés? Capharnaüm appréhendé.

Il n'y pas 56 000 solutions. Les propriétés poussent comme des champignons dans le sud de la Ville. Les entrepreneurs en construction en ont pour des années à bâtir des maisons unifamiliales, des duplex, multiplex et des édifices commerciaux. La densité de circulation va croître à vitesse grand V et le goulot d'étranglement sera de plus en plus... engorgé. On aura beau créer des sens unique, enlever des traverses de piétons ou modifier les feux de circulation, croire que l'on pourra traverser le pont Patrick-Hackett avec fluidité le matin et le soir relève de l'utopie. Le parc automobile de Granby n'ira qu'en croissant.

La Ville a déjà dans ses cartons quelques scénarios de construction d'un nouveau pont, dont un qui serait érigé à l'est vers Waterloo et qui serait relié au boulevard Leclerc. Un autre scénario consiste en un pont qui enjamberait la rivière tout près de l'usine Ranger, à l'ouest, donnant accès au parc Industriel. Il y a plusieurs années, la construction d'un pont au prolongement du boulevard Pierre-Laporte au-dessus du lac Boivin avait été envisagée. Mais le maire de l'époque, Paul-O.-Trépanier, s'y était opposé. Dans un cas comme dans l'autre, on parle de plusieurs millions de dollars en routes, expropriations et construction. Même si des subventions viennent alléger un tant soit peu la facture, les coûts seront en bonne partie pigés dans les poches des Granbyens. Augmentation du compte de taxes en vue!

En fait, il y a une autre alternative et elle ne coûte pas un sou: soyez patients.

Le mot «patience» n'a pas la même signification pour tous, que l'on soit à Granby ou à Montréal. Un Granbyen qui irait se plaindre de perdre 10-15 minutes de son temps pare-chocs à pare-chocs à un résidant de la Métropole ne serait pas pris au sérieux. Il faut quand même mettre les choses en perspective.

La prochaine fois que vous franchirez le pont Hackett, mettez votre musique préférée, écoutez la radio. Prenez une grande respiration.

Et remerciez la vie parce que le pont Patrick-Hackett n'est tout de même pas... le pont Champlain.

Alors? Les millions ou la patience?

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